L’Obscur (Frédéric Livyns), à ne pas lire dans le noir ;-)

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Informations :

  • Édition : Séma Éditions
  • Parution :  07/10/2019 (nouvelle version)
  • Nombre de pages :  248 pages
  • ISBN : 978-2-930880-87-7
  • Prix : 9,00€ (poche)

Résumé :

2008

L’inspecteur Vernan est en charge de la plus grande affaire criminelle de l’histoire de son district. Un massacre monstrueux commis au sein d’une secte inquiétante que les journalistes n’ont pas hésité à nommer Les Démons de Francheville.

2011

En emménageant dans leur nouvelle maison, Virginie espérait que cela ressouderait les liens familiaux mis à mal. Mais très vite, des choses étranges se produisent: des ombres semblent se faufiler la nuit, des murmures se font entendre, ses parents se mettent à agir bizarrement…Le havre de paix qu’elle avait imaginé se transforme lentement en piège impitoyable.

Bien décidée à résoudre le mystère qui plane sur la demeure, elle croisera la route de l’inspecteur Vernan . L’homme est toujours obsédé par le massacre qui a eu lieu dans la bâtisse bien des années plus tôt et semble en savoir plus qu’il ne veut le dire.

Lorsque de nouveaux meurtres sauvages se produisent dans le quartier, le policier et l’adolescente fouilleront dans le passé pour trouver la clé de l’énigme.

Et ce qu’ils y découvriront dépassera de loin le pire de leurs cauchemars !

Livyns

« Kirk tressaillit en voyant les yeux de Cockney. Ils étaient semblables à deux puits remplis de ténèbres. Il ne savait pas ce qui était arrivé au chien de son épouse, mais ce n’était plus l’animal aimant qu’elle chérissait.C’était…autre chose. »

Mes impressions, Livyns ou le fils spirituel de Masterton

Contexte:
Comme souvent (toujours ?), lorsqu’il s’agit d’un livre de Frédéric Livyns, ou pire, d’un livre de chez Séma Éditions (pour en savoir plus sur cette structure, vous pouvez jeter un œil à l’interview de son éditeur, Michael Schoonjans), c’est que l’on a affaire à un service presse tout chaud tout beau. Je remercie encore une fois l’éditeur pour notre partenariat, ainsi que la chargée en communication et promotion, Myrtille la bien nommée (ou Alicia Alvarez, c’est selon…), pour l’envoi des SP ainsi que pour son suivi.

Couverture :
Bien que ma version soit numérique, il s’agit ici d’une réédition en format de « Poche » qui fera son apparition courant octobre 2019. Autant le dire tout de suite, cette couverture est à des années lumières plus attirante que l’ancienne version que je vous présente ci-dessous.

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Le même livre publié en 2016 aux éditions Academia

Donc, comme vous pouvez le constater, il n’y a pas vraiment photo entre les deux couvertures. Après, Séma Éditions nous a habituée à des couvertures plus élaborées, avec la participation d’illustrateurs de talents. Mais pour le coup, on ne peut nier l’attrait visuel que représente cette nouvelle couverture, que cela soit au niveau des couleurs, du graphisme du titre qui en jette et des effets en arrière-plan qui sont plus qu’appréciables et donne à l’ensemble une vision assez fidèle de ce que l’auteur a produit dans son texte.

Les personnages :
Le début nous embarque un peu dans tous les sens, à des époques différentes et dans des lieux différents. Difficile donc de se situer, de savoir qui est qui, du moins sur le premier tiers du livre.

Ensuite, nous nous focaliserons principalement sur une famille qui emménagera où se situera en grande partie l’histoire, et plus particulièrement sur une personne : Virginie. Ses parents, elle, son petit frère adolescent et sa petite soeur qui porte encore des couches vont venir s’installer à Francheville et y vivre. La lecture nous glisse dans la peau de l’aînée, 18 ans, et nous allons découvrir avec elle les événements qui la précipiteront dans le fond du fond. Nous découvrirons d’autres personnages avec lesquels elle aura des interactions plus ou moins poussées selon les situations comme le voisin Bernard (un vieil homme un poil trop curieux sur ce qui ce passe chez elle), ou l’agent Vernan (stéréotype du flic dur et blasé) ou sa meilleure amie du patelin, Sylvie (jeune fumeuse au look un peu débridé et qui n’a pas sa langue dans sa poche).

