Fascinantes créatures (Florence Cochet), ode à la féminité

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Informations :

Résumé :

Les histoires de ce recueil parlent de vengeance, de libération, d’obsessions. Tour à tour créatures mythologiques ou issues d’un futur torturé, au caractère énigmatique ou inquiétant, les femmes qui peuplent ces récits recèlent toutes une force insoupçonnée. Aucune ne semble vouloir suivre la route tracée pour elle…

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« Je suis toutes les femmes, je suis celles qui ont souffert et qui souffrent encore par la main de cet homme ! »

Mes impressions, I’m every women, inside…this boooookk ♪♫

Bon, je suis sorti de ce recueil des femmes plein la tête. En effet, le beau sexe est au centre de ce livre qui se décompose en 14 nouvelles. De courts textes (car nous sommes sur un livre qui ne fait pas 200 pages) qui mettent en valeur ces dames, héroïnes ou machiavéliques selon le sujet abordé et selon les points de vue, dans des contextes tous très différents. Florence Cochet vous fera voyager ! Et pas seulement à travers des époques, mais également à travers des lieux imaginaires, dans la galaxie, et surtout dans la tête de chaque personne qu’elle met en avant. Parfois dystopique, parfois Fantastique ou encore SF, chaque texte aborde sa thématique, dans un univers bien particulier et avec ses protagonistes aux aspects psychologiques pour le moins intéressants à découvrir.

Comme je l’ai mentionné, plusieurs thèmes ressortent de cet ensemble. La femme forcément, son lien avec le masculin et avec la mort, l’importance de l’eau ou encore la réinterprétation des mythes, la sensualité également tout comme l’attirance que suscite la créature féminine. Parfois bourreau, souvent victime, elle est également emplie de peur et l’espoir et l’homme, le sexe masculin, n’est pas en reste, s’habillant parfois dans un costume de parfait con…rd, parfois de pauvre victime. Attention que l’un n’empêche pas l’autre à la fin du texte 😉

Alors bien sûr, toutes les nouvelles ne sont pas égales. Des thèmes vous parleront plus que d’autres, certaines ne vont pas avec le dos de la cuillère lorsqu’il s’agit d’émoglobine, des sujets parfois sensibles sont abordés, certaines sont très courtes ou d’autres ont une fin un peu floue tandis que d’autres vous laisseront bouche bée de surprise. Mais lorsque l’on propose un livre avec 14 textes différents en presque tout point, il est naturel de ne pas y retrouver une qualité égale, bien que l’ensemble soit d’un très bon niveau. Ce qui est également intéressant c’est le traitement qu’apporte l’auteure sur chacun de ses personnages et elle nous invite discrètement à donner notre propre avis sur le sort des protagonistes, de nous amener vers une réflexion sur ces situations parfois à double tranchant.

Je remercie naturellement Florence pour son service presse et sa confiance.

Faisons un tour du côté des nouvelles proprement dites !

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« Tolérer, endurer et remercier reviennent en boucle dans nos prièrees. Chaque opportunité, chaque malheur est un cadeau des dieux et se rebeller – chercher à décider, tout simplement – va à l’encontre de nos croyances, de nos idéaux. »

L’oeuvre décortiquée

  • Dans les profondeurs :

Une chasse dans l’eau. Mais là on ne va pas attraper le poissirène avec une pokéball. Nan, nan. Là, on choppe le harpon et on va à la chasse à ce qui a de plus exceptionnel 😉

« Créature de la mer, j’ai épousé un monstre. Quelle ironie ! »

  • Sous le dôme :

Texte ultra dystopique. À la fois vu et revu et à la fois original. Les femmes gèrent le monde (je sens le poil de certains hommes hérisser leur nuque un peu trop tendue) suite à un virus qui a anéanti une grande partie de la population masculine. Préparez-vous, c’est l’heure de la traite ❤

  • Le troisième bal :

Bienvenue dans un bal masqué original, où des prétendantes doivent essayer de séduire le maître des lieux en réussissant les quatre épreuves des subalternes de l’hôte. Mais pourquoi veulent-elles y arriver alors que toutes sortes de rumeurs courent sur ce que sont devenues les élues ? Mettez vos masques et lancez la musique !

« Qu’en savez-vous ? Les hommes ne sont pas soumis au jugement de leurs pairs. Que quelqu’un vienne à nous surprendre ainsi, et ma famille subira l’opprobre, tandis que vous ne serez qu’un séducteur dont les gens salueront le bon goût. »

  • Issue de secours :

Dans l’espace, vers l’infini et l’au-delà, un vaisseau se dépêche car à son bord s’y trouve une personne en grande souffrance. Arrivera-t-elle à temps ?

  • Le messager de l’Antarctique :

Un couple dont le bateau s’échoue sur une plage d’une île au milieu de nulle part va devoir essayer de survivre façon Robinson Cruzoé. Mais tout va changer une fois qu’ils découvriront un étrange objet se trouvant en plein milieu de l’île.

