Avis Lecture : La nuit du Seum (Julien Noël)

Informations :

  • Édition : Aux 3D
  • Parution : 10 Juillet 2020
  • Nombre de pages : 148 pages
  • Prix : 3,99€ (Ebook)
  • ISBN : 9782960226829

Résumé :

Le 10 juillet 2018, la Belgique affronte la France en demi-finale de la Coupe du monde de football. Dans le bar de sorciers que vous connaissez bien, tous les yeux sont rivés au téléviseur, et quand l’équipe des Bleus anéantit finalement vos espoirs de finale, l’assemblée réagit avec la mauvaise grâce qu’elle rendit sitôt proverbiale. De tous les sorciers présents, c’est sur Patte-de-Bouc, votre mentor, que la nouvelle a le plus grand effet. Fou de rage, il ourdit le projet de venger l’honneur national en maléficiant l’équipe de France. Son plan de bataille n’est cependant pas prêt avant que vous ayez éclusé de nombreuses bières, et peut-être n’avez-vous plus tout votre entendement lorsque vous acceptez d’être son complice. Le sort requiert des composants rares et, à cette heure, l’illégalité ne vous fait pas peur. Vous voilà donc embarqué dans une quête éthylique à travers toute une ville qui n’est pas exempte de dangers. En chemin, vous croiserez une galerie de personnages truculents, et peut-être même le diable en personne…Un roman dont vous êtes le héros à découvrir dès 14 ans.

Julien Noël

« Buvez les amis. Les soirs néfastes, il faut les mettre en bière ! Si on m’avait dit…si on m’avait dit que je verrais le jour où les pires sorciers du monde nous regarderaient à nouveau en conquérants… »

Mes impressions, les français ne sont pas prêts !

Le Seum… ce terme qui, aujourd’hui, est utilisé à outrance par les supporters français pour qualifier, nous, les petits belges suite à notre défaite en demi-finale de coupe du Monde de Football. Faut dire que les interviews de nos joueurs après le match ne nous ont pas aidées à ne pas passer pour de mauvais perdants (merci Courtois). Mais à une marche de la grande finale, qui n’aurait pas eu le Seum ? Mais pendant que nous, nous traînons notre Spleen de n’avoir pu atteindre pour la première fois les sommets, nos chers voisins, eux, traînent dans l’ombre de leur victoire des histoires telles que Knysna (le bus de la honte) ou encore des histoires de sextapes truculentes à souhait. À chacun sa croix à traîner sur le chemin, ou devrais-je dire, le terrain…

Nous voilà donc avec ce livre numérique bien particulier. En effet, il s’agit d’un livre-jeu, dans la même veine du « un livre dont vous êtes le héros ». Vous incarnez votre propre personnage, on vous appellera aimablement bizuth. Vous côtoyez le monde des magiciens de la ville de Liège et vous effectuez des missions pour essayer de vous y faire une place. Dans votre quête, vous êtes accompagné de votre contact et mentor, Patte-de-Bouc, un receleur unijambiste réputé dans le milieu.

Alors que vous êtes au bar nommé « Le Pauvre Job », vous assistez, le soir du 10 juillet 2018, à ce qui sera l’un des moments les plus traumatisants du football belge, la défaite en demi-finale contre le voisin français en Coupe du monde de Football en Russie. Cet événement ne passera pas au goût de Patte-de-Bouc qui, après quelques litres de bière à son actif, aura une envie irrépressible de se venger. Ce qui a de bien avec la magie, c’est qu’elle permet moult possibilités que les sans-magies n’ont même pas idée.

Si le football est ici utilisé comme prétexte, le récit va nous apporter nombre d’informations historiques sur des précédents qui ont amené français et belges à s’entretuer (la Bataille des Éperons d’or (à Courtrai, à quelques km de chez moi) pour ne citer qu’un exemple). Le football est un accessoire qui déguise la réalité, la lutte des modestes face aux nobles et aux riches.

Pour celles et ceux qui ont déjà l’expérience des livres-jeu, ou qui ont un affect aiguisé pour les jeux vidéo à choix narratif (The Witcher forever ❤ ), vous ne vous perdrez pas dans les méandres des possibilités qui s’offrent à vous à la fin de chaque chapitre. Certains choix de discussion vous donneront des explications historiques comme d’autres vous feront avancer directement sans fioritures, mais vous passerez peut-être à côté d’objets qui vous aideront plus tard dans votre quête,…

Ce livre, c’est :

  • 240 chapitres articulés
  • 2 fins victorieuses différentes
  • 13 manières de perdre
  • 131 embranchements
  • 223 choix possibles
  • 3 points de sauvegarde
  • Un nombre incalculable de litres de bières ingérées ! Hic !

Hic ! … Si vous n’avez aucune expérience de la chose, comme il s’agit de numérique, pas besoin d’aller chercher les pages en fonction de vos choix, un simple touché (non rectal) sur la proposition suffit pour atterrir à la suite de l’histoire. Je déconseille naturellement de « feuilleter » page par page car vous serez alors perdu et risquez de ne jamais retrouver le fil de l’histoire. Pas besoin d’expérience donc ou de connaissances quelconques pour démarrer cette aventure. Pour ma part, j’ai perdu 2 ou 3 fois (car j’avais trop bu) avant de faire une ligne droite jusqu’à la fin de l’histoire. Fin qui, au passage, m’a laissé un petit goût de trop peu. Par contre, la bière est bien présente tout du long et ce n’est pas pour nous déplaire ! Hic !

