Avis Lecture : Chevaliers errants (Mots&Légendes Éditions)

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Informations :

  • Édition : Mots&Légendes Éditions
  • Parution : Fin 2019
  • Nombre de pages : 412 pages
  • ISBN : 978-2-37227-077-9
  • Prix : 20,00€ (broché)

Résumé :

Qu’ils soient à la recherche de rédemption, porteurs d’un vœu de vengeance inaltérable, serviteurs de la lumière ou dévoués à la destruction du monde : les chevaliers noirs et les chevaliers errants sont réunis dans notre anthologie pour vivre leur plus grande aventure.
 
Hommes, femmes, adolescents ; ils servent un idéal ou une obsession, veulent accomplir une mission qui les dépasse ou retrouver quelque chose qu’ils ont perdu… dans tous les cas, ils y consacrent leur existence, et parfois bien davantage.
 
Au cours de quinze récits, partagez leur raison de vivre et découvrez l’aboutissement de leurs quêtes !

Anthologie dirigée par Jean Bury, avec les nouvelles de : Carl Ansen, Florence Barrier, Olivier Boile, Anthony Boulanger, Kaliom Geefker, Brice Gouguet, Kevin Kiffer, Stéphane Lavenère, Mélaine Naël Legrand, Ambre Melifol, Émilie Milon, J. A. Reeves, Guillaume Sibold, Franck Stevens et Laurence Vigne.

Illustration de couverture de Rumyana Zarkova.

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Acquisition du livre, un partenariat « Simplement Pro »

Nouveau partenariat avec la plateforme de mise en relation directe auteur/chroniqueur « Simplement Pro ». Vous vous souvenez peut-être de la première critique en lien avec ce site, il s’agissait du recueil de nouvelles horrifiques « Terminus pour l’humanité » d’Arnaud Niklaus, un recueil qui m’avait agréablement surpris et sur lequel je n’aurai probablement jamais entendu parler si je ne m’étais pas inscrit sur ce site.

Pour les blogueurs en mal de lecture ou en recherche de SP, je vous invite à tenter l’expérience car il y a les auto-édités mais également des ME traditionnelles comme Livr’S Éditions, Mots & Légendes Éditions ou encore Nutty Sheep. Vous pourriez tomber sur l’une ou l’autre bonne surprise.

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L’oeuvre décortiquée et appréciations

Tout d’abord, je tiens à remercier de nouveau les éditions Mots&Légendes Éditions pour l’envoi du SP et pour ce partenariat. En effet, nous avions déjà eu la chance de collaborer pour l’anthologie « Malédiction », anthologie qui m’avait fait très bonne impression et dont l’article est l’un des plus lus sur le Blog.

Les « Chevaliers errants », un thème que je n’aurais pas craché dessus pour y participer. Le thème nous évoque ce vieux fantasme de gosse, devenir un chasseur solitaire pourfendeur de dragons et de bestioles en tout genre, sauver la princesse et devenir le héros de tout un peuple. Image imprégnée dans l’imaginaire collectif mais heureusement, les auteurs ne s’en sont pas arrêté là et le format de novélisation permet de découvrir moult univers et de situation dans lesquelles nous n’aurions jamais imaginé un chevalier prendre place. Et pourtant…

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On démarre avec la préface de Jean Bury qui décrypte pour nous l’éventail des possibilités qu’offre le thème du chevalier errant et nous invite à la lecture en nous proposant un petit teasing de chaque nouvelle et des thèmes qu’elles abordent. Je ne suis cependant pas forcément en accord avec lui lorsqu’il énonce : « ce qui définit un chevalier, ce n’est pas l’adoubement, c’est la quête ». Pour moi, le chevalier est avant tout un noble qui a été élevé au rang de chevalier et qui a pour mission de défendre son suzerain. Après, je comprends l’idée qu’il a de la chevalerie. On peut être chevalier sans l’être dans ses actes et son attitude alors que celui qui agit pour défendre les opprimés tout en châtiant les méchants possède une attitude chevaleresque mais n’en n’a pas forcément le titre. Je ne suis donc pas en total accord sur la forme mais j’adhère sur le fond et les textes choisis reflètent grandement cette prise de position.

  • Des anges et des hommes (Carl Ansen)

De quoi ça parle ? Dans un monde imaginaire, les hommes sont soumis aux Anges, classe dirigeante et arrogante. Dans la cité de Golanz, la petite Blair, accompagnée par son ami Golem, un homme de pierre, fera l’amer expérience de se trouver sur le chemin des maîtres. 20 ans plus tard, Blair, devenue une guerrière accomplie, reviendra là où s’est joué la tragédie qui aura alimenté son désir de vengeance toute sa vie. Alors qu’elle évolue dans un monde dans lequel les rôles se sont inversés, jusqu’où sera-t-elle prête à aller par vengeance ? Ce désir la mènera-t-elle vers la perte de son humanité ou vers le salut ?

Avis : On démarre fort avec un texte qui l’est tout autant. Cruauté, crasse, noirceur, morts, et j’en passe. Un tableau bien sombre dans un monde où l’on côtoie pourtant des anges, des êtres célestes qui devraient briller de mille feux. Un texte que j’ai beaucoup apprécié, qui dégage des émotions puissantes, qui amène à la réflexion et avec une fin émouvante. La prise de position des éditions pour mettre en premier un texte avec une femme en personnage principal n’est, à mon avis, pas innocent et montre qu’une attitude chevaleresque n’est pas l’apanage des hommes. Un très bon texte !

