Avis Lecture : Dino Hunter (Olivier Saraja)

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Informations :

  • Édition : Éditions du 38 (auparavant chez les éditions Walrus)
  • Parution : Août 2018
  • Nombre de pages : 256 pages
  • Prix : 16,00€ (broché), 2,49€ (Ebook)

Résumé :

Sous les feux d’un soleil brûlant, seul un fou oserait traverser les déserts du Texas sans l’aide d’un guide expérimenté. C’est le boulot de Buck, un vétéran au tempérament solitaire et silencieux. Non content de compléter sa retraite, il peut ainsi explorer ces territoires arides à sa guise. Car Buck en est convaincu : un monstre tout droit sorti de la préhistoire se dissimule quelque part. Il le sait. Leurs chemins se sont déjà croisés autrefois.

Aussi le jour où Amanda Summers, une brillante chercheuse en bio-ingénierie, loue ses services pour une expédition scientifique sur les rives du Rio Grande, le guide sait qu’il ne s’agira pas d’une promenade de santé : le danger rôde partout. Et les crotales sont le moindre de ses soucis.

Mais alors que Buck et Amanda arpentent le désert, tout bascule : une mystérieuse apparition dans le ciel sonne le début d’un véritable lâcher de dinosaures en pleine nature.

Et si des extraterrestres planifiaient en secret la résurrection des créatures préhistoriques ? Buck n’a pas d’autre choix que de ressortir les armes : des monstres venus des âges les plus reculés, des aliens insaisissables, une mystérieuse agence gouvernementale, tout concourt à le faire replonger dans un passé qu’il aurait préféré oublier.

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Olivier Saraja

« Nous étions des ombres, des fantômes de notre société moderne. Toujours à vivre en marge, sans amis, sans famille autre que les membres de l’équipe. À sillonner tous les pays, tous les climats, tous les continents pour dissimuler un secret qui aurait pu mettre en péril l’équilibre des nations et de nos sociétés modernes : les dinosaures étaient de retour. »

Mes impressions, Cowboys contre envahisseurs et dinosaures

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Mon premier roman de dinosaure (non, les livres imagés de notre enfance ne comptent pas), ainsi que ma première lecture de cet auteur dont certaines publications me donnent envie depuis un certain temps comme Spore, Walrus Institute et surtout Zombie Kebab ❤ Je tiens également à remercier Albédo qui, à l’époque, m’avait bien vendu ce livre à travers sa chronique pleine de pep’s.

Que m’a inspiré cette lecture ? La sensation de lire le scénario d’un film de série B dont on a tous déjà vu au moins une fois, même par erreur, à la télé. Je pense à des titres comme « L’attaque du Jurassic« , « Raptor Island » ou encore « Dinocroc vs Supergator« .
Mais une série B est-elle forcément mauvaise pour autant à cause de sa réputation ? Le résultat final de ce livre est-il à la hauteur de l’un de ces chefs-d’œuvre cinématographique ?

Voyons ça ensemble…

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Alors ? Gros nanar ou idée de génie ?

Le récit :

Buck, guide touristique alcoolique du Texas voit ses services loués par une jeune scientifique désireuse de tester son nouveau jouet sur le terrain : une cagoule à électrodes qui sert à manipuler son gecko en lui donnant des ordres à distance. Seulement, l’expérience tourne mal car un vieil ennemi du guide vient faire son apparition pour faire du pauvre lézard son casse-croûte. C’est ainsi qu’une pluie d’emmerdes tombe sur le duo aussi improbable qu’incompatible.

Sans vouloir spoiler l’ensemble du bouquin, sachez juste qu’un énorme vaisseau alien va débarquer dans l’atmosphère terrestre pour catapulter des capsules remplies de jolies petites bêtes que l’être humain pensait ne jamais voir revivre de sa vie : des dinosaures.
Pourquoi ? Comment ? On en apprendra un peu plus tout au long de ce récit, au final relativement court, grâce notamment à quelques flashbacks en début de plusieurs chapitres. Point très positif pour comprendre la vie de Buck et comment il en est arrivé là, mais point négatif également car au milieu du roman nous n’avons plus ces flashbacks car on finit par revenir au présent. Pourquoi ne pas avoir fait le même avec la scientifique dont la psyché reste assez en surface finalement ? Ou l’Histoire de l’agent Smith des services spéciaux ? Y avait moyen de faire un bon délire avec celui-là.

