Avis Film : Love and Monsters

Titre original : Monster Problems
Genre : Comédie Post-Apocalyptique
Réalisateur : Michael Matthews
Scénario :    Brian Duffield, Matthew Robinson
Production : 21 Laps Entertainment, Entertainment One
Acteurs : Dylan O’Brien, Michael Rooker, Ariana Greenblatt, Jessica Henwick
Date de sortie : 16 octobre 2020 (Canada)
Budget :
30 millions $$
Durée : 109 min.
Pays d’origine : États-Unies
Diffuseur : Netflix

Résumé :

Sept ans après le Monsterpocalypse, Joel Dawson (Dylan O’Brien), avec le reste de l’humanité, vit sous terre depuis que des créatures géantes ont pris le contrôle de la terre. Après avoir renoué par radio avec sa petite amie du lycée Aimee (Jessica Henwick), qui est maintenant à 130 km dans une colonie côtière, Joel recommence à tomber amoureux d’elle. Alors que Joel se rend compte qu’il n’y a plus rien pour lui sous terre, il décide contre toute logique de s’aventurer vers Aimée, malgré tous les monstres dangereux qui se dressent sur son chemin.

Avis :

On n’en a entendu parler de ce Love and Monsters, une sortie cinéma reportée, Covid oblige, et racheté par Netflix pour le plaisir des spectateurs. Le film aura donc pris son temps pour apparaître devant nos écrans. Pour notre plus grand plaisir ? On va voir ça tout de suite.

L’introduction, narrée par le personnage principal Joel, tout en comics et animations (le tout teinté d’un cynisme délicieux), nous présente ce qui semble être une apocalypse d’un genre nouveau. Pour détruire une météorite, toutes les nations ont lancé leurs missiles nucléaires et les retombées ont eu un effet, disons, surprenant sur les animaux à sang froid (amphibiens, insectes, reptiles,…). Les animaux subissent des mutations importantes et deviennent de parfaites machines à tuer, décimant environs 95% de la population mondiale en quelques années.

Nous suivons ensuite le dit Joel (incarné par Dylan O’Brian, connu surtout pour son rôle principal dans Labyrinthe) qui nous explique ses conditions de vie et son quotidien dans des sous-sols qui deviennent de moins en moins sécurisés. Après avoir retrouvé et pris contact par radio avec sa petite amie du lycée, Aimée (Jessica Henwick, apparue dans Game of Thrones (Nymeria Sand) ou encore Iron Fist), il décide de la retrouver et de braver sa peur des monstres qui peuplent la surface.

Graphiquement, le film envoie du pâté…et parfois des viscères….

Bon, déjà, le contexte est clair, les objectifs précis, on remplit tout le cahier des charges du genre Post-Apocalyptique. Rajoutez à ça une touche d’humour cynique et une love story mielleuse comme tout, et vous obtenez ce film qui aura couté la bagatelle de 30 millions de dollars de réalisation. Cher payé pour une love story au milieu des monstres me direz-vous. Eh bien pas tant que ça.

On a quelques points à redire sur ce film comme son côté fort lisse, les intentions du héros ou une fin qui, malgré un twist final sympa, va à contre-sens de tout ce qui s’est déroulé avant que le film de démarre. Cependant, en termes de CGI, les graphismes sont d’une qualité rare (le film est d’ailleurs nominé aux Oscars pour les meilleurs effets visuels, et ce n’est pas immérité). En effet, les visuels des monstres sont superbes et les décors d’ambiance font ressortir très fortement ce côté où la nature a repris ses droits par rapport à la civilisation humaine. Côté personnages, bien que l’on ait quelques reproches à faire à Joel sur ses fausses blagues répétitives et maladroites qui engendrent une petite forme de gêne, il faut reconnaître que l’acteur O’Brian sait très bien retranscrire la peur ou l’émotion de son personnage et on y croit à fond, une belle performance, il est dans son éléments et ça se ressent. Quant aux autres, les rôles sont relativement mineurs en termes d’apparition à l’écran, le second rôle étant décerné à un chien du nom de Boy qui attend désespérément le retour de sa maîtresse (chien excessivement intelligent dans le film et nous proposant une vraie performance canine qui mérite un Oscar également). Le chien sert surtout à faire parler Joel dans son périple en solitaire où on en apprend à chaque étape un peu plus sur sa vie d’avant, sur ce que sont devenus ses parents,… La rencontre avec Clyde (Michael Rooker, très connu pour son interprétation de Merle Dixon dans The Walking Dead ou encore Yondu dans les Gardiens de la Galaxie) et la petite Minnow sera un tournant et les 4 compagnons feront un petit bout de chemin ensemble (on regrettera qu’ils n’en fassent pas plus tous les 4 d’ailleurs). Joel apprendra beaucoup de choses de ses 3 compagnons concernant la survie en surface. Niveau scènes d’action il y en a quelques-unes de belle qualité, c’est lisible et la pression est bien présente, on ne sait jamais qui s’en sortira ni comment.

On regrettera le côté gentillet du film. Alors certes on est ici dans un Post-Apo qui se veut un peu comédie cynique, il y a l’une ou l’autre scène vraiment forte émotionnellement (la partie avec le Robot Mavis m’a fait dresser les poils) et des leçons de vie à tirer de cette expérience, mais on se dit que c’est un peu trop lisse et aseptisé et qu’il s’agit là d’un film typiquement taillé pour toucher un très large public.

