Haut-Royaume, tome 1 : Le Chevalier (Pierre Pevel), pour le Haut-Roi !

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Informations :

  • Édition : Bragelonne
  • Parution : Avril 2013
  • Nombre de pages : 528 pages
  • ISBN : 978-2-8112-1403-6
  • Prix : 5,99€ (Ebook), 8,20€ (Pocket), 22,00€ (Broché)

Résumé :

Un homme, un royaume, un destin. Il avait nom Lorn Askariàn. Certains disent que le malheur arriva par lui et d’autres qu’il fut celui par qui tout fut sauvé. Dans ses veines coulait le sang noir des héros condamnés. Le Haut-Royaume connaît sa période la plus sombre. Le roi est affaibli et la rébellion gronde aux frontières du territoire. En dernier recours, le souverain libère Lorn de ses geôles et le nomme Chevalier du Trône d’Onyx, chargé de protéger l’autorité royale. Héros valeureux et juste, Lorn est une figure d’espoir pour le peuple, mais il poursuit également un but secret : retrouver ceux qui l’ont maintenu en captivité, les uns après les autres… et leur faire sentir le goût de la vengeance.

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« Un bon moyen de s’attacher la loyauté des gens est de leur donner à croire qu’ils sont utiles, voire indispensables. Après la cupidité, il n’est de laisse plus courte et plus solide que la vanité. »

Mes impressions, Lorn, good guy, bad guy ! 

Premier Pierre Pevel pour moi (enfin !), j’ai enfin comblé une de mes lacunes en Fantasy française. Bon, on est d’accord, ce n’est qu’un premier tome de l’une de ses nombreuses sagas, mais la première…pierre (haha ! Facile !) est posée.

Bref, Monsieur Pevel nous fait ici l’honneur de nous embarquer avec lui dans son univers où règne la magie, l’Obscure, les dragons et créatures étranges. En sommes, il n’y rien de très nouveau ou de bien original dans le monde inventé par l’auteur : des draks, des wyverns, l’Obscure qui corrompt les âmes, des chiens des ténèbres,… du déjà-vu. Mais le principal intérêt réside dans le personnage principal, Lorn Askarian, des intrigues et du chemin qu’il emprunte entre sa sortie de prison jusqu’à la fin du livre, avec son lot d’actions, de complots et de doutes.

Voyons où tout cela nous mène.

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Les wyverns de l’Argor, aussi mauvais caractères que celles du monde de The Witcher ?

Le récit :
Tout commence avec une mission de sauvetage que Lorn doit effectuer dans la plus grande discrétion. En effet, son ami, le Prince Aldéran, est sous l’emprise du Kesh (drogue équivalente à l’opium) et doit être sauvé de l’un des bars à kesh clandestin de la ville. Cet épisode fait est un prologue pour introduire 3 des principaux protagonistes (mais surtout Lorn et Alan) et la relation qui les unit.

La première partie qui suit le prologue démarre étonnamment dans la même veine, sauf que les rôles s’inversent. Lorn est emprisonné à Dalroth, prison où croupissent les hommes ayant commis les pires crimes. Pour lui, il s’agit de haute trahison envers la couronne. Suite à un second procès qui l’innocentera, Alan viendra le sortir de sa geôle pour le ramener. De fait, ces premiers chapitres apporteront leur lot de questions : quelle fut la trahison de Lorne ? Pourquoi a-t-il dû attendre 3 ans avant qu’on ne vienne le libérer ? Qui est réellement derrière sa libération ? Qui l’a trahit pour qu’il en arrive là ? Et surtout, à quel point est-il atteint par l’Obscure ? Car personne ne ressort de Dalroth sans en avoir payé le prix, dans sa chaire et/ou dans son âme.

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Dalroth, pire qu’Azkaban ?