Un poil déçu dans la retranscription des psychés des différents protagonistes. Alors certes, le livre n’est pas épais et ne permet pas d’y développer un bagage psychologique d’envergure, et pas pour tout le monde. Mais de ce que j’ai déjà pu lire de l’auteur, notamment dans The Dark Gates of Madness, ce dernier avait réussi sous la forme de nouvelles à y décrire une psyché bien plus poussée (notamment dans le texte « À l’aulne de ta souffrance » qui est un exemple au top de la capacité de l’auteur à nous plonger dans les recoins tordus de l’âme humaine). Donc, quand on connaît de quoi Frédéric Livyns est capable, on peut considérer les personnages de l’Obscur comme « normaux » et gentillets, ils ne sont pas inoubliables.

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Le récit :
Virginie et sa famille vont venir s’installer à Francheville. Ses parents, suite à une aventure extraconjugale du père avec une femme du boulot, sont en pleine reconstruction et pour ce faire, déménager loin (et de préférence, loin de la femme qui a mis le foutoir dans leur vie de couple) était la « meilleure » solution ».

Virginie, qui avait d’abord accueilli ce déménagement comme un sacerdoce, arrive finalement à s’adapter à ce changement de vie et considère sa chambre comme un havre de paix. Sa nouvelle BFF (best friend forever ❤ ) Sylvie l’aide à bien s’intégrer également.

Un jour, alors qu’elle rentre plus tard, sa mère lui fait un sermon et Virginie sait qu’elle passera un mauvais quart d’heure le lendemain. Plus inquiétant, elle commence à faire des cauchemars et croit voir des ombres se mouvoir dans la nuit. L’odeur nauséabonde qui emplit l’air ne l’aide pas à se départir d’un sentiment de danger qui ira crescendo au fil du livre. Le pire arrive lorsque, au matin, sa mère semble totalement oublier la dispute de la veille et adopte un comportement des plus étranges, le tout ponctué par le sourire béat de sa mère qui n’a rien de naturel.

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Et dire que si le père n’avait pas eu un soudain besoin de butiner ailleurs, rien de tout ceci ne serait arrivé à Virginie. C’est l’effet papillooooonn ♪♫

Hormis les personnages que je considère comme un peu plats, il faut avouer que l’ambiance très sombre, surtout le nuit, est très réussi. Si vous avez l’occasion de lire sur liseuse dans une pièce sombre une fois le soleil couché, ce petit livre saura instiller en vous un sentiment de malaise face à la pénombre. Et c’est là tout l’intérêt de ce type de récit.

Je ne suis pas forcément friand d’histoire de possession, de fantômes ou d’esprits vengeurs, que cela soit en livre ou au cinéma, mais il est toujours bon de se replonger de temps en temps dans ce qui a fait le succès du genre horrifique. On sent toute l’inspiration des films du genre dans l’écriture de Fred, ainsi que sa passion pour le maître britannique de l’horreur, ce cher Masterton. Les deux auteurs ont d’ailleurs collaboré dans l’excellent recueil de nouvelles publié chez Séma (Dark Gates of Madness). Fan du maître sans pour autant le copier, Fred aime particulièrement mettre l’accent sur l’action ou sur des instants forts qui marqueront le récit tout du long tandis que Masterton est plus dans le développement psychologique et prend beaucoup plus de temps à l’élaboration d’une ambiance angoissante. Deux styles pour un même but, le frisson du lecteur.

Les explications du pourquoi et du comment de tout ce qui a pu se dérouler durant les deux tiers du récit arrivent assez tard, mais l’auteur mélange le côté horrifique avec une légende venant d’un autre continent qui apporte une touche d’exotisme bienvenue. Il est agréable de ne pas toujours se cantonner à des éléments propres à chez nous.

