Avis Série : The Boys Presents : Diabolical

Titre original : The Boys Presents : Diabolical
Pays de production : États-Unies
Langue originale : Anglais
Réalisation : Eric Kripke, Simon Racioppa, Garth Ennis,…
Acteurs principaux : Antony Starr, Jason Isaacs, Don Cheadle,…
Société(s) de production : Sony Pictures Television, Amazon Studios, Titmouse,…
Diffusion : Amazon Prime Video
Genre : Série d’animation pour adultes, Action, Gore
Durée : 1 saison, 8 épisodes de 14 minutes
Date de sortie : 04 mars 2022

Mon avis :

Alors que Netflix a su brillamment installer le concept de série anthologique avec le surprenant « Love, Death & Robots », suivi plus tard de « Star Wars : Visions » sur Disney +, ce n’était qu’une question de temps avant qu’Amazon Prime Video ne sorte sa propre série du genre. Et quoi de mieux que de surfer sur la vague de l’engouement suscité par l’enfant terrible « The Boys », si politiquement incorrect et pourtant si jouissif à regarder.

Quand on connaît la série originale, ainsi que les comics dont elle est tirée, on ne pouvait que ce dire qu’Eric Kripke (scénariste de la série) tenait dans ses mains le Graal de l’animation pour adulte, et d’autant plus lorsque l’on lit la belle brochette hollywoodienne qui est greffée au projet (on ne va pas tous les citer mais les noms d’Andy Samberg, Don Cheadle, Christian Slater ou encore Simon Pegg devraient au moins vous dire quelque chose, en plus de quelques acteurs de la série originale). Rajoutez à ça des personnes comme Simon Racioppa (showrunner de l’excellente série d’animation « Invincible ») et autres grands noms de l’animation, le succès était déjà tout acquis.

Pour combler l’attente de la saison 3 et à cause d’une pandémie qui ne semblait jamais en finir, créer une série animée avec l’aide de différents studios dans le monde (comme Netflix avec « Love, Death & Robots ») semblait la bonne carte à jouer pour les producteurs comme pour les fans, même si l’idée semblait avant tout commerciale. En effet, la série semble être légèrement passée sous les radars du grand public, la série n’ayant pas fait de grandes vagues ou de memes sur les réseaux sociaux ou soulever les foules lorsque l’on mentionne le titre au détour d’une conversation. Ce qui est regrettable car cette anthologie vaut le détour et nous propose une immersion différente, bien que subtilement liée, à l’univers déjanté de « The Boys ». Le découpage en épisodes relativement courts permet un visionnage assez rapide (et permet de ne pas rester trop longtemps sur les épisodes qui nous plaisent moins) et il n’est pas forcément nécessaire de connaître l’univers de base pour la regarder (bien que connaître la série originale permettra de connaître certains concepts ou personnages, mais ce n’est pas obligatoire). Mais plus qu’une simple connexion à la série, il s’agit ici et surtout d’une satire, d’une critique sociétale magnifique sur de nombreux sujets et notamment sur le pouvoir des méga entreprises, ici Vought la fabrique de Super-Héros, ainsi que ses dérives, l’addiction aux réseaux sociaux, à la célébrité personnelle ou à travers les enfants, la vie de Super-Héros et les côtés sombres qu’on préfère cacher, le déni aux victimes quand on peut satisfaire le plus grand nombre… De vrais messages forts portés par des mini-épisodes de 13-14 minutes où le gore et les tripes volent généralement en tous sens mais même s’il peut y avoir une forme de surenchère, elle n’est pas dénuée d’intérêt, aussi bien visuel que dans le message à faire passer.

Voyons ensemble les épisodes proposés et ce que j’en ai pensé :

  • La Balade de bébé laser (Laser Baby’s Day Out)

De quoi ça parle ?