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L’agent Smith ? Mais lequel ?

Donc vous l’aurez compris, on reste assez en surface pour ce qui est des différents personnages hormis Buck pour qui on arrive à avoir un certain attachement quand on apprend tout ce par quoi il est passé. Une scène franchement émouvante entre Buck et la scientifique, Amanda Summers, débarque vers la fin du livre. Mais au final, Amanda n’aura pas réussi à me toucher plus que cela. Il en va de même pour les autres personnages. Parti pris par l’auteur qui aura décidé de se focaliser principalement sur son perso principal et, vu la taille du récit, on comprend ce choix.

On parle de dinosaures ? En voilà une pelleté, des ptéranodons aux tricératops, des raptors aux mégalosaures, l’auteur nous sert un bel éventail des dinos qui n’auraient pas fait tâche dans un nouvel épisode de Jurassic Park. Par contre pas de T-Rex (ou vaguement mentionné, comme si son ombre n’était jamais très éloignée), un choix que Spielberg aurait rebuté au plus haut point. Puis y a des extraterrestres aussi, ceux par quoi tout va démarrer et finir. Mais chut ! Pas de spoil !

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Et non, vous ne rêvez pas, les dinos sont de retour, plus flippants que jamais !

Concernant la fin, je suis resté sur une note frustrante de haut niveau. Premièrement parce que c’est un peu téléphoné, quand on voit les armes que possèdent Buck à ce moment-là, tu sais d’office ce qui va se passer si tu as regardé quelques films d’action. Second point de frustration, comme on est concentré sur Buck, et bien on n’a aucune idée de ce qui se passe du côté de chez Amanda (car ils seront séparés pour X raison alors qu’on est en plein chaos), point que j’aurai vraiment souhaité avoir dans l’épilogue. Après, cela nous laisse la possibilité d’imaginer plusieurs cas de figure. Concernant le sort de Buck, il est surprenant et la fin ouverte laisse d’immenses possibilités de suite à l’auteur, même si je doute que cela soit dans ses objectifs futurs.

Le côté « série B » m’a directement imprégné, déjà parce que j’en ai vu plusieurs (notamment avec les dinos) et que, en lisant, des images SFX douteuses typiques de ce type de film se sont imposées dans mon esprit. Au final, le tout, qu’il s’agisse du récit en lui-même ou du style de l’écriture, m’a fait le même effet, c’est-à-dire que ça se laisse lire pour le fun, un vrai récit Pulp sans complexe et sans prise de tête, même si dans ce livre (au contraire de la plupart des films de série B, voir C) on touche à des thématiques et à des réflexions sérieuses et heureusement.

Voyons voir ensemble les points positifs et négatifs :

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« – Vous êtes quoi, au juste, monsieur Buck ? Un conspirationniste, un paranoïaque ou juste quelqu’un d’aigri ? Non, vous êtes sans doute moins tordu. Votre truc à vous, c’est plutôt la chasse aux dinosaures, j’ai cru comprendre. »

Ce que j’ai aimé

  • Les couvertures, peu importe l’édition, attirent l’œil par des couleurs et un design sympa, sobre pour l’un et plus artistique pour l’autre. On sait dans quoi on se lance. Y aura du dino et c’est ce qu’on veut si on décide de lire un livre vous présentant une telle couverture.
  • De l’action. Vous connaissez mon goût pour le non-stop, le sang et les combats en littérature. J’ai eu mon comptant dans un livre pourtant assez court. Je n’aurais pas craché sur quelques paragraphes en plus de détails sanguinolents dans les combats entre humains et dinos (que j’ai parfois trouvé un peu vite expédié) mais voilà, gourmandise quand tu nous tiens…
  • C’est une lecture Chill, détente et sans prise de tête même si on sent l’effort fourni par l’auteur dans ses descriptions des paysages et de la technologie. Le livre est court, les chapitres se lisent rapidement. Le côté désert du Texas se mariera très bien avec notre période caniculaire pour une lecture d’été.
  • Buck, personnage central et attachant de par les flashbacks que l’on nous sert au début de plusieurs chapitres, nous comptant pour le même coup la formation des Dino Hunters. Son sort à la fin est surprenant et laisse entrevoir la possibilité d’une suite qui pourrait s’avérer encore plus dingue que ce livre.
  • Des points de réflexions intéressants comme la réaction de l’être humain face à des spécimens que nous ne connaissons qu’à travers des fossiles, notre vulnérabilité face à des technologies supérieures, les tréfonds de l’âme humaine face à l’inconnue, le besoin de survivre lorsqu’une espèce est face à son extinction,…
  • Le sujet, tout simplement. Des dinos, des extraterrestres et de la survie, what else ?