C’est alors que démarre l’épopée de Lorn Askarian, son chemin vers la vérité et la vengeance tout comme le chemin vers la restauration de l’autorité du Haut-Roi que tout le monde dit mourant. Petit à petit se dessinent les enjeux personnels mais également à plus grande échelle : la Reine régente qui gouverne en l’absence du Haut-Roi, retiré dans sa forteresse, est détestée de tous et va signer un traité de paix avec l’Irgar en cédant la cité d’Angborn, le Concil d’Irk’ans qui accomplit les volontés du Dragon Gris prédestine Lorne à un grand destin mais sans savoir s’il leur sera bénéfique ou non, les complots contre le pouvoir, les corruptions dans les rues de la capitale, la résurgence d’une troupe d’élite appelés la garde d’onyx,… Bref, beaucoup de monde et beaucoup d’événements sont au menu de ce petit pavé qu’est le tome 1 de la saga du Haut-Royaume.

Comme d’habitude, difficile d’en révéler davantage sans spoiler tout le monde. L’on peut néanmoins dire que malgré son aspect primaire du livre Fantasy classique type, il s’avère que la bête est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît sous l’étiquette. Certains aspects et parallèles sont intéressants à souligner. La mythologie mise en place semble solide et particulièrement bien connue des habitants de ce monde imaginaire (le Panthéon des dragons est vraiment sympa, on aurait presque souhaité en avoir un schéma dans le livre), le background l’est également et les personnages sont bien développés quoi qu’un peu caricaturaux pour certains (mais quand ça marche, pourquoi s’en priver) et certains ressortent clairement du lot comme le premier ministre Estévéris (quoique pour un maître espion, je l’ai trouvé bien inefficace). Je regrette qu’on n’ait pas plus d’interactions entre Lorn et ses hommes de la Garde d’Onyx (je trouve qu’il en a plus avec les chevaliers d’Argor par exemple).

On pose les bases d’un nouvel univers bien travaillé. Les extraits de certaines chroniques et livres avant chaque chapitre nous donne matière à réfléchir sur le futur de cette histoire et nous en apprend toujours un peu plus sur ce monde Fantasy, un vrai plus donc. La fin nous laisse perplexe sur le rôle de Lorn, on sent que maintenant qu’il a fait ses preuves, les jeux des alliances et tromperies vont s’enrouler autour de lui, objet de toutes les convoitises, et on en vient même à douter de l’homme lui-même, de son allégeance et de ses ambitions.

Voyons plus bas les + et les – de cette lecture :

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Serkarn, le dragon de la destruction

« – Je n’ai pas peur. Mes peurs sont mortes à Dalroth.
– Elles y sont mortes ? Ou elles y sont restées enfermées ? Si c’est le cas, je ne vous envie pas. Un homme n’est jamais que la somme de ses peurs et de son courage, chevalier. Si vos peurs sont encore là-bas, cela signifie qu’une part de vous-même vous a quitté. »

Ce que j’ai aimé

  • Le worldbuilding et la mythologie de cet univers sont très sympas. On ne nage pas forcément dans le très original, mais au moins, le sujet est maîtrisé, ce qui fait la différence avec des mondes parfois plus créatifs mais qui semblent partir dans tous les sens. C’est immersif et on souhaite en apprendre à chaque fois un peu plus grâce notamment aux petits extraits en début de chaque chapitre. 
  • Les personnages. Le récit est centré sur Lorn, personnage torturé, corrompu par l’Obscure depuis son emprisonnement dans les geôles de Dalrot pour haute trahison. Malgré son expérience dans les bas-fonds de cette prison maudite, il ira défendre les couleurs du Haut-Roi en allant sauver la veuve et l’orphelin de l’injustice, mais son geste est-il intéressé ? Un excellent personnage en tête de gondole d’un récit ambitieux. La plupart des autres personnages semblent un peu en retrait mais quelques-uns tirent leur épingle du jeu comme le Prince Alan (mais je préfère l’autre ami de Lorn, Ezio, fils du Duché de Sarme et Valence) ou le premier ministre Estévéris. 
  • La plume de l’auteur. Fluide, compréhensible, elle sait manier les mots sans retenue et nous immerge ce qu’il faut pour vivre les aventures pleinement. 
  • Les intrigues et rebondissements sont les aspects les plus intéressants du livre. Je suis généralement pro-actions, mais pour le coup, les intrigues et la façon dont Lorn se tirait d’affaire lorsque tout semblait perdu m’ont vraiment tenus en haleine. La suite promet de nouveaux jeux d’alliances et d’influences, mais également des batailles épiques, du moins je l’espère. 

