Avis Film : Army of the Dead

Titre original : Army of the Dead
Genre : Horreur/Action
Réalisateur : Zack Snyder
Scénario :  Zack Snyder, Joby Harold, Shay Hatten
Production : The Stone Quarry
Acteurs : Dave Bautista, Ella Purnell, Ana de la Reguera, Omari Hardwick,…
Date de sortie : 21 mai 2021
Durée : 148 min.
Budget : 90 millions $$
Pays d’origine : États-Unies
Diffuseur : Netflix

Résumé :

« Profitant d’une attaque de zombies à Las Vegas, un groupe de mercenaires fait le pari fou de s’aventurer dans la zone de quarantaine pour tenter le braquage le plus spectaculaire de tous les temps. »

« Tout ce que nous avons fait, toutes ces personnes que nous avons sauvées, regardez ce que cela nous a apporté. Et si juste une fois, nous avons fait quelque chose pour nous? »

Avis :

On retrouve l’ami Zack Snyder après son remarqué « Snyder’s  Cut » pour le film « Justice League » (que je n’ai pas encore vu au passage) qui retourne à ses premiers amours (le premier film du scénariste étant « Dawn of the Dead » en 2004, quand l’originalité vous tient…), les zombies.

Il n’est pas trop exagéré de dire que la sortie de ce film sur la plateforme avec un grand « N » était au moins aussi attendu que la réouverture des terrasses après des mois de confinement. Un peu à l’image de l’annonce de la sélection des joueurs qui représenteront leur pays pour la Coupe d’Europe, des centaines de milliers de personnes y sont allées de leurs commentaires, parfois excellents, parfois totalement destructeurs. Autant dire qu’il s’agit là d’un film qui ne laisse pas indifférent, qu’il s’agisse des analyses positives ou négatives.

Alors, qu’en ai-je pensé suite au visionnage ? Eh bien mes amis, c’était vraiment un bon délire !

Le pitch est relativement classique : un convoi exceptionnel transportant un « coli » important en provenance de la « Zone 51 » a un malencontreux accident (j’avoue, j’ai eu un rire totalement coupable sur cette scène) et laisse échapper le dit coli, juste à côté de la ville de Las Vegas. Et devinez quoi ? Les ennuis commencent !

L’un des premiers points sur lesquels j’avais peur, c’était le développement des personnages. Beaucoup disaient que cet aspect était bâclé. Je leur répondrai qu’ils ont certainement loupé ce que voulait dire le mot « bâclé ». On a ici une équipe d’une dizaine de personnes, toutes présentées dans leur contexte de vie, avec leurs spécialités et leurs compétences mises en avant. Alors oui, il y a des choses à redire, bien entendu, mais de là à dire que c’est bâclé… On retiendra surtout Scott Ward (alias Dave Bautista, ex star du catch et acteur bien établit à Hollywood), ancien militaire ayant perdu sa femme dans les incidents de Las Vegas et en froid avec sa fille. J’ai particulièrement apprécié sa prestation, à mi-chemin entre le père rédempteur et le vétéran badass qui éclate du zombie avec précision. Les autres personnages ont de la valeur également (Vanderohe est excellent et la Frenchie nommée « La Coyote » également) mais les citer tous avec leurs particularités serait trop long, mais sachez juste que chaque personnage est bien barré (j’ai bien aimé le petit clin d’œil du bandeau rouge pour le personnage de Vazquez dans le film « Aliens », mode femme latino badass). Dédicace au « méchant » de la bande qui a réussi l’exploit d’être autant détesté pour son côté cliché, sa méchanceté mais également sa débilité (en vrai tout ce que ce mec a pu dire ou faire, c’était écrit, c’était devinable et inévitable, je n’attendais rien de ce personnage et j’ai pourtant réussi à le détester).