Récapitulons ensemble les différents points.

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« Vous allez voir, l’homme était peut-être fou mais également génial. Ne dit-on pas souvent que deux sont indissociables, l’un étant à la lisière de l’autre ? »

Ce que j’ai aimé

  • La couverture, bien meilleure que celle de l’ancienne édition. Bien que l’on n’ait pas le droit à une magnifique illustration qui caractérise généralement les couvertures de Séma Éditions, celle-ci a le mérite d’attirer l’œil et d’être fidèle à l’esprit du récit.
  • Comme souvent chez Séma et plus particulièrement chez Fred Livyns, l’histoire proposée est fluide et se lit rapidement. L’auteur propose souvent des histoires qui n’ont pas besoin de plusieurs centaines de pages pour produire leur effet et fais mouche à chaque fois.
  • Les inspirations des films d’horreurs des années 80-90 se ressentent et apportent cette touche d’authenticité qui a fait le succès du genre cinématographique. Les codes y sont repris avec succès.
  • Bien que l’histoire en elle-même ne soit pas d’une originalité hors norme, la petite touche d’exotisme pour expliquer le tout est le bienvenu et apporte une dimension quelque peu différente à notre perception.
  • Comme souvent chez l’auteur, peu de concessions sont faites au lecteur, mais surtout à ses personnages qui prennent généralement très chers. Ce livre ne déroge pas à la règle et le personnage principal ne sera pas épargné. Et dire que tout ceci aurait pu être évité si le père n’avait pas gentiment trompé la mère avec une collègue…
  • L’ambiance est au rendez-vous. Si vous avez l’occasion de lire ce livre avec une liseuse ou en papier avec une veilleuse dans un coin sombre et pendant la nuit, pas de doute que vous aurez une certaine appréhension avant d’éteindre la lumière 😉

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

  • Les personnages un peu lisses et qui n’ont, à certains moments, pas l’intensité adéquate aux vues de la gravité de la situation. Après, difficile d’établir une psyché très avancée pour un livre aussi court, et ce n’est la direction que souhaitait l’auteur probablement qui a surtout axé le suspense et l’ambiance.
  • Le début pourrait en désarçonner plus d’un. Différents moments, différents personnages, différentes actions pour mettre le lecteur dans le bain, mais pas facile à suivre et à comprendre, surtout au début.

Conclusion

Obscur est une réédition version Pocket aux éditions belges Séma Éditions et qui vous transporte dans un patelin aux allures pommées, dans un décor légèrement à l’américaine des films d’horreurs des années 80-90. Années fastes pour le cinéma horrifique dont l’auteur reprend les codes qui en ont fait le succès pour nous offrir un bon petit moment de lecture. Cruel et sans pitié, l’auteur, fan du maître du genre horrifique britannique, le bien-nommé Graham Masterton, ne vous fera aucune concession et malmènera ses personnages jusqu’au bout. Amateurs de frissons, n’hésitez pas à lire ce livre la nuit dans un lieu bien sombre où seule une petite lumière sera votre sortie de secours. Efficacité et fluidité, voilà des mots qui décrivent aussi bien l’auteur que son livre. Bien que j’aurais souhaité une psyché un peu moins lisse et un meilleur travail sur les réactions dans les moments critiques, on ne boude pas notre plaisir et la fin ouverte laisse entrevoir une suite bien méritée. Ambiance ténébreuse garantie !

Note

8/10

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’éditions Séma Éditions.

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> Satine’s Book, Marjo’s Book, Jet de Mots, Magical Word Book, Ivre de Livress, Myfanwi, Au fil de l’histoire,…

Autres ouvrages de l’auteur : The Dark Gates of Terror, The Dark Gates of Madness, Petites histoires à faire peur…mais pas trop,…

Interview : Interview Auteur (1) — Frédéric Livyns

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Manon Dien dit :

    Merci beaucoup pour le partage de ma chronique.
    Je suis d’accord avec ton avis, surtout sur le manque de profondeur des personnages !

    Aimé par 2 personnes

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