Avis Série : Don’t toy with me, Miss Nagatoro ! (S1)

Titre original : イジらないで、長瀞さん (Ijiranaide, Nagatoro-san)
Titre international : Don’t Toy With Me, Miss Nagatoro
Pays de production : Japon
Support original : Manga
Auteur : Nanashi
Réalisateur : Hirokazu Hanai
Scénario : Taku Kishimoto
Studio d’animation : Telecom Animation Film
Diffusion : Crunchyroll, ADN
Genre : Animé – Comédie – Romance – Tranche de vie
Durée : 12 épisodes de 24 minutes
Date de sortie : Avril 2021        

Résumé :

Nagatoro est en seconde.
Pleine d’assurance, joueuse, moqueuse, elle se découvre un jour un passe-temps favori : martyriser son “Senpai”, lycéen de première timide et mal dans sa peau. Nagatoro taquine, agace, aguiche, joue et parfois perd… mais qu’a-t-elle vraiment derrière la tête ? Et si derrière ses moqueries, elle cachait une véritable affection ?
Et si finalement, ses farces permettaient à Senpai de s’affirmer ?

Mon avis :

Nous suivons Naoto Hachioji (son nom complet n’est cité que dans le manga original il me semble), un jeune étudiant de 16 ans, dessinateur amateur de manga et qui s’occupe de l’atelier d’art (club d’art où il est généralement seul) dans l’école où il se trouve. Très renfermé et victime d’harcèlement étant plus jeune, Hachioji (que l’on nommera Senpai) n’est proche de personne et le simple fait de discuter avec quelqu’un est difficile pour lui. Alors, quand une jeune étudiante tombe par hasard sur les dessins du manga qu’il a créé, l’enfer pourrait s’ouvrir sous ses pieds que le terme ne serait pas assez fort pour décrire sa gêne. C’est dans ces conditions qu’il fera la rencontre de Hayase Nagatoro, jeune fille de 15 ans, et qui prendra un malin plaisir à exercer une forme de harcèlement un peu spécial envers lui.

Tombé un peu par hasard sur cet animé après avoir regardé les recommandations d’un youtubeur pour des séries un peu plus Chill/Tranches de vie en animé (car oui, regarder sans cesse des boucheries ou de l’action en continue, qu’il s’agisse de séries, de films ou de livres, eh bien de temps en temps, un peu de légèreté n’est pas superflu). Et après 12 épisodes, je peux dire que oui, ça faisait un bien fou de changer de registre et de tomber dans quelque chose d’un peu plus léger, d’un peu plus mignon.

En fait, il faut passer le cap du premier épisode où l’on ressent vraiment une grosse gêne pour le pauvre Senpai qui se fait ouvertement martyriser par une ado d’un an moins que lui et qui semble avoir fait de sa mission principale le harcèlement de celui-ci par pur divertissement (les réactions du garçon ne font rien pour l’aider et son manque cruel de caractère n’aide en rien à empêcher cet état de fait). De manière un peu surprenante, Senpai semble relativement apprécier cette marque d’intérêt, aussi glauque soit-elle, d’une fille qui semble être à des années lumières de son propre monde et du coup, accepte bon gré mal gré les persécutions tantôt mignonnes, tantôt gênantes, tantôt carrément tendancieuses de la jeune fille. Il sera intéressant de découvrir par la suite que Nagatoro semble développer lentement, mais surement, de petits sentiments (amoureux ? amicaux ? on ne saurait trop le définir) vis-à-vis de Senpai et lorsque ce dernier découvre qu’elle agit totalement différemment avec les autres garçons de son âge, il se demande pourquoi lui.