Côté monstres, le traitement des zombies est un vent de fraîcheur dans le paysage du genre. On a une sorte de mâle Alpha, qui se nomme Zeus (vous comprendrez bien pourquoi en regardant le film), qui est le « patient 0 » quelque part, qui transforme les humains en autres alphas, ces derniers qui transforment les autres humains en boiteux (zombies plus lents), ces boiteux qui ne supportent pas la lumière du jour et qui hibernent, Zeus qui a une reine, des zombies à qui il faut faire un « sacrifice » pour éviter la confrontation sur leur territoire, des animaux de compagnie sympas (coucou le tigre), communication par des cris (très stylés et flippants). Bref, ce ne sont pas de « simples » zombies. Le concept de hiérarchisation, la notion de territoire en plus d’autres éléments dont on ne sait pas encore tout (car il y aura des suites et même un préquel en animation pour expliquer comment on en est arrivé là, il y a un gros projet derrière le premier film), je trouve qu’on propose vraiment quelque chose de différent au sujet de nos morts-vivants préférés. On peut vraiment parler de société de zombies finalement. On aura aussi l’occasion dans le futur de répondre à la question des zombies « robots » (qui, perso, m’ont fait penser aux zombies du début du jeu « Mass Effect »). On se dit qu’on part dans le grand n’importe quoi, mais au moins, quelque chose d’original semble se dégager et nous sort des schémas traditionnels.

Côté scénar, on ne fleur pas forcément le renouveau dans le genre. Un riche personnage souhaite engager une équipe d’expert pour rapatrier 200M de $$ et promet 50M à l’équipe. Ils n’ont qu’une fenêtre de quelques heures avant que toute la ville n’explose (tension du timing qu’on ne ressent vraiment qu’à la fin du film). Rien de neuf sous le soleil américain.

Pas mal d’actions, de flashbacks, mais également quelques séquences émotions parfois bienvenues, parfois trop longues et à des moments, disons, pas vraiment appropriés. Il y a un côté assez prévisible tout au long du film, quelques séquences où on regrette la facilité ainsi que quelques incohérences. Pour finir, on ressort de ce visionnage avec l’impression que ce film aurait pu être épique (surtout avec un tel budget), mais non. À défaut, on retiendra surtout qu’il s’agit d’un bon kiffe (peut-être un peu trop long) et qu’il pose la première brique d’une œuvre bien plus grande. On notera également les 15 premières minutes du film avec le générique envoie vraiment du lourd avec des scènes en slow-motion qui nous font vivre (un peu à la façon de « Zombieland ») les heures où la ville de Las Vegas est tombée aux mains des morts.

Voyons ensemble les points positifs et négatifs de ce long-métrage :

« Quelque part entre quitter ton cul et sauver le mien, j’ai développé une conscience. C’est épuisant. »

Les + :

  • Un film qui pose les bases de chaque personnage, les inclus dans leur contexte de vie et où on prend le temps de les introduire. Du coup, on nous permet d’avoir un éventuel affect avec chacun d’entre eux.
  • Un générique de dingue, mêlant habillement scènes de fin du monde et humour !
  • Un film visuellement sympa et des maquillages de monstres au top (mention + pour la reine des zombies).
  • En parlant de zombies, gros point positif du film. Avoir créé finalement une « société », ayant leur propre territoire, leurs règles et leur hiérarchie, on nous propose vraiment du neuf de ce côté-là. On aperçoit également des zombies « robots » dont l’origine sera normalement dévoilée dans le préquel d’animation qui est en cours de développement. On arrive à faire en sorte que l’envahisseur et le « méchant », c’est finalement l’être humain qui s’introduit sur le territoire des morts. Bien joué.
  • On sent malgré tout une certaine tension constante sur la deuxième partie du film avec pas mal d’action, des morts, des combats rapprochés,… et puis de l’émotion, notamment dans la relation père/fille où on est obligé d’y voir un parallèle avec l’histoire du réalisateur et sa propre histoire (pour rappel, Snyder a perdu sa fille lors du tournage de Justice League).
  • La bande son, une marque de fabrique de l’ami Snyder, en parfaite coordination avec les différentes scènes.
  • Un premier film qui pose les base d’un concept beaucoup plus grand. On le sent. On a hâte de voir les origines de tout ce bordel (surtout en animation, on aura du gore à gogo à mon avis) et les événements qui se dérouleront après la fin du film.
  • Y a un tigre zombie bordel !

