Avis Film : Howl

Genre : Horreur
Réalisateur :  Paul Hyett
Scénario : Mark Huckerby, Nick Ostler
Production : Starchild Pictures
Acteurs principaux : Ed Speleers, Holly Weston, Shauna Macdonald,…
Origine : Royaume-Uni
Diffusion : Amazon Prime
Date de diffusion : Octobre 2015
Durée : 89 min.

Résumé :

Dans un train de banlieue londonienne, à la tombée de la nuit, le voyage se transforme en cauchemar lorsqu’un jeune contrôleur et un groupe de voyageurs se retrouvent à devoir lutter à mort contre des créatures maléfiques et terrifiantes.

Mon avis :

Dans ce film d’horreur britannique, nous allons suivre Joe (Ed Speleers, acteur principal du film Eragon), contrôleur de train désabusé à qui on vient de refuser le poste de directeur. En difficulté lorsqu’il s’agit de s’imposer face aux autres (et notamment face aux autres hommes), celui-ci est chargé d’assurer un nouveau voyage de nuit alors qu’il venait de terminer sa journée. Fatigué moralement et physiquement, il devra faire avec le bon vouloir ou le mécontentement des passagers parfois récalcitrants. Sa collègue, Ellen, dont il est secrètement amoureux, semble elle aussi en avoir marre de son job mais prend sur elle pour savoir payer les fins de mois difficiles. Tout se passe de façon morose quand le train s’arrête de manière brutale après avoir heurté quelque chose. Et c’est là que la fête (ou le carnage plutôt) peut commencer !

Difficile de renouveler le genre cent fois réutilisé à toutes les sauces du loup-garou. Qu’il soit un chef-d’œuvre comme « An american werewolf in London » ou une réinterprétation lissée à en pleurer dans « Twilight« , on en a eu pour tous les goûts, et pas toujours les meilleurs. Cependant, l’idée du lycanthrope reste, après toutes ces années, un thème sexy pour les amateurs de gore et d’horreur. Howl ne nous propose pas vraiment de nouveauté, et ce n’est pas forcément ce que l’on demande, mais il a l’audace de nous proposer un huis-clos dans un train de nuit particulièrement stressant.

Le décor et l’ambiance au service du scénario et compenser les lacunes

Le film met un bon quart d’heure avant de démarrer, le temps de mettre en lumière les différents protagonistes et la situation. Quelques minutes sont nécessaire pour installer le doute et le stress une fois le train arrêté mais après, c’est parti ! Une sortie hasardeuse dans les bois pour rejoindre à pieds le prochain arrêt, un retour en fuite qui ressemble à une débâcle face à une menace inconnue, les instincts et caractères de chacun qui vont ressurgir et apporter encore plus de tension dans un groupe assez hétéroclite,… Tout est réuni pour une bonne soirée paillarde à l’ancienne.

Bon, il faut avouer qu’une grande partie de l’intrigue et des scènes qui vont se dérouler sont prévisibles au possible si on a un peu l’habitude de ce genre de film, donc pas de grandes surprises à la fin du visionnage. Au-delà de cette prévisibilité, les effets de lumières et d’ombres (surtout lorsqu’il s’agit des créatures dans la forêt) sont une vraie réussite. On suggère les monstres de par leur forme et leurs yeux brillants, ce qui donne un effet assez flippant. Les effets de perspective et d’ambiance légèrement brumeuse, dans et hors du train, sont également intéressants. Par contre, lorsque les monstres (qui semblent être plus proches de l’homme que du loup) sont exposés à la lumière, c’est l’horreur visuelle (au propre comme au figuré). Les monstres (surtout le premier) sont physiquement ratés et l’ajout de CGI pour les expressions faciales et les jambes est tout simplement dégueulasse (heureusement, c’est moins flagrant chez les autres monstres mais tout de même). Après, le faible budget mis dans ce film peut expliquer ce rendu assez mauvais, mais il n’explique pas tout. Autre point qui blesse : le casting. Pas de grands noms si ce n’est l’interprète de Joe, Ed Speleers dont on retiendra son foirage complet dans le rôle d’Eragon dans l’adaptation éponyme qui fut une catastrophe cinématographique rare. Dans ce film, Speleers a gagné en maturité et bien que son personnage n’ait rien de convainquant au début, il va peu à peu le libérer et prendre la place qui lui est due pour en faire un personnage principal digne de ce nom pour un film de cette envergure. Les autres sont des clichés finis et bien que la femme d’affaire semble sortir son épingle du jeu, le reste est somme toute assez insipide et on ne pleurera aucunement la perte de l’un ou de l’autre en cours de route. On regrettera également les nombreuses incohérences, dialogues douteux et facilités scénaristiques qui viennent entacher un film qui, au final, est assez plaisant à regarder et à apprécier pour ce qu’il est. En parlant de final, ce dernier est assez satisfaisant, sans pourtant nous faire grimper au plafond, mais il a le mérite de bien clôturer ce petit film qui, malgré ses nombreux défauts, saura se faire apprécier par les amateurs.

Rha que c’est moche !