« Ces êtres maudits, caricatures des enfants de Dieu, se sont autoproclamés des anges, mais ils ne sont rien d’autre que des démons ! Avec leur langue fourchue, ils nous ont asservis durant des siècles, nous les véritables fils et filles du Seigneur ! Avec leur venin, ils nous ont plongés dans la peur et la méfiance envers notre semblable ! Mais l’heure est venue où le Seigneur nous a ouvert les yeux et nous a fait prendre conscience de notre destin ! »

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  • À feu et à aube (Kévin Kiffer)

De quoi ça parle ? France, 18ème siècle. Josette, originaire de Monteaux, et son père sont attaqués alors qu’ils sont sur le bateau familiale. À son réveil, elle se retrouve sur l’un des vaisseaux les plus prestigieux de la flotte française : « Notre Bon Louis ». Elle fait la rencontre de Tamis, une dame de charge, et de Gabriel de Jouffroy d’Albans, capitaine du navire et atrocement mutilé par des brûlures au visage. Cet homme semble poursuivre quelque chose. Serait-ce le monstre qui l’a attaqué ? Est-elle la seule à avoir subie un tel assaut ? Quel sera son rôle sur le navire le plus puissant de France ?

Avis : Voyage dans le passé, dans une France aux relents uchroniques et Steampunk et nappé de Fantastique avec des créatures qui semblent sévir dans une région en plein chaos et en proie au doute. L’auteur sait narrer une description précise de ce qui entoure Josette et sait parfaitement poser les enjeux auxquels elle devra faire face pour survivre. J’aurai préféré un peu moins de description du bateau et un peu plus d’action bien que nous sommes en format « nouvelle », je ne peux donc pas en exiger de trop (vous connaissez mon amour pour la BAGUARRE ! … pardon). Univers vraiment intéressant qui mérite sans doute d’être exploité dans un roman. Une fin épique qui mérite une suite.

« Vous ne faites pas très militaire, indiqua Josette.
– Pas d’uniforme, pas de drapeau, mais de l’ordre et une bénédiction divine, ça suffit à tout marin. »

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  • Vivre par l’épée (Franck Stevens)

De quoi ça parle ? Alina l’impétueuse et Florin recherchent un chevalier noir dont on raconte qu’il serait invincible et qui terrorise la population partout où il passe. Accompagnés de leur maître, Drusdan, l’une des plus fine lame du royaume, ils sont mandatés par le duc de la région pour tenter de résoudre le problème. Lorsqu’ils tombent nez à nez avec un étranger qui semble également chercher le chevalier noir, tout part en vrille. Qui est cet homme ? Quelles sont ses intentions ? Va-t-il les aider dans leur quête ou au contraire les mener à leur perte ?

Avis : Le titre porte très bien son nom et prend tout son sens vers la fin de la nouvelle. Un texte assez sombre avec un background solide. La mythologie des épées maudites dans ce récit est très bien ficelée et l’étranger est classe dans son rôle. Cependant, j’ai vraiment eu du mal avec Alina, mais j’imagine que c’était voulu de la part de l’auteur. Personnellement, un personnage trop imbu et insupportable me sort un peu de ma lecture. Dommage car il y a vraiment tous les ingrédients pour me plaire : noirceur, combats et sang. Une fin un peu rapide à mon sens mais justifiée.

« Grand comme un géant, fort comme dix hommes, errant dans les campagnes vêtu d’une cuirasse noire constellée du sang de ses victimes, son épée enflammée incinérant les fermes et les innocents qui se trouvent sur son chemin… »

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  • Humanité (Guillaume Sibold)

De quoi ça parle ? Dans un monde apocalyptique, le Vagabond recherche l’Abri, dernier lieu sain où l’humanité peu se réfugier, car le feu nucléaire a ravagé le monde et transformé de nombreux hommes en bêtes. En plus des zones radioactives, les gangs et les mutants hantent les villes détruites et les chemins au milieu d’un désert étouffant. Le Vagabond trouvera-t-il ce pourquoi il se bat chaque jour de sa vie ? Ou un monstre ou des pillards cannibales auront-ils raison de sa quête ?

Avis : Guillaume Sibold avait déjà réalisé une nouvelle dans l’anthologie « Malédiction » qui se déroulait également dans un univers post-Apo, thème qu’il semble tout particulièrement apprécier pour développer ses récits. Univers bien travaillé, aux allures de Mad Max, avec un personnage solitaire qui tente de survivre pour atteindre un but improbable. Pas forcément originale, l’histoire a cependant le mérite de nous plonger les pieds joints dans un stress palpable et dans un monde où l’humanité a laissé place à la barbarie. On aime !

« Ceux qui étaient trop sûrs d’eux mourraient rapidement. Et pas de manière propre. »

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  • La toile et l’épée (Florence Barrier)

De quoi ça parle ? Lyonel est un paladin solitaire. Sa mission ? Contribuer au bien-être de la population grâce à son épée « Cendrevent ». Lionel est