Un employé de bureau un peu morose, dont la vie se résume à « métro-boulot-dodo », effectue des tests dans les laboratoires de chez Vought. Lui et ses compères doivent tester les aptitudes de bébés « Supers ». Il se trouve que c’est le dernier jour de test pour la petite fille aux yeux rayons laser. Même s’il risque sa vie, l’employé voit sa vie sous un jour plus joyeux avec elle. Va-t-elle réussir le dernier test ? Si elle rate, qu’est-ce que Vought compte faire d’elle ?

Ce que j’en ai pensé ?

On démarre fort avec un épisode graphiquement cartoonesque façon Looney Tunes qui oscille très fortement entre l’attendrissement enfantin et le tragique de la situation en plus des mares de sang qui jalonneront la deuxième partie de l’épisode. Visuellement très sympa, la morale est forte et on est très vite attaché à ce duo improbable. Dans mon top 3 sans l’ombre d’un doute.

  • Un court métrage animé dans lequel des supers bien vénères tuent leurs parents (An Animated Short Where Pissed-Off Supes Kill Their Parents)

De quoi ça parle ?

Tout est dit dans le titre… Mais ajoutons tout de même que ces « Supers » ont été abandonnés par leurs parents car leurs pouvoirs n’étaient pas assez bien pour eux… Mais il faut dire que leurs pouvoirs sont vraiment mauvais… voire inutiles… Bref…

Ce que j’en ai pensé ?

Le titre en lui-même est une parodie mais cet épisode envoi du lourd car il prend vraiment le temps de poser les bases du problème, d’énumérer chaque personnage et de les rendre attachants en quelques minutes à peine. La découverte publique du « Composé V » avec lequel sont fabriqué les Super-Héros de chez Vought mettra le feu aux poudres de ces écorchés vifs qui réclament justice. Là encore, la morale est très forte et prenante et l’animation nous fait penser à un épisode de « Rick et Morty ». Un épisode marquant et sanglant où le narrateur a aussi son petit rôle à jouer.

  • Je suis ton dealeur (I’m Your Pusher)

De quoi ça parle ?

La bande à Butcher arrive à trouver et à faire chanter le principal dealer des Supers. Leur cible ? L’un des héros les plus en vue du moment et qui, derrière le verni face au grand public, semble s’adonner à quelques plaisirs coupables bien peu avouables.

Ce que j’en ai pensé ?

Déjà, c’est hyper intéressant de découvrir quelques personnages dont le chara-design est directement issu des comics d’origine (et on se félicite finalement du choix du casting pour la série originale). C’est probablement l’épisode durant lequel j’ai le plus ri car c’est aussi épique qu’inattendu. La pirouette des Supers pour éviter le scandale est très finement jouée et met en avant la crédulité du grand public.

  • Boyd En 3D (Boyd in 3D)

De quoi ça parle ?

Boyd, garçon timide secrètement intéressé par sa voisine, Cherry, qui ne le remarque pas et enchaîne les désastres amoureux, va se porter volontaire pour tester une nouvelle crème expérimentale de chez Vought et qui permet de devenir physiquement celui/celle que l’on souhaite. Le produit fonctionne mais attention aux conséquences !

Ce que j’en ai pensé ?

Véritable critique sur les produits pharmaceutiques et sur les réseaux sociaux, cette histoire nous amène à vraiment découvrir les dérives que peuvent entraîner ces deux éléments (l’explosion des vlogueurs et autres youtubeurs beauté ou Lifestyle ont donné des tonnes de grains à moudre pour élaborer cet épisode). Ce qu’on retiendra à la fin c’est que, finalement, nos défauts et notre simplicité sont tout ce dont on a besoin pour être complet et heureux.

  • Les Meilleures amies du monde (BFFs)

De quoi ça parle ?

Sky est dans la place et pour se faire de nouvelles copines, ses dernières lui demandant d’acheter de la drogue auprès d’un dealer local. Dans une balade qui tourne mal, elle tombe face à du « composé V », le composé qui donne les pouvoirs aux Supers.

