Avis Lecture : Aliens – Defiance, tome 1 (Brian Wood)

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Informations :

  • Édition : Vestron
  • Parution : Décembre 2019
  • Nombre de pages : 144 pages
  • ISBN : 979-10-95656-24-1
  • Prix : 17,95€

Résumé :

Jeune recrue du corps des Colonial Marines, Zula Hendricks va devoir affronter ses démons du passé alors qu’elle lutte pour survivre face à des créatures d’origine inconnue en compagnie des synthétiques de la Weyland-Yutani. Les ordres qui suivront mettront en doute sa loyauté, alors que de terribles événements se préparent…
Première partie d’Aliens : Defiance, un dyptique martial écrit par Brian Wood se situant entre les deux premiers films de la saga : Alien, le huitième passager et Aliens, Le Retour.

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Brian Wood

« Vous êtes un synthétique de la Weyland-Yutani. Vous avez littéralement été programmé jusqu’à la dernière pièce pour être loyal envers eux. Et vous avez réussi à vous libérer de tout ça pour…sauver la race humaine ? »

Mes impressions, difficile de s’écarter du schéma classique

Le récit :
Le soldat de 1ère classe Zula Hendricks, des colonial Marines, doit suivre une équipe de drones de sécurité (ou de synthétiques, c’est selon) de la Weyland-Yutani (tiens, tiens…). L’objectif est d’accoster un vaisseau transporteur à la dérive. La société Weyland est à l’origine du projet de « sauvetage » mais la juridiction militaire de l’espace lunaire voulait un de ses membres à bord. Zula doit servir de « clef » pour transférer des données de vol et découvrir ce qui s’est passé. Alors qu’elle analyse l’état du vaisseau et les vidéos de sécurité, les synthétiques se font attaquer par une forme de vie extraterrestre inconnue et particulièrement agressive. Pendant l’attaque, Zula reçoit le sang d’un monstre abattu qui se trouve être de l’acide et son casque se fissure. Perte de connaissance. Le réveil de stase 27 jours plus tard lui apprendra bien des choses dont elle n’aurait sans doute jamais voulu en entendre parler.

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Pour démarrer, il s’agit d’une bande-dessinée (ou d’un comics), ce qui change des lectures habituelles du Blog. Ce qui apporte donc à cette lecture une analyse graphique dans laquelle je ne suis malheureusement pas assez à l’aise pour développer correctement cet aspect. Néanmoins, je vais tout de même dire que j’ai été bluffé sur le travail d’illustration des aliens. Je les trouve extrêmement réussis et fidèles aux bestioles d’origine (quand une franchise fonctionne si bien, les dérives sont aussi nombreuses qu’improbables, garder le matériel d’origine est un plus selon moi). Les xénomorphes sont surtout impressionnants lorsque les images proposent un effet de groupe, de masse grouillante de monstres dominants et sûrs de leur victoire, j’ai adoré. Par contre, je regrette le travail en dent de scie sur l’aspect de Zula. Autant il y a des cases où sa féminité est assez bien mise en avant et où son réalisme est assez bluffant, autant il y a des cases où elle est totalement loupée. Alors, bien entendu, il est facile de critiquer et je donnerais cher pour savoir dessiner pareil, mais je trouve cette inégalité de dessin gênant, surtout lorsqu’il s’agit du personnage principal.

On se situe, à l’instar de « Alien : La sortie des profondeurs » chroniqué il y a quelques mois, entre « Le huitième passager » et « Aliens : le retour« . Donc, la menace xénomorphe est connue des services de la puissante Weyland-Yutani Corporation qui souhaite à tout prix acquérir la créature pour l’utiliser à des fins de création de bioarmements qui propulseraient l’entreprise vers une nouvelle ère dans la course à l’armement . En sommes, nous entrons en terrain connu si l’on est amateur de la saga. Le terrain est tellement connu que l’on peut essayer d’anticiper les événements après le début de chaque chapitre sans trop se tromper (les titres sont assez évocateurs aussi). Cette bande-dessinée, ou en tout cas dans ce premier tome, ne révolutionne en rien le genre, n’apporte pratiquement rien de neuf à ce qu’on ne sait déjà. Heureusement, il y a quelques découvertes et nouveautés appréciables comme la guerre qui fait rage sur Terre, la présence de la fille de Ripley ou encore l’humanisation d’un synthétique. Ces petits éléments viennent compléter un scénario qui nous confirme deux choses : la détermination de Weyland-Yutani pour récupérer un spécimen vivant quoi qu’il en coûte et l’adaptation dans tout type d’environnement des xénomorphes. Du classico-classique avec la découverte d’un lieu sombre, habité par un monstre étrange à la place de l’équipage qui aurait dû s’y trouver, bottage de séants dans les règles, après quoi on découvre comment elles se sont reproduites (les facehuggers, adorables araignées toutes roses à longue queue) et puis ça va de mal en pi et la seule solution pour régler les problèmes c’est de tout faire sauter. C’est loin d’être créatif mais ça reste efficace. On se demande juste comment les œufs sont atterris dans des endroits comme des stations orbitales ou des vaisseaux alors qu’on ne voit nulle part trace de(s) reine(s). Autre point qui m’a particulièrement ennuyé est le manque d’efficacité des armes, les fameux fusils à impulsion qu’on retrouve dans le film « Aliens : le retour », qui ne causent que très peu de dégâts aux monstres alors que les amoureux du deuxième volet de la saga se souviendront que Hudson démolissait plusieurs xénomorphes avec quelques rafales à peine (oui, je suis tatillon lorsqu’il s’agit de cohérence). Les différences de timelines nous perdent un peu au début, puis on se laisse guider assez facilement. La fin est, par contre, un peu WTF (comprenez « totalement improbable » ou bizarre, voir même déroutant). 