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

  • L’interaction entre Lorn et la garde d’Onyx que je trouve trop peu développée. En effet, ils doivent faire renaître un ordre sacré, vont vivre et mourir ensemble, et je trouve qu’on en sait pas assez à propos des membres. Pour exemple, on en sait presque plus sur les chevaliers du Comte d’Argor alors qu’ils ne vivent qu’une seule aventure ensemble. L’absence de personnages secondaires à forte personnalité manque peut-être également même si certains sortent un peu du lot. 
  • Estévéris, dans son rôle d’espion, n’est vraiment pas efficace. On retient plus volontiers ses « Je l’ignore, Madame » que les infos qu’il arrive à dégoter. mais ça c’est ma petite remarque personnelle. 
  • Quelques longueurs propres à un tome introductif. Étant fan d’action, il m’a manqué peut-être l’un ou l’autre combat en plus ou un peu plus de morts mais voilà, ce sont mes attentes de lecteur et ce qui est proposé dans ce tome 1 est déjà sympa. Mais que voulez-vous ? Quand c’est bien, on veut toujours plus ^^

Conclusion

Un premier tome sympa qui ouvre la voie vers une saga prometteuse sur le long terme. De petits points faibles sans réelles incidences sur un tome 1 introductif de belle facture, avec une plume fluide et immersive, proposant un univers peu original mais largement maîtrisé et distribué au compte-goutte comme il se doit en début de nombreux chapitres. Pas mal de personnages, dont on regrettera le manque d’aura pour certains, et beaucoup d’intrigues à différents niveaux qui nous tiennent en haleine tout au long du récit, ce dernier point étant le sel de l’histoire qui nous est proposée ici. Une belle surprise qui ne révolutionnera certes pas le genre, mais qui s’avère suffisamment solide pour concourir dans les classiques du genre. Une chose est certaine, c’est qu’on a hâte de découvrir les jeux d’influence et les intrigues du tome 2. 

Note

9/10  

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> La Forêt des pages, Les chemins de Khatovar, Folfaerie, Cyan,…

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. OmbreBones dit :

    Il est de retour ! 😁 (pour nous jouer un mauvais tour ?) j’ai lu ce roman à sa sortie j’en garde un bon souvenir toutefois il n’est pas représentatif de l’œuvre de Pevel je trouve. De son style surtout. Je prendrais le temps de le relire un jour quand il aura terminé d’écrire l’ensemble parce que plusieurs années se sont écoulées entre la parution du tome 2 et 3 (sortie toute récente) du coup j’ai perdu le fil 😅

    Aimé par 1 personne

    1. John Évasion dit :

      Brièvement de retour ^^ J’avoue que les actualités ne m’aident pas à me donner à fond dans le Blog et tout doucement j’ai trouvé d’autres priorités donc je suis de fait beaucoup moins présent -_- »
      Oui je crois que la grande partie de l’oeuvre de Pevel c’est la réinterprétation de l’Histoire un peu à la manière d’un Cerutti dans le Bâtard de Kosigan je crois.
      Sa dernière sortie c’est le Tome 4 en fait ^^
      Apparemment il veut encore aller plus loin dans son univers et compte bien continuer sa saga.

      Aimé par 1 personne

      1. OmbreBones dit :

        Mh c’est assez différent de ce que fait Fabien Cerutti en réalité mais dans l’idée oui c’est ça ^^ Et voilà le tome 4, j’ai lu les trois premiers donc o/
        Je comprends, j’espère en tout cas que ce sont de bonnes priorités et que tu vas bien ^-^

        Aimé par 1 personne

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