Avis Série : Sweet Home (Saison 1)

Titre original : 스위트홈 (Seuwiteuhom)
Genre : Drame horrifique
Création : Production Plan
Production : Studio Dragon Studio N
Acteurs principaux : Song Kang, Lee Jin-wook, Lee Si-young
Musique : Gaemi
Pays d’origine : Corée du Sud
Chaîne d’origine : Netflix
Nb. de saisons : 1
Nb. d’épisodes : 10
Durée : 44–59 minutes

Résumé :
« Cha Hyeon Su, un lycéen victime de harcèlement scolaire, emménage dans l’immeuble Green Home après le décès de toute sa famille. Au bord du suicide, il ne doit sa survie qu’à la jeune Lee Eun Yu, une ex-ballerine aux allures rebelles.
Soudain, les locataires de l’immeuble Green Home vont devoir combattre des gens qui se transforment en monstres après l’apparition de symptômes inquiétants et tenter désespérément d’assurer leur survie. » (https://www.nautiljon.com/dramas/sweet+home.html)

Mon avis :

Ah, on l’attendait cette série sanglante venue tout droit de Corée. Après les excellents « Kingdom » ou encore « Alice in Borderland », le cinéma coréen est tout doucement en train de se faire une place dans nos contrées avec ses propositions de qualité. Sweet Home est donc l’adaptation Drama d’un Webtoon homonyme, et l’on peut remarquer qu’ils ont été assez fidèles, comparé à d’autres adaptations, dans la représentation des personnages ou dans la modélisation des monstres.
Si vous souhaitez vous faire plaisir en lisant le Webtoon c’est par ici à https://www.webtoons.com/fr/thriller/sweethome/list?title_no=1996

Dans Sweet Home, nous suivrons surtout les pas d’un jeune garçon, Cha Hyun-Soo, qui débarque dans un appartement après le décès de sa famille dans un accident de voiture. On peut vraiment dire qu’il avait une « vie de merde ». Harcèlement physique et moral à l’école, famille qui a honte de lui, il commencera à se taillader et à se réfugier dans les jeux vidéo pour oublier sa réalité. Sa nouvelle vie dans l’appartement de l’immeuble Green Home ne l’aide pas et le suicide devient de plus en plus une évidence.

Tout bascule lorsque des personnes commencent à manifester des symptômes étranges, saignements de nez abondants, comportements étranges, yeux injectés, craquement des articulations, bref, la panoplie de la transformation en… en quoi d’ailleurs ? Démons ? Zombies ? Est-ce une épidémie ? Une malédiction ? On ne sait pas. On découvrira petit à petit, à travers les nombreux personnages de l’immeuble, les problèmes auxquels ils seront confrontés en plus des monstres qui sévissent dans les étages et à l’extérieur du bâtiment. Il faut s’organiser, rationner, faire face aux ingérences et aux comportements réfractaires de certains, trouver quelqu’un pour prendre les décisions, celui qui se salira les mains sans broncher,… bref, survivre. Car ce n’est pas uniquement une question de combat au sens propre du terme, il s’agit d’un combat psychologique, d’une course contre la montre et l’organisation est la seule méthode viable pour passer au-dessus des nombreuses difficultés, ne serait-ce que pour les besoins élémentaires. Le tout dans une atmosphère bien stressante, avec des enjeux qui semblent dépasser le simple cadre de la survie lorsqu’une résidente arrive à sortir et découvre que le gouvernement met ses pattes dans un jeu qu’il n’a pas su maîtriser. De plus, certains humains n’ont pas besoin de transformation pour montrer qu’ils sont parfois pires que des monstres.

Pas mal de thèmes abordés pour sensibiliser, comme l’approche du suicide et le harcèlement scolaire, le handicap, les violences conjugales,… bref, on pointe du doigt les nombreux maux qui rongent la société moderne qui existent, avec ou sans monstre. Chaque personnage est unique et transporte avec lui ses qualités mais aussi ses défauts et ses valises plus ou moins lourdes d’une histoire qu’ils préfères oublier ou changer. Plusieurs personnes sortent du lot et on se surprend à s’attacher à chacun d’entre eux, à leur personnalité même si elles sont stéréotypées. Le huis-clos et le stress ambiant fait qu’on a besoin, tout comme eux, de se rattacher à leur « normalité » pour ne pas sombrer.