Ce que j’en ai pensé ?

Peut-être le moins bon épisode du lot même si ce dernier, qu’il s’agisse du message ou du style graphique façon manga, n’est pas inintéressant dans son travail d’ensemble. Disons que je déconseille vraiment cet épisode pour les scatophobes… Mais ce qui est certain c’est qu’on ne pourra pas reprocher à la réalisatrice d’avoir osé ! L’idée devient assez vite malaisante et c’est finalement l’effet recherché.

  • Nubien contre nubienne (Nubian vs Nubian)

De quoi ça parle ?

Deux Supers afro-américains se rencontrent lors d’une mission pour ensuite finir ensemble et avoir une petite fille du nom de Maya, cette dernière assistant, impuissante, à la rupture imminente de ses parents.

Ce que j’en ai pensé ?

Difficile de dire si j’ai vraiment aimé cet épisode. On cache au public la vérité, on fait appel à un ancien héros pour rabibocher tout le monde, la mère en a que très peu à carrer de la gamine et même si la fin me fait sourire, je me sens un peu triste pour la gamine. Le style graphique nous rappel la série « Invincible » dans le Chara-Design et dans les animations.

  • John et Sunhee (John and Sun-Hee)

De quoi ça parle ?

Qu’êtes-vous prêt à faire pour sauver l’être aimé ? John, qui travaille comme technicien de surface chez Vought, veut sauver Sunhee sa femme atteinte d’un cancer. Il sait que Vought possède des échantillons du fameux « Composé V » et souhaite que sa femme en prenne pour guérir. Mais a-t-il fait le bon choix ? Sera-t-elle en accord avec son geste et quel en sera le prix à payer ?

Ce que j’en ai pensé ?

Conte asiatique horrifique et terriblement mélancolique. Bien que le style graphique ne soit pas inoubliable, la musique et l’émotion qui se dégagent de cet épisode sont assez marquants et nous font réfléchir aux limites de nos actes, même si ceux-ci sont pour une cause qui paraît plus que jamais justifiée.

  • Un plus un égale deux (One Plus One Equals Two)

De quoi ça parle ?

Le Protecteur, jeune recrue issue de chez Vought, intègre donc les « 7 » et est présenté au public juste avant sa première mission. Mais il sera étroitement surveillé par le numéro 1, Black Noir, en qui il n’aura pas confiance.

Ce que j’en ai pensé ?

Véritable lien avec la série originale qui montre les origines du Protecteur et son passé tortueux, expliquant ainsi pourquoi il semble si instable mentalement. Très intéressant également la vision du développement relationnel avec Black Noir et des premiers pas du Protecteur en tant que Super, aussi bien devant les médias qu’en coulisse ou sur le terrain.

Conclusion

Les Diaboliques ou « Diabolical », se présente comme une mini-série qui vient enrichir l’univers établit par la série originale « The Boys », véritable coup de poing d’immoralité dans un monde sur aseptisé. Clins d’œil aux comics, liens vers la série d’origine, vous n’êtes pas obligé d’avoir lu ou vu les deux précédents pour comprendre et apprécier ces 8 petits épisodes de 15 minutes. L’esprit de « The Boys » est entièrement respecté et cette ligne si indistincte entre le bien et le mal, entre la morale et l’immoral, est constamment mise en avant pour nous faire douter des choix pris à chaque épisode et on se questionne sans cesse sur nous-même et ce qu’on aurait fait à la place des protagonistes. Casting XXL, des propositions graphiques différentes et dynamiques, du gore et du sang à gogo, des choix discutables et des messages forts, non vraiment cette série à tout pour plaire aux amoureux de la série, des comics ou de l’animation en général. Une belle réussite passée un peu inaperçue j’ai l’impression mais que je vous invite sans plus attendre à regarder, ne serait-ce que pour prolonger le grand délire que propose la série « The Boys » !

NOTE

9,5/10 (Coup de cœur ❤ )

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