  • Le puits des âmes :

Une jeune exilée veut entrer au service de la Dame des Eaux, parce qu’elle le doit. Étant une paria, elle n’a aucun droit et peut être traitée de n’importe qu’elle façon par quiconque sans qu’elle ne puisse protester. Pourquoi ? Comment une fille de 13 ans en est arrivée là ? Que doit-elle faire ou devenir pour entrer dans ce cercle restreint vénérant la Dame des Eaux ?

  • Le parfum du Lotus :

Ah, le vampire, cent fois réinterprété, cent fois repris et réinventé à toutes les sauces possibles. Là, on a le droit à une revisite du mythe original, façon asiatique, avec une certaine attirance pour…les pieds et les chaussons japonais. Vive les artères tibiales !

« Sans surprise, ma saison favorite est l’été. Tous ces mignons orteils qui se trémoussent sont autant de bonbons parfumés que j’aimerais suçoter à longueur de journée. Rien que d’y penser, l’eau me monte à la bouche. »

  • Miriam :

Miriam se balade sur le trottoir, attendant qu’un homme s’arrête pour quémander ses services lorsqu’une voiture s’arrête avec une femme à l’intérieur qui la somme de l’accompagner. Miriam la connaît-elle ? Et où l’emmène-t-elle ? Une rencontre avec son passé l’attend, et il promet d’être sanglant.

  • Cher ami :

Ah, un texte façon épistolaire envoyé à un des monuments du film d’horreur de notre jeunesse (non, tu ne spoileras point). Quand l’admiration se transforme en haine, quand la haine laisse finalement place à la pitié et à la déception.

  • À corps perdu :

Texte choc, où une femme est continuellement coincée dans la peur de son mari qui la bat pour une raison ou pour une autre. Cependant, une apparition de son enfance pourrait bien devenir son salut, aussi funeste soit-elle.

  • À l’ombre d’un chêne :

Fées, Leprechauns, vœux, jouer sur les mots, attention à ce que vous souhaitez et utilisez vos mots avec soin. La féerie ne prend pas toujours la forme que l’on pense.

  • Révélation :

Comme dans l’une de mes précédentes chronique (L’Amérique de l’étrange), il est difficile de se faire une place parmi les forces de l’ordre. Ici, une femme de la trentaine va se retrouver au milieu d’une enquête des plus horrible. Meurtres de femmes enceintes et Apocalypse seront de la partie. Un lien quelconque avec un gros trafiquant colombien qui a élu domicile en Suisse il y a pas si longtemps ?

  • Oceanica :

Une agent secrète va infiltrer le complexe d’un célèbre écrivain en public, un savant fou à ses heures perdues dans son bunker sous-marin. Mais elle ne semble pas être la seule à vouloir voler des plans qui pourraient « révolutionner » le monde. Et finalement, qui est réellement le maître des lieux ?

  • Comme un rêve d’Opaline :

À la fois poétique et onirique, la frontière entre rêve et réalité n’est parfois qu’une question d’aide virtuelle.

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Ce que j’ai aimé

  • Un ouvrage à la gloire de ces femmes qui, parfois au-dessus du lot, parfois les proies des hommes ou d’elles-mêmes, montrent qu’elles ne comptent pas pour des prunes et possèdent toute leur importance, que cela soit dans la vie de tous les jours ou au sein des histoires, mais sont également parfois plus dangereuses que leurs homologues masculins.
  • L’écriture de Florence Cochet. Dans son autre ouvrage, La Proie du Dragon, je n’avais pas été stupéfait pas la prose (fluide sans être exceptionnelle), ici j’ai été agréablement surpris et convaincu par ce qu’elle nous décrivait et nous proposait.
  • La diversité des nouvelles. On ne se cantonne pas à un univers. Nous explorons divers lieux, parfois c’est la terre, parfois des lieux imaginaires, parfois la galaxie,… si les femmes qui y sont décrites ont une grande diversité, les univers dans lesquels elles évoluent sont tout aussi multiples et possèdent chacun leurs caractéristiques.
  • Des nouvelles d’une qualité générale très bonne dont nombre d’entre elles ont déjà été éditées dans d’autres ouvrages et sont compilées ici pour nous offrir ce beau recueil. Certaines comme « Dans les profondeurs » donnent tout de suite le ton, le troisième bal vous fera danser tandis que le parfum du lotus vous fera voyager à travers les époques.

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

  • Un peu à l’image de l’anthologie de nouvelles « Malédiction« , chroniquée fin 2018, lire autant de nouvelles, s’adapter à chaque univers et à de nouvelles psychologies de personnages, les mémoriser et les condenser pour en faire une chronique, c’est vraiment un exercice pointilleux et chronophage. Heureusement, lorsqu’il s’agit d’un seul et même auteur, on peut se permettre d’être un peu plus light. Mais pas trop ! Faut rester pro les gars !
  • Forcément, lorsque l’on propose autant de textes différents, il y a des nouvelles que l’on apprécie moins, ou des fins que j’ai estimées un peu floues, qui manquaient de clarté (mais ça dépend des lecteurs, j’avoue je manque parfois de finesse pour la compréhension des fins suggérées).
  • La couverture n’est pas ce qu’il y a de plus attirant et le résumé aurait mérité un peu plus de traitement pour essayer de happer le lecteur potentiel.