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

  • Qui dit récit court dit pas facile d’élaborer ses personnages autres que le principal. Pourtant certaines nouvelles encore plus courtes que ce livre ont réussi. J’avais pas mal d’espoirs sur Amanda Summers, la scientifique et second perso principal, mais je n’ai pas eu l’étincelle. Placer des flashbacks sur elle et l’agent Smith quand ceux de Buck étaient terminés aurait pu être sympa, surtout qu’il y avait la place.
  • Je n’ai pas vraiment été embarqué par l’écriture. Il y avait de petits passages que j’aurais écrit autrement (y est là Victor Hugo tsé !). Fin je dis ça mais si je pouvais déjà écrire comme cela je serais heureux mais je crois que je m’attendais à un style un peu plus prononcé. Ici je l’ai trouvé relativement neutre et lisse.
  • La fin, bien que celle de Buck soit surprenante et ouverte à une éventuelle suite, est frustrante au plus haut point. On aurait aimé avoir un épilogue sur ce qui arrive à Amanda ainsi qu’à l’agent Smith. Cela laisse place à l’imagination et à l’interprétation, mais je préfère avoir la vision de l’auteur et ne pas rester en plan.

Conclusion

Je ressors de cette lecture avec un bon sentiment. Le thème accrocheur d’extraterrestres qui débarquent sur Terre pour y lâcher une tripotée de dinosaures dans notre monde en ferait saliver plus d’un. Bien que le pitch, tout comme l’histoire, nous laisse une impression de visionnage d’un film de série B, l’ensemble est bien mené et on se laisse transporter sans bouder notre plaisir dans ce récit d’aventure Pulp aux allures de Weird West. De l’action à gogo, un personnage principal fort et de la réflexion sur de nombreux sujets pour une lecture qui se veut Chill et sans prise de tête. Le texte est rapide et fluide dans sa lecture et son découpage, bien que j’aurai souhaité un tout petit plus de style dans l’écriture (exigence, quand tu nous tiens). Le deuxième personnage, en la personne d’Amanda Summers, qui n’aura pas su m’émouvoir et des personnages secondaires trop en retrait ou totalement clichés viennent légèrement ternir le tableau mais le récit, relativement court, ne laisse que peu de place à leur développement. Enfin, l’épilogue nous donne une fin surprenante pour le héros mais nous laisse sur un goût de frustration concernant les autres protagonistes dont on aurait souhaité connaître le sort. Au final, une lecture qui aura réussi son pari, faire passer un bon moment au lecteur, et c’est tout ce qui compte finalement.

Note

8/10

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> Albédo, De l’autre côté des livres,…

3 réflexions au sujet de « Avis Lecture : Dino Hunter (Olivier Saraja) »

  1. Merci pour cette chronique détaillée ! Cela fait un moment que ce livre me fait de l’œil, je suppose que tu devines pourquoi 😉 Je sauterai probablement le pas dans un futur plus ou moins proche ! Je n’ai aucune affection pour les histoires d’E.T., mais avec des dinos, ça peut peut-être passer…

    PS : le prénom de Buck me rappelle incontestablement la belette de l’Âge de glace ! du coup j’ai lu ta chronique en ayant sa tête à elle à l’esprit. Je te laisse imaginer le côté WTF que ça a pu rajouter au tout xD

    Aimé par 1 personne

    1. Haha ! Je n’ai pas oublié ton goût prononcé pour les gros reptiles 🙂 Hésites pas à faire signe une fois que tu l’auras lu, j’ai hâte de voir ton analyse qui sera ultra-détaillée comme toujours.
      Merde, maintenant que tu le mentionnes j’avais totalement zappé le Buck de l’âge de glace, en plus y a vraiment le même trip avec l’ennemi mortel (Ruddyyyy ❤ ), les cicatrices,… donc y est pas totalement impossible que l'auteur s'en soit légèrement inspiré ^^ j'en viens presque à regretter qu'il n'y ait pas de cave à gaz hilarant dans le bouquin 😀 Lol
      Merci pour ton commentaire !

      Aimé par 1 personne

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