Voyons ensemble les points positifs et négatifs de ce film d’horreur.

Les + :

  • Les décors. Il est vrai que faire perdre un train en plein milieu de la forêt ne semble, dans le fond, pas hyper original, mais l’idée est là et très bien exploitée avec des scènes aussi bien dans les wagons qu’en dehors. On pourrait presque considérer le train comme un personnage à part entière, jouant et aidant au gré de ses envies les passagers.
  • Les jeux d’ombres et de lumières dans une atmosphère que l’on peut presque ressentir, l’humidité, le froid de la nuit, le brouillard, la pluie, la lumière de la lune et des lampes de secours dans les wagons,… autant d’éléments que le réalisateur a su utiliser pour mettre en place une ambiance oppressante en situation d’urgence. Les monstres où l’on ne voit que la silhouette et les yeux brillants dans la nuit rajoutent un flip bien sentit qui aura son petit effet.
  • Un Ed Speleers qui, malgré un début un peu poussif, arrive à faire oublier sa triste prestation dans Eragon pour endosser un rôle plus mature qu’il arrivera à faire monter en puissance tout au long du film.
  • La mise en valeur et le pointage des difficultés des chemineaux. Un message envoyé d’entrée qui souligne les difficultés liés à cet emploi très souvent ingrat et que même là, la concurrence est féroce.
  • Des moments bien sanglants. On ne nous montre presque jamais, ou très peu, la tuerie à proprement parler, elle est le plus souvent suggérée et évite les scènes de boucheries inutiles, ce qui permet sans doute à ce long-métrage d’être apprécié par un public peut-être plus large.
  • Un film qui, malgré ses nombreux défauts, reste un plaisir coupable assumé qui laisse malgré tout un bon sentiment. Il n’est d’ailleurs pas rare que de nombreux amoureux du genre lycanthrope le nomment lorsque des personnes demandent conseil pour un bon petit film de loup-garou sans prise de tête.

Les – :

  • Les monstres. Ah ça, ils sont monstrueux, mais dans ce cas-ci ce n’est pas un compliment. Autant le reste de la meute, passe encore. Mais le mâle alpha qui est le premier à se montrer est tout simplement dégueulasse. Et les mimiques faciales en CGI, mazette, c’est à pleurer.
  • Les acteurs, hormis l’ami Ed Speleers qui sauve la mise, sont caricaturaux au possible. Il y a la femme d’affaire forte pour qui on peut ressentir un peu d’empathie mais le reste… puis il y a des dialogues vraiment douteux qui ne leur rendent pas hommage et des décisions stupides prisent par les personnages dignes d’une série Z. Sans doute le plus gros point faible du film. Petit standing ovation pour le personnage d’Ellen (Holly Weston) qui est un des rares personnages qui ne sert purement et strictement à rien du début à la fin. Sacrée performance.
  • Incohérences et facilités scénaristiques sont très (trop ?) nombreuses pour ne pas être soulignées. Je ne vais pas les citer pour ne pas spoiler mais c’est tellement gros que vous le verrez bien assez facilement vous-mêmes. Et ce n’est pas parce qu’un film est de série B ou à faible budget qu’on peut mettre la cohérence au placard (pour ma part en tout cas).
  • On peut regretter la prévisibilité d’une grande partie du film si l’on a un peu d’expérience dans le genre. Pas de réelle surprise à la fin donc et c’est dommage.

Conclusion :

Howl est un huis-clos sympathique où loups-garou et bonnes gens du train de nuit vont se retrouver pour un pique-nique au milieu des bois. Il fait partie de cette catégorie de films pour lesquels on éprouve un réel attachement et dont on ne pourra que pleurer le manque de moyens et une meilleure mise en scène pour en faire quelque chose de culte. C’est la propre définition de Howl qui nous propose une escapade angoissante dans un train de nuit qui va s’arrêter au beau milieu d’une forêt brumeuse et où des hurlements de loups viendront bercer les pires cauchemars des passagers. Une idée de base très bonne, des décors qui oscillent entre les wagons du train (très étroit et anxiogène) et la forêt (grand espace où l’on ne voit pas à trois mètres à cause de la brume et de l’obscurité), une caméra suggestive et proche de l’action qui nous met souvent face aux personnages et nous apporte une réelle tension, un travail sur la lumière et l’ombre aussi bien dans le train qu’en extérieur pour mettre en valeur les créatures, autant d’éléments qui nous font dire que les points négatifs auraient tellement pu être évités si le budget avait été plus conséquent. Le budget ne fait cependant pas tout car aussi bien les monstres (mimiques faciales en CGI), que les acteurs (acting pauvre et sans saveur), ainsi que les nombreuses incohérences et facilités scénaristiques viendront ternir une proposition qui aura au moins eut le mérite de nous faire passer un bon moment. Et c’est tout ce qu’on demande finalement, mais l’amer goût du « ça aurait pu être beaucoup mieux » plane une fois le visionnage terminer.

NOTE
6,5/10

Bande-Annonce

2 réflexions au sujet de « Avis Film : Howl »

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