L’animé semble avoir fait pas mal parler de lui, déjà avant sa sortie, ne serait-ce que par son titre. Si les versions japonaise et anglaise veulent littéralement dire : « Ne joue pas avoir moi, Nagatoro », la traduction française est quant à elle assez malaisante : « Arrête de me chauffer, Nagatoro ». Du coup, il peut y avoir méprise quant au contenu de cette œuvre qui ne propose vraiment rien d’obscène, ce qui du coup lui fait un mauvais coup de pub. Ensuite, il y a le côté gênant de la chose, déjà vis-à-vis du harcèlement (traité ici avec humour) ou tout simplement par rapport aux allusions sexuelles que fait à plusieurs reprises Nagatoro et ses copines (ouais mais attend, tu viens de dire que ce n’était vraiment pas obscène !). Je m’explique. Il ne faut pas oublier qu’on parle ici d’adolescents, qui sont en pleine effervescence et découverte de leur corps et en recherche d’expérience pour briser les tabous de l’enfance, du coup oui il y a des allusions plus ou moins grosses en rapport avec la sexualité (heureusement, pas tout le temps). Attention, je le redis, il n’y a rien d’obscène, juste des moments très gênants mais qui sont utilisés à dessein pour mettre mal à l’aise Senpai et l’obliger à sortir de sa coquille névrosée grâce à la tentation et lui interdire ces expériences au dernier moment pour augmenter sa frustration. C’est probablement ce qui en a fait une mauvaise réputation si on ne regarde pas plus loin que le premier épisode.

J’ai particulièrement apprécié cette évolution entre les deux personnages ainsi qu’avec les amies de Nagatoro qui, bien que très méprisantes au début, semblent elles aussi développer de l’intérêt pour le jeune homme. Senpai arrive lentement mais surement à briser sa coquille (sans pour autant s’en détacher, attention), au final, on se rend compte que Nagatoro est elle aussi mal à l’aise vis-à-vis des questions d’ordre intime lorsque Senpai se défend (l’une des rares fois) et au final, l’on se rend compte qu’elle aussi évolue (se découvre amatrice de poser comme modèle pour lui même si au début c’est pour le taquiner). C’est également appréciable de voir à quel point elle le protège lorsque d’autres essaient de le mettre à rude épreuve et du coup il y a une forme de relation où senpai appartient littéralement à Nagatoro. Les deux derniers épisodes sont vraiment touchants et à chaque fin d’épisode j’ai eu le sourire car oui, c’est mignon, on se retrouve un peu en eux dans nos jeunes années. Nagatoro, la fille populaire qui semble se prendre d’affection pour un garçon faible et sans ami, va de manière indirecte aider le jeune garçon dans son épanouissement social. J’ai apprécié de voir les amies de Naga tout d’abord s’en prendre à lui sans vergogne puis finir par l’aider quand il est face à l’adversité, elles ont quelque part suivi le même chemin que Nagatoro mais elles gardent leurs distances car elles ont percuté depuis longtemps les sentiments naissants entre les deux. Le Chara design est très beau également et Nagatoro sort un peu des clichés avec sa peau plus bronzée et son espèce de dent pointue qui lui donne l’allure d’un chat. Les génériques de début et de fin sont colorés et entraînants et complètent une œuvre sympa tout du long. Je terminerai en disant qu’il faut absolument le regarder en version originale sous-titrée car la version française n’est malheureusement pas à la hauteur (je suis généralement pro version française mais tout dépend des franchises et dans ce cas-ci, la VO est clairement conseillée).

Les + :