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Concernant l’histoire en elle-même, hormis cette fameuse fin qui m’a pas mal déstabilisée, on démarre pieds au plancher avec de l’action très rapidement et quelques démembrements bien sentis et surtout bien dessinés, et le texte dans ces moments de tension apporte une toute puissance sur des images déjà fortes. Le rythme est très bien dosé également, oscillant entre action, Flash-backs, développement des personnages, les complots et les stratégies avec un équilibre appréciable. Les messages y sont également forts avec comme sujet central : la différence et l’évolution. Le parallèle entre le synthétique et l’héroïne est intéressant et plein de sens. Après, je suis sceptique sur le fait que Zula appuie sa difficulté parce qu’elle est de peau noire en plus d’être une femme. Il ne me semble pas qu’appartenir à une ethnie différente et d’être une femme pose problème pour entrer chez les Marines (on se souviendra de la seule et unique Vasquez dans « Aliens : le retour » qui incarne à elle seule la diversité culturelle et de genre, tandis que dans le premier film « Alien : le huitième passager » Ripley, Lambert et Parker sont autant d’exemples également, même s’il ne s’agit pas de Marines.

Revoyons les différents points qui ont jalonné ma lecture.

« Comme l’a dit Davis, je sais de quoi ces choses sont capables. Et je pense au Dr. Yang, à Amanda Ripley, à tous ceux qui sont sur la lune…sur Terre…Ça rend la situation plus simple, mais une chose me tracasse. Un synthétique de sécurité et une handicapée. Pour être franche, ça ne représente pas grand-chose au milieu de tout ça. Pourtant, le Dr. Yang m’a trouvée, ce qui n’est pas rien sachant toutes les précautions qu’on a prises, et Tranquility a envoyé deux escouades juste pour nous tuer ? Pour avoir déserté ? Quelque chose nous échappe. »

Ce que j’ai aimé

  • Les dessins, surtout concernant les Aliens (et surtout leur effet de masse grouillante) sont extrêmement réussis et retranscrivent à merveille l’angoisse que dégageaient les bestioles dans les films (de la saga originale j’entends bien).
  • On prend les mêmes et on recommence. Même s’il ne révolutionne pas le genre, il respecte le produit de base (c’est-a-dire au moins les deux premiers volets de la saga) et apporte quelques nouvelles nuances comme l’humanisation des synthétiques, un aperçu de la guerre sur terre ou encore l’apparition de la fille de Ripley. Efficace !
  • Un vrai travail psychologique sur le personnage principal qu’est Zula, et même sur le synthétique Davis qui évolue au fur et à mesure de l’histoire et qui semble cacher un but bien précis.
  • Un très bon travail de rythmique entre action, découvertes, intrigues et flash-back. Les dessins servent les textes et inversement, s’apportant mutuellement une belle force dans la lecture.

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

  • Il n’y a pas vraiment de gros points noirs, plutôt plusieurs petites choses qui m’ont ennuyées comme les dessins sur Zula parfois limites, l’incohérence des œufs d’Aliens un peu partout sans présence d’une reine (explication dans un autre tome ?), la puissance des fusils à impulsion presque nulle face aux monstres, le manque de considération des femmes d’ethnie africaine dans le corps des Colonial Marines alors qu’il n’en n’est rien dans les films,…
  • Rien de bien nouveau avec un schéma classique déjà connu. On aime mais voilà, y a pas de réel plus si on est déjà fan de la saga.
  • Une fin un peu étrange, qui sera très certainement expliquée dans le tome 2, je n’en doute pas, mais qui m’a perdu l’espace d’une page ou deux.

Conclusion

Je remercie avant tout Babelio pour cette Opération Masse critique, ainsi que la Maison d’édition Vestron pour l’envoi du livre. « Aliens : Défiance » se situe entre « Le huitième passager » et « Aliens : le retour ». À la manière du livre audio « La sortie des profondeurs » situé à la même époque, on reprend les mêmes ingrédients qui ont fait le succès des deux premiers livres. Rien de très nouveau sous le soleil des xénomorphes, mais on appréciera toujours de replonger dans cet univers connu et qui semble inépuisable. N’étant que peu coutumier des bandes-dessinées et autres comics, je ne peux pas apporter d’œil réellement critique sur le travail graphique si ce n’est que les créatures sont extrêmement bien dessinées et que l’héroïne aurait mérité un plus beau traitement même si j’imagine à quel point ça ne doit pas être évident. On se laisse porter par l’histoire, convaincante et dans l’ordre d’idée de ce que proposent les deux premiers films de la saga. J’y ai en tout cas trouvé plus de plaisir dans la lecture de cette bande-dessinée que dans le visionnage des deux derniers films pondus au cinéma (Prometheus et Covenant pour ne pas les citer). Le rythme est très bien maîtrisé et les personnages ont un background travaillé et intéressant. Les thèmes de la tolérance, de l’évolution et de l’être humain dans sa nature en contradiction avec les monstres sont abordés de manière forte et critique. On a là une bonne oeuvre qui vous fera passer un agréable moment, surtout si vous aimez nos amis xénomorphes, le temps de 140 pages entre actions, intrigues, flash-backs et démembrements sanglants comme on aime. Si vous êtes amateur, tentez le coup.

Note

8/10

Ce livre a été lu dans le cadre de Masse Critique Babelio

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

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