Avis Lecture : The Dark Gates of Terror (Frédéric Livyns)

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Informations :

  • Édition : Séma Éditions
  • Parution : 22/09/2017
  • Nombre de pages : 134 pages
  • ISBN : 978-2-930880-35-8

Résumé :

Dark Gates of terror vous propose, le temps de six histoires, de revisiter l’esprit comics cher aux mythiques Creepy et Eerie.

Affrontez un terrible démon au cœur d’une station spatiale, visitez les légendaires Carpathes, explorez de sombres grottes cachées au cœur de la jungle, fuyez devant vos propres démons… La peur se décline de multiples façons, sur Terre ou dans l’espace.

Chaque histoire est illustrée par Christophe Huet, dans la plus pure tradition du genre, véritable invitation à franchir les Portes Noires de la Terreur.

Auteur

Pour retrouver la biographie de Frédéric Livyns, cliquez sur ce lien –> Site officiel 

Acquisition du livre, un service presse inattendu

Alors que je m’apprêtais à interviewer mon premier auteur pour le Blog, Frédéric me sortit trois livres de son sac en service presse. Bouche bée, les mots me manquaient pour exprimer ma gratitude (je suis un garçon très émotif, le moindre cadeau que l’on m’offre s’apparente à un miracle de la nature…Bon OK, j’exagère un peu, mais n’empêche, c’était super gentil). Ayant fait le tour de sa biographie avant de le rencontrer, j’avais très vite flashé sur le livre « The Dark Gates of Terror » et, Ô joie, il se trouvait dans le lot ❤

Bref, si vous souhaitez relire l’interview que l’auteur a bien voulu m’accorder il y a quelques semaines, c’est par ici –> Interview Imaginafrites

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Titre, couverture et quatrième de couverture, l’illustration au service du livre et de son contenu

Tout d’abord le design du livre. Alors que je croyais dur comme fer qu’il s’agissait d’un livre un peu abîmé par l’usure du temps ou que sais-je encore, eh bien en fait pas du tout. Le livre est lisse et ces imperfections que vous pouvez noter sur la couverture sont en réalité des effets graphiques pour donner l’impression qu’il s’agit d’un comics vintage. Pour le coup, chapeau à l’illustrateur qui a fait un travail vraiment sympa.

La couverture en elle-même, sans parler des détails graphiques qui entourent l’illustration, est superbe. Le profane du genre pourra se demander ce qu’est cette horreur et si ce n’est pas un peu « to much ». On ne peut rester indifférent face à cette illustration. Soit elle plaît et c’est bingo car vous aurez compris la démarche, soit on n’est pas fan du tout, car on n’aime pas tout ce qui touche à l’horrifique, et l’on se dit que c’est peut-être pas le bon livre pour celui qui souhaite se lancer dans ce style pour la première fois. Erreur, je vous le dis ! Bon après, si t’aimes pas les araignées, c’est sûr que pour démarrer, c’est mal barré.

Le titre à l’anglaise et très stylisée nous ramène à cette époque de Comics où les couleurs et les effets de style graphiques étaient aussi importants que la planche elle-même. La quatrième de couverture change de style, propose un résumé sobre et nous invite à un voyage d’épouvante le temps de six nouvelles. Pas de surprises si ce ne sont les codes couleurs rappelant sans équivoque le sang. En plus de l’hommage rendu aux Comics, je rajouterai un hommage aux légendes urbaines et aux monstres de l’époque qui continuent encore aujourd’hui à faire les beaux jours de la littérature et du cinéma d’horreur.

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Mes impressions, six nouvelles, six impressions

Pour rester dans l’air du temps, j’ai entamé ce livre quelques jours après l’annonce de son succès au prix Masterton 2018 (félicitations à l’auteur et à l’illustrateur !).

Y a pas à dire, Frédéric maîtrise son art. Les auteurs belges ont, comme qui dirait, pris une certaine assurance dans la création d’histoires courtes et se spécialisent de plus en plus vers cette frange un peu mal aimée des nouvelles, novellas ou romans courts, et particulièrement dans les genres horrifiques. Il s’agissait de mon deuxième recueil de nouvelles après celui de le mythe de Chtulhu de Monsieur Lovecraft. On reste dans l’horreur, mais le livre de Frédéric est beaucoup plus accessible de par son vocabulaire (qui s’adapte en fonction de la nouvelle et du personnage qui narre l’histoire) et de la manière dont il décrit et raconte ses récits. Après, je n’ai pas forcément adhéré à chaque nouvelle, mais il est clair que chacune et intéressante et mérite que l’on s’arrête dessus, ne serais-ce que pour quelques minutes, et profiter du voyage vers l’épouvante. Sorte de Creepshow comme à l’époque (mais sans l’humour).