  • Les deux personnages sont extrêmement différents et il était pratiquement impossible que les deux se rencontrent jusqu’à un petit accident fortuit. La prise d’intérêt de Nagatoro pour Senpai va être notre fil conducteur pour passer le cap du premier épisode et découvrir quel genre de relation ils entretiennent finalement.
  • On sourit bêtement à la fin de chaque épisode. C’est parfois lourd car Nagatoro est une vraie plaie avec Senpai, mais le final est presque toujours touchant.
  • Il n’y a pas que Senpai qui évolue dans ce cadre mais Nagatoro également et le début de ses sentiments pour lui naissent subtilement et on se plaît à voir jusqu’où tout cela va mener.
  • Le personnage de Nagatoro justement est très bien dessiné, légèrement typée pour qu’elle marque encore plus la mémoire et n’entre pas dans les clichés traditionnels de la femme parfaite aux yeux des asiatiques. De plus, je trouve que le Chara design d’ensemble est particulièrement bien réussit (sans que ça soit un grand whoah ! non plus).
  • Le fait que les copines de Nagatoro, populaires également et surtout vis-à-vis de la gent masculine, finissent par l’intégrer à leur bande (finalement c’est elles qui vont vers lui et non l’inverse) est une forme de victoire pour un personnage qui n’y connaît absolument rien en relations sociales d’aucune sorte.

Les – :

  • La traduction française est juste tendancieuse et amène à avoir un faux apriori sur une œuvre qui ne propose rien d’obscène.
  • Il faut passer le cap du premier épisode où on se demande dans quoi on a mis les pieds et si c’est vraiment nécessaire de continuer.
  • Certaines scènes sont très gênantes mais elles sont faites à dessein et sont là pour sortir le héros de sa coquille.

En résumé :

Un jeune garçon, seul et particulièrement introverti, va rencontrer de manière fortuite une jeune fille qui va se découvrir comme passion de le harceler sans vergogne dans son quotidien. Bon, d’accord, le pitch expliqué ainsi ne donne pas envie mais c’est sans compter sur la capacité de l’auteure du manga qui réussit de manière subtile à faire accepter au garçon cette état de fait mais également à faire naître de cette nouvelle rencontre des sentiments improbables dans le cœur de la jeune fille. Il faut avouer que la manière dont Nagatoro s’en prend au pauvre senpai va peut-être en énerver plus d’un, mais notre intérêt va surtout se porter sur l’évolution des deux personnages, de manière personnelle mais également entre eux et les autres. Si vous vous laissez prendre au jeu, vous aurez un sourire à la fin de chaque épisode et pas de doute que vous aurez passé un bon moment car, au final, si vous aviez un objectif bien précis en regardant cet animé, au fil des épisodes, ce dernier ira se terrer en arrière-plan de votre esprit pour vous laisser profiter du visionnage. Une série Chill/Tranche de vie qui fait du bien et qui apporte un petit vent de fraîcheur dans mon monde bourré d’horreur, d’action et de combat, tout support confondu. Je suis déjà heureux d’apprendre qu’il y aura une saison 2 et j’espère que celle-ci restera fidèle à la direction artistique de cette première saison.

Note

8,5/10

Bande-annonce

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3 réflexions au sujet de « Avis Série : Don’t toy with me, Miss Nagatoro ! (S1) »

  1. Franchement j’avoue que la traduction française m’a fait avoir un super gros a priori sur le titre exactement comme tu le décris.. ton article me permet de nuancer ça. Ce n’est pas mon style d’histoire mais c’est intéressant d’en savoir plus du coup, merci 😊

    Aimé par 1 personne

    1. La traduction est presque une insulte et tend à faire passer un Slice of life pour un vulgaire Ecchi, ce qui semble être une tendance pour faire mieux « vendre », et je trouve ça d’une tristesse…
      Comme tu le sais ce n’est pas du tout mon genre (la BAGUARRE !!! Euh… de l’action et du sang je veux dire) mais là j’avoue que c’était rafraichissant de tenter une fois autre chose et ça m’a permis d’ouvrir un peu mes horizons à ce niveau là.
      De rien 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. En plus je ne suis pas sûre que ça fonctionne vraiment comme stratégie parce que beaucoup de gens doivent être rebutés comme nous par ce que la traduction laisse croire 😅 mais bon !
        Et oui je comprends bien ce que tu ressens parfois sortir de sa zone de confort et d’habitude ça fait du bien, y’a rien de mal à ça 🤷

        Aimé par 1 personne

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