Quelques scènes épiques où on verra un combat improbable entre un camion de pompier et un monstre style Tanker, une scène de combat désespéré dans un ascenseur restera pour moi l’une des plus belles scènes filmées que j’ai eu l’occasion de voir que ça soit par la qualité de la caméra ou l’émotion qui s’en dégageait. Pour ceux qui ont regardé l’anime « Tokyo Ghoul », on aura une scène où la transformation est une sorte de « kaguné » vraiment pas mal présenté. L’un des monstres a la moitié de la tête coupée, mais il est toujours vivant et bien dangereux (avec un cerveau que l’on pourrait qualifier de frétillant) et il est particulièrement bien réussi je trouve. Bref, quelques scènes marquantes et des effets visuels et contextuels réussis qui vous marquent pour un moment. Vous n’allez pas vous coucher sans repenser à ce que vous venez de voir et ça, c’est que le boulot a été bien réalisé.

Netflix n’a, pour l’instant, pas dit si une saison 2 était prévue. Avec une fin comme celle qui nous a été présentée et les nombreux questionnements qui en résultent, sans parler de la popularité de la série et de son succès à sa sortie, autant dire que tous les feux semblent au vert pour une deuxième saison avec la même grappe d’acteurs. Cependant, rien n’est jamais acquis avec Netflix, et nombre de bonnes séries n’ont jamais vu de suite alors qu’elles le méritaient sans doute bien plus que d’autres.

Voyons ensemble les points positifs et négatifs :

Les + :

  • De très beaux effets avec des couleurs très marquées donnant une vraie identité visuelle à la série. La qualité de la caméra HD est également un vrai plus pour l’immersion.
  • Les séries coréennes ne lésinent pas sur les effets sanglants. Ainsi, les saignements de nez sont abondants, et les gros plans sur un cerveau à moitié découpé et encore frétillant de palpitations nous sont proposés pour notre plus grand bonheur (non, n’ayez pas peur de moi, je vous en prie !).
  • Un huis-clos à l’ambiance oppressante, où n’importe qui peut se transformer à n’importe quel moment. On n’arrête pas de se demander « qui sera le prochain ».
  • On a pas mal de personnages, certes très stéréotypés, mais qui contribuent tous à un moment ou un autre à aider ou à faire évoluer la communauté, et même si certains nous paraissent insupportables, on se surprend à avoir un pincement au cœur s’ils viennent à disparaître. À noter la présence de plusieurs personnages féminins de caractère qui n’hésitent pas à s’imposer.
  • Malgré un temps mou au milieu de la série, le début nous met dans le bain assez violemment et les 3 derniers épisodes sont stressants, poignants et violents. Rien que cette fin mérite qu’on poursuive la série jusqu’au bout.
  •  Plusieurs sujets sensibles sont ici abordés, notamment le harcèlement scolaire, les envies de suicides et les scarifications, l’alcoolisme, le handicap, la perte de personnes proches,… pas mal de thèmes déprimants mais qui nous font réfléchir.
  • Une belle diversité dans les monstres proposés. Ils sont tous différents, se battent entre eux, mais semblent pourtant partager quelques points communs comme l’émission d’ondes captables par les oreillettes de téléphones. Entre l’araignée, le tank, l’aveugle et autres joyeusetés, faites votre choix. Les CGI sont parfois discutables, mais on ne boudera pas notre plaisir malgré tout.