  • Dualité : fin du XIXème siècle, Charles Graves reçoit une lettre de son ami qui vient de décéder. Ce dernier se confesse sur ses agissements lors de ces dernières années.
  • Symphonie roumaine : Une journaliste stagiaire pommée, Cathy Herpburn, se retrouve dans les Carpathes à la recherche de sensationnel pour faire décoller sa carrière. Elle se dirige vers le château d’un comte se situant dans une région où de nombreuses filles ont disparu.
  • Le démon de Vishnou : Torque de la Helmeda se lance à la recherche d’un trésor dans la jungle indienne en compagnie d’un guide et de quelques porteurs. Il s’arrêtent en chemin près du temple consacré à Vetâla, sorte de démon local.
  • Beasts and Guns : Bob Stark (non, vous n’êtes pas dans Game of Thrones) veut venger sa famille liquidée par des bêtes monstrueuses. Une histoire de Cowboys et de peaux-rouges.
  • La planète mémoire : une nouvelle SF où Cal-Thir s’est vu attribuer un pan entier d’une civilisation disparue. Sa spécialisation ? L’étude des populations terrestres de la subdivision dite asiatique. Il va découvrir un vase qui renfermera quelque chose d’oublié depuis des siècles.
  • L’horreur de Slaughterhouse Street : John doit retrouver son indic, Francesco, pour voler une petite vieille dans un quartier miteux. Il paraît qu’elle est pétée de tunes mais il va vite se rendre compte que quelque chose cloche.

Je pourrais en dire plus, mais le spoil n’est pas dans mes habitudes même si l’envie est très forte. Chaque nouvelle propose une redécouverte des mythes et des légendes qui nous terrifiaient quand nous étions plus jeunes, ou nous permettent de découvrir d’autres facettes de la peur avec deux nouvelles proposant des démons du continent asiatique dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler. Vampires, loups-garous, araignées géantes, démons, vous aurez votre comptant de monstres et de sang pour cette lecture.

Le travail sur les illustrations est fabuleux et amène vraiment ce côté Old School. J’ai par contre été déçu des illustrations de la nouvelle « Symphonie roumaine », pas vraiment effrayantes, ne montrant pas vraiment ce à quoi on pourrait s’attendre ou ce que le texte nous a décrit. Car oui, il y a une illustration au début de chaque nouvelle et une à la fin. Elles sont un vrai plus pour ce petit recueil.

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Ici, en plus d’un style Old School, l’illustration ne ferait pas tâche au milieu des dessins du label Warhammer ^^

Les personnages, voyages de styles et d’époques

Les personnages, comme il s’agit ici de nouvelles, ne sont forcément pas très développés dans leur psychologie. L’on retiendra malgré tout Torque dans « Le démon de Vishnou », le parfait con…rd égocentrique qui réussit, en quelques lignes, à vous faire perdre toute empathie. Ou John dans la dernière nouvelle où l’on a presque mal au cœur pour lui alors que le mec est un vrai fumier (contraste). Cal-Thir est insipide à mon goût dans « La planète mémoire » et Bob Stark dans « Beasts and Guns » ne souffre pas suffisamment de la perte de sa famille.

Mais dans l’ensemble, c’est vrai qu’il est délicat réaliser une véritable analyse sur la psychologie de personnages qui n’apparaissent seulement que pour quelques pages.

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Ce que j’ai aimé

Un recueil de nouvelles dynamique, bien aidé par l’écriture de l’auteur, fluide et adaptée à chaque style de personnage et d’époque. Le tout aidé par un travail d’illustration dans le style d’époque et donnant au lecteur un aperçu de ce qu’il va lire et de ce qu’il a lu.

La couverture et la quatrième de couverture sont d’une grande qualité, réussissant à donner dès le premier coup d’œil ce côté rétro, vintage recherché.

On revisite les histoires légendaires (vampires, loups-garous, Jack l’Éventreur,…). Et on ne prend pas de gant. Y a du sang, des morts, des viscères. Livre à ne pas mettre entre toutes les mains.

Pour moi, les nouvelles numéro une (pour son côté percutant alors qu’il s’agit en partie d’une histoire épistolaire) et six (pour le côté délire très malsain) sont de loin les meilleures.

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

C’est un recueil de nouvelles très court qui n’a pas de réel défaut, que cela soit dans le style, le choix narratif ou la façon de revisiter les légendes urbaines. Deux points m’ont cependant dérangés et concernent deux histoires.

  • Beasts and Guns aurait pu se trouver dans mon top 3. Mais l’avant dernier paragraphe m’a fait pousser un « WHAT ? » incrédule. Quelqu’un d’autre trouvera peut-être l’idée géniale. Moi je n’ai pas adhéré.
  • Dans la planète mémoire, le worldbuilding est si énorme en quelques pages que l’on peut s’attendre à un final tout aussi énorme. Le final m’est apparu comme un soufflet qui venait de s’affaisser sur lui-même. Après, encore une fois, quelqu’un d’autre sera enchanté. Et la démarche derrière ce final n’est pas sans apporter une certaine réflexion sur les croyances et le rapport de l’homme avec les priorités de l’univers. Mais je m’attendais à beaucoup plus, et le côté horrifique a beaucoup manqué également.

Conclusion

Tous les éléments sont réunis pour passer un agréable moment si vous êtes fan d’histoires horrifiques, où le goût du sang et la mort vous accompagnent à chaque page. Cependant, attention car certains passages sont assez trash et le livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Même si je suis resté un peu sur ma fin pour deux nouvelles, les autres sont bonnes, et même très bonnes. L’hommage aux anciens Comics est rendu grâce à un travail d’illustration très soigné et proposant des visions d’avant et après chaque nouvelle. C’était court, mais intense ^^ Ma première incursion dans l’univers de Frédéric Livyns, et certainement pas la dernière ^^

Note

8/10

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> FungiLumini,…

9 réflexions au sujet de « Avis Lecture : The Dark Gates of Terror (Frédéric Livyns) »

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