Point neutre, réflexion

  • Les sujets traités, bien que divers, variés et bien écrits, peuvent peut-être en toucher l’un(e) ou l’autre car on parle quand même de mort, de meurtre, l’une des nouvelles traite de violence sur les femmes et une autre de viol. Donc voilà, il faut savoir dans quoi vous vous embarquez avant de vous lancer dans ce recueil, bien qu’on reste malgré tout assez light, mais les sujets sont là.

Conclusion

Un recueil de nouvelles dédié à la femme et à ses multiples facettes dans des univers divers et variés. Parfois bourreau, tantôt la proie, souvent belle et irrésistible, quelques fois fragile et pleine d’espoir. Florence Cochet nous propose 14 nouvelles qui s’unissent en un bouquin pour mettre à l’honneur le beau sexe. Dans des lieux fictifs ou réels, l’imaginaire n’est jamais très loin et vous vous baladerez entre les mondes pour y découvrir sirènes et extraterrestres, vampires et autres agents secrets. Beaucoup de diversité donc, des fins surprenantes, une belle plume fluide et maîtrisée, un bon moment de lecture en perspective pour qui souhaiterait pénétrer le voile de ces femmes aux destins si différents. Quelques petits bémols sans gravité qui n’empêchent en rien une lecture somme toute rapide et agréable. Après tout dépend des goûts de chacun, mais si vous êtes un homme et que, comme moi avant vous, vous avez des appréhensions sur l’abondance de féminité, détrompez-vous car ce livre est un peu à l’image su sexe opposé, remplit de surprises.

Note

8/10

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> Le répertoire des mordus de lecture, Saiwhisper,…

Autres ouvrages chroniqués de l’auteur :

11 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Lutin82 dit :

    Ah! dommage, encore un recueil!

    Aimé par 1 personne

    1. John Évasion dit :

      Je ne comprends pas ce désamour des recueils de nouvelles :-/ Chez Saiwhisper la plupart des commentaires vont aussi dans ce sens. Je trouve cela curieux.

      Aimé par 1 personne

      1. Lutin82 dit :

        Ce n’est pas du désamour. C’est que je m’éclate moins avec des recueils. Toutes les nouvelles ne me plaisent pas forcément au même niveau, certaine, je les trouve fastidieuse à lire, parfois, àpeine immergée dans l’histoire, la fin arrive et je reste sur ma fin. Pour avoir la sensation de changer d’histoire, il faut que j’entrecoupe, sinon, cela me donne un drôle de fil dans la lecture.

        Aimé par 1 personne

      2. John Évasion dit :

        Je comprends tout à fait tes ressentis et j’ai parfois ces sentiments également mais ça ne me freine pas pour autant. Après c’est vrai que lorsque l’on dépasse la dizaine de nouvelles ça fait un peu beaucoup.

        Aimé par 1 personne

  2. OmbreBones dit :

    15 euros le recueil de moins de 200 pages en numérique ?! 🤨 Ou c’est moi qui comprend mal ? Je trouve ça vraiment très excessif…
    Au demeurant et comme toujours tu proposes une chronique très détaillée ! Beau travail 🙂 même si ce n’est pas du tout mon style de lecture (comme le lutin, les nouvelles et moi.. À très petite dose.)

    Aimé par 1 personne

    1. John Évasion dit :

      Bah, quand je vois que le recueil dans lequel j’avais ma nouvelle était proposé à 16€ pour 100 pages, je me dis que 15 pour 200 c’est encore pas si si mal dans le fond xD
      Merci ^^ mais dommage, je pense que tu aurais bien apprécié ^^

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      1. OmbreBones dit :

        Bah pas en numérique non xD en papier j’aurai dit d’accord mais pour un epub c’est scandaleux :/ je ne mets pas plus de 8 euros dans un ebook faut pas rire…

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      2. John Évasion dit :

        Ah oui non autant pour moi pour un Ebook je suis entièrement d’accord mais C’est ma faute, j’ai écris numérique car je l’ai lu en numérique, c’est en fait le montant du livre broché! Autant pour moi, je vais modifier cela tout de suite, désolé :-O

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      3. OmbreBones dit :

        Aaaaah ! Okey je comprends mieux alors xD ça prêtait à confusion :p sorry !

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  3. Elhyandra dit :

    Il a l’air très intéressant, la deuxième avec son virus me fait penser au Silence de la Cité et Chroniques du Pays des mères par ricochet ^^

    Aimé par 1 personne

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