Voyons ensemble les points positifs et négatifs de ce long-métrage :

Les + :

  • Un scénario clair, les enjeux de base fixés dès le début, on sait où on va et quels sont les objectifs à courts et moyens termes. Simple et efficace.
  • Une qualité d’effets spéciaux exceptionnelle, qu’il s’agisse des monstres ou des décors. La nomination aux Oscars pour les effets numériques n’est pas volée et on en prendra plein les mirettes.
  • Les jeux d’acteurs, notamment celui d’O’Brian vu que le film est principalement centré sur lui, convaincants. O’Brian enfosse finalement à lui seul une grande partie du film et le réalise d’une manière très pro (je n’étais pas forcément fan du bonhomme dans d’autres films mais là, j’étais agréablement surpris).
  • Un chien super intelligent et attachant, qui mérite l’Oscar de la meilleure performance canine de la décennie.
  • Des scènes d’action lisibles et vraiment prenantes. On regrettera peut-être qu’il y en ait pas plus mais celles présentes sont si bien faites qu’elles suffisent au film.
  • Un bestiaire complexe et bien fournit, même si l’on aurait souhaité en voir encore plus. D’autres espèces sont visibles dans le carnet de croquis de Joel, et les dessins nous montrent quelques belles saloperies qu’on aurait adorer voir en action.
  • Des moments d’émotion très forts comme celui avec le robot Mavis.
  • Le twist final laisse penser qu’une suite est peut-être possible et est assez sympa, à l’image de tout le film finalement.
  • Le côté comédie cynique cache un fond de mélancolie palpable et sert à refouler une forme de maturité et de culpabilité face aux événements passés. Le concept fonctionne très bien et change des comédies un peu neuneue dont on est généralement habitués.

Les – :

  • Le personnage principal et ses motivations (être tétanisé à la vue d’un monstre, décider de rejoindre son amoureuse d’il y a 7 ans qui se trouve à plus de 130km au milieu des fameux monstres, c’est la love-story non crédible qui casse un peu toute la tragédie qui entoure la situation de la population encore en vie).
  • La fin qui te donne l’impression que les 95% de la population mondiale qui fut éradiquée étaient constituées principalement d’incapables et d’idiots et qu’après 7 ans on peut sortir à l’air libre sans trop craindre de se faire bouffer par des bestiaux qui résistent à des tirs de tanks… Bof quoi.
  • On aurait aimé voir Clyde et Minnow plus longtemps à l’écran.
  • Cette impression que le film est trop lisse et aseptisé pour toucher un public beaucoup plus large. Ah, ils ont raison dans un sens et on ne peut pas leur en vouloir, mais quand on voit des monstres géants bouffer les 9/10ème de l’humanité, on aurait voulu voir un côté horrifique un peu plus poussé, un peu plus sale et un peu plus sanglant (goûts personnels glauques, j’assume).
  • Je me demande, si les animaux à sang froid ont muté, la terre ne devrait-elle pas être radioactive ? Les humains ne devraient-t-ils pas être contaminés et mourir à cause d’une trop forte radioactivité ? Je ne sais pas, je demande car le « Ta gueule, c’est magique », ça marche pas trop dans ce cas de figure-là en fait…

Résumé :

Love and Monsters, qui n’aura connu qu’une brève apparition dans les salles américaines, nous a fait le plaisir d’apparaître sur la plateforme Netflix et de nous proposer une histoire assez sympa dans son ensemble. Joel vit dans un monde Post-Apocalyptique remplit de monstres mutants à sang froid qui ont décimés 95% de la population mondiale. Par amour, il va sortir de sa cachette pour retrouver sa petite amie d’il y a 7 ans située dans une autre colonie à 135km de là. Une forme de voyage initiatique où le héros devra franchir tous les obstacles, apprendre de ses erreurs, avoir un guide pour lui donner les clés de la réussite et le confronter à ses choix, effectuer le combat qui l’adoubera aux yeux de son entourage et lui donnera sa place dans ce monde. On remplit ici le cahier des charges de la Fantasy mais également du Post-Apo et de la romance Yound Adult. Quelques points négatifs viennent entacher un visionnage somme toute agréable, comme une fin qui ne colle pas à l’ambiance que l’on décrit au début, un ensemble trop lisse pour convenir au plus grand nombre et des personnages secondaires assez peu présents ou encore la non présence de radioactivité à la surface (mais sinon, il y aurait pas de scénario, et donc pas de film). Cependant, les qualités sont très fortes dans l’ensemble, avec une image irréprochable, un scénario clair, des scènes d’action lisibles, ainsi qu’un chien qui tient la vedette à presque lui tout seul. Le jeu d’acteur de Dylan O’Brian est à souligner également et on est toujours content de revoir la bonne vieille tête de Michael Rooker. Une comédie cynique Post-Apocalyptique qui aura laissé de côté une grande partie de l’aspect horrifique pour pouvoir plaire à un plus large public. Typiquement le genre de film que j’aurai bien aimé voir en série pour développer plus en profondeur les personnages secondaires et voir plus de monstres à l’écran. Mais quand on en veut plus, c’est que le film a été bon. Il remplit son office et c’est tout ce qu’on lui demande.

Note
8/10

Bande-annonce

2 réflexions au sujet de « Avis Film : Love and Monsters »

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