À noter également… Hic !… qu’il s’agit du 4ème épisode de la série « mauvais sorts ». Ne vous en faites, pas, inutile d’avoir lu les trois autres pour démarrer « La nuit du Seum ». Il peut se lire indépend…. indépendammm Hic !… Pardon ! Indépenda quoi ?

Hic !… Ce genre le lecture fait un peu échoooo ♫ à celle que j’avais eu l’occasion de lire de l’auteur Ange Beuque (Malédiction), mais le récit de Julien NOËEEELLL, QUAND TU DESCENDRAS DU CIEEEELLLL ♫… Ahem… le récit de Jean Noël est ici beaucoup plus incisif, rapide, et surtout, il secoue les racines patriotiques ! Je ne compte plus les… Hic !… bières que j’ai ingurgitées tout au long de… Hic !… de ma lecture et de cette aventure. ‘Scusez-moi, mais on ne ressort…Hic !… pas clean de cette expérience. Santé ! ❤

La situation nous échappe ! Voilà qu’ils sont deux, maintenant ! Hic !

« Verre plein je te vide, verre vide je te plains, et plus je te vide plus je suis plein. »

Ce que j’ai aimé

  • La couverture. De belle qualité, les lettrines et le fond nous rappellent le Moyen-Âge. Avec le ballon, on sent que football et Histoire seront étroitement liés.
  • Les chapitres sont courts et incisifs. On n’a pas le temps de s’ennuyer entre chaque prise de décision.
  • Au-delà du côté purement mécanique, on apprend pas mal sur l’Histoire de certaines parties de la Belgique et de ses habitants. De bons rappels pour certains, des découvertes pour les amateurs d’Histoire qui souhaitent en connaître un peu plus.
  • Les expressions belges et autres mots flamands devraient en déstabiliser plus d’un de l’autre côté de la frontière. J’ai bien ris face à des expressions (en schmet) ou en essayant d’imaginer nos amis français prononcer certains mots.
  • La plume de l’auteur. On sent une belle maîtrise de la langue et une volonté de bien écrire sans vouloir faire étalage d’un vocabulaire trop riche. Il y a un juste équilibre entre les moments un peu plus soutenus de la langue et les envolées fleuries des personnages.

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

  • Pour le côté purement pratique, j’ai parfois eu du mal dans la sélection des choix narratifs. Peut-être utiliser une police plus grande pour les choix ? Parfois, il me renvoyait à la page d’avant ou d’après et je me suis un peu l’une ou l’autre fois demandé pourquoi j’avais fait un saut dans le temps. Après, d’autres auront peut-être le doigté plus fin que moi et cela ne les gênera en aucune mesure.
  • La fin m’a un peu laissé sur… ma soif ^^ Toute cette aventure pour finalement…juste ça. Je m’attendais à une fin explosive et je me suis pris un pétard mouillé. Mais ça n’engage que moi.
  • Un peu rapide à finir. Même si j’ai perdu 2-3 fois, j’ai, avec l’expérience des jeux vidéo narratifs, trouvé assez rapidement mon chemin pour terminer d’une traite. J’imagine ce que ce genre de roman doit exiger comme travail pour l’auteur mais je n’aurai pas rechigner à quelques chapitres de plus, avec encore plus de folie et d’Histoire sur notre beau pays.

Conclusion

Livre-jeu en numérique qui joue avec le patriotisme belge suite à la défaite de l’équipe nationale de football face aux voisins français il y a deux ans de cela. La France entière, suite aux déclarations de nos joueurs, a trouvé que nous avions le seum ! C’est ce sur quoi l’auteur tabule pour filer son histoire. Des magiciens, dégoûtés par cette défaite imméritée, veulent se venger et cherchent un moyen de faire payer à l’équipe de France cet affront, un de plus dans la longue histoire entre les deux pays, et pas que footballistique. Une histoire dans un contexte Fantastique et dont vous êtes le protagoniste principal par vos choix en fin de chaque chapitre. Si les livres-jeu peuvent en rebuter certains par le concept, la version numérique permet une approche plus rapide et facile pour ce format. Les explications historiques, le patriotisme ambiant et la plume inspirée de l’auteur nous aident à nous immerger dans un récit qui parlera à de nombreux belges, mais également aux français qui oseront tenter l’expérience. La fin m’aura laissé un goût de trop peu malheureusement et j’ai trouvé l’expérience un peu trop courte, mais ça c’est le signe que la bière était bonne. Une boisson à consommer sans m… Je veux dire, un livre à consommer sans modération et à rejouer pour découvrir tous les embranchements.

Note

8/10

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> L’encéphalovore, emigaudry, Books Feed me More,…

2 réflexions au sujet de « Avis Lecture : La nuit du Seum (Julien Noël) »

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