Les – :

  • Le coup de mou du milieu de saison. En effet, il y a 3 ou 4 épisodes qui ont des propositions intéressantes, mais qui ralentissent vachement le rythme de toute la série. Après, on a bien besoin d’un break pour assimiler les nouvelles infos et découvrir un peu plus en intimité les personnages, mais cette « pause », ou ce changement de rythme assez marqué, a le don de nous sortir un peu de la série.
  • Les caractères stéréotypés des personnages. Il y a l’intello froid, le dépressif suicidaire, l’ancien alcoolique qui s’est tourné vers Dieu, le faux-vilain qui ne ressent plus rien, la petite conne de service, le suiveur, la commère,… Bref, un panel connu qui ne fait pas dans le créatif à ce niveau-là. Mais heureusement, le huis-clos, les épreuves et les apparitions des symptômes de transformation vont faire évoluer les personnages et ils ne restent pas entièrement cantonné à leur statut de départ.
  • Ah le jeu d’acteur asiatique, si particulier. Autant certains ont une véritable aura d’acteur, autant d’autres, avec le doublage français qui n’aide pas, c’est surjoué, c’est ouin-ouin et agaçant. Après, c’est propre à pas mal de productions asiatiques donc pas de surprise, mais ça reste agaçant.
  • Les « démons ». Une fois ils sont invincibles, une fois on les tue avec un p’tit coup de lance-flamme et c’est fini. Ou bien j’ai loupé un passage qui expliquait qu’on pouvait tout de même les tuer, ou bien les producteurs étaient en roue libre sur ce point.
  • Les moments gênants sur des scènes d’action où on te lâche un bon gros son de « Imagine Dragons » sur la chanson « Warrior » qui aurait pu dépoter, mais qui là est juste gênant en fait.

Conclusion
Sweet Home était l’événement niveau série noire asiatique de la fin d’année 2020. Avec la série « Kingdom » et « Alice in Borderland », les productions coréennes ont prouvé qu’elles pouvaient proposer de la qualité et que le public européen pouvait y trouver son compte. La série adaptée du Webtoon homonyme propose une image soignée et qui marque par son identité visuelle, une panoplie de personnages aussi bien stéréotypés qu’attachants sur le long terme, des passages d’action et de tension intenses et 3 épisodes finaux dingues. Sans conteste, Sweet Home aura les arguments pour vous captiver le temps d’une saison de 10 épisodes (entre 45 et 55min.). Le bât blesse sur quelques points discutables comme le jeu de certains acteurs, parfois trop surjoué et donc peu crédible, sur la logique des démons et leur « immortalité » ou de leur apparition, et un gros coup de mou en milieu de série qui contraste assez fortement avec le début et la fin. Des points qui peuvent nous faire tiquer mais malgré ces éléments, on ne boude pas notre plaisir. Les personnages évoluent, le sang coule et quelques scènes d’action sont mythiques, la tension est palpable du début à la fin, un mystère entoure l’apparition de ces monstres et le gouvernement semble être mêlé à la chose. Autant de bonnes raisons qui nous font dire que nous sommes face à une bonne série dont la saison 2 devrait nous apporter son lot de réponses et d’action, enfin si Netflix prolonge l’aventure bien entendu.

Note
8,5/10

Bande-annonce

3 réflexions au sujet de « Avis Série : Sweet Home (Saison 1) »

  1. J’aime beaucoup le nouveau visuel de ton blog. C’est très sympa. Cette série semble un peu trop violente pour moi. Je n’ai jamais vu de série coréenne : qu’est-ce que tu me conseillerais en premier lieu (si possible, quelque chose de pas trop violent) en SFFF ou en historique?

    Aimé par 1 personne

    1. Oh merci beaucoup ça fait plaisir 🙂 j’ai mis beaucoup de temps (avec l’aide de ma femme) pour trouver un concept sympa.
      Difficile de te proposer quelque chose hors horreur pour l’instant car je débute aussi dans les séries et films coréens. Alice in Borderland semble être moins flippant et a reçu de nombreuses critiques positives, je vais le visionner prochainement et en ferait une chronique également. Je conseille cependant les « Chroniques d’Arthdal » qui n’est pas moins que le Game of Thrones » coréen, peu connu par chez nous mais d’une qualité certaine. Là aussi je devrai faire une chronique dans les mois à venir mais c’est une fresque tellement énorme que ça va demander un gros travail derrière.

      Aimé par 1 personne

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