Les – :

  • La longueur du film. Je peux comprendre que certains se soient plains. 2h20-30 de film, c’est pas rien, surtout avec des zombies. On aurait peut-être pu réduire cette durée mais pas de beaucoup car malgré tout, Snyder prend le temps justement de poser les éléments, d’introduire les personnages et les enjeux. Personnellement, je n’ai pas été dérangé par ce timing à rallonge, mais je comprends que certains aient trouvé ça long.
  • Quelques scènes d’émotions où on se dit « mec, qu’est-ce que tu fous, tu crois vraiment que c’est le moment ? ». Bref, quand elles sont là, on comprend pourquoi, mais on ne comprend pas le timing et les dites scènes sont parfois un peu trop longues à mon goût.
  • Comme dans beaucoup de films, il y a plusieurs facilités scénaristiques ou incohérences tout au long du film. Je ne vais tout citer ici, vous vous ferez votre propre opinion mais encore une fois, ça ne m’a pas dérangé plus que ça.
  • Le scénario assez classique finalement. On ne sort pas de ce qui a déjà pu être fait et on se dit qu’on aurait pu être plus inventif, à l’image de la société zombie.
  • Le tigre nous a été vendu comme un truc de dingue ! Au final, il n’apparaîtra que 3x (dont 2x de manière très limitée). De plus, je le trouve peut-être un peu trop « normal » dans sa démarche. Je m’attendais à un truc un peu moins félin, surtout avec la moitié du visage où on ne voit que l’os. Mais je suis tatillon.
  • Un budget assez important (90 millions tout de même), on était peut-être en droit de s’attendre à plus.

Conclusion :

Un groupe de mercenaires doit dévaliser une banque dans un Las Vegas post-Apocalyptique envahit par des zombies d’un genre nouveau. Gouvernés par un groupe Alpha, les morts-vivants sont hiérarchisés, surveillent leur territoire et reçoivent des offrandes des humains comme droit de passage. Bien que le pitch de base soit du classique, le concept des zombies est une vraie bonne idée. Le film prend le temps d’introduire les personnages dans leur contexte et l’on ressent une certaine empathie pour ces personnes qui vont risquer leurs vies pour quelques billets. L’occasion également pour le héros (bien campé par un Bautista un peu plus dans l’émotion) de renouer avec une fille qui ne lui parle plus depuis la catastrophe de Las Vegas et qui fait également écho à l’histoire personnel du réalisateur. Un film à gros budget qui jette ici les bases pour un projet beaucoup plus grand avec un préquel en animation et une suite directe à la fin de ce 1er opus, ce qui peut expliquer les zones d’ombres comme par exemple d’où vient l’Alpha qui réussit à s’échapper, pourquoi on remarque des zombies robots,… Donc un scénario un peu téléphoné, dans lequel on peut presque deviner ce qui va se passer si on a plus ou moins l’habitude de ce genre de film, quelques longueurs et des scènes d’émotions qui auraient pu être raccourcies ou mises à des moments différents, quelques facilités scénaristiques et incohérences viennent égratigner un long-métrage qui, pourtant, a des qualités à revendre et nous propose malgré tout un beau spectacle. On ne boude pas son plaisir et on a hâte de voir ce que la série et le deuxième vont donner. Il est juste dommage qu’autant de personnes aient violemment critiqué le film, ces derniers ayant sans doute oublié ce qu’était un mauvais film de zombies.

Note
7/10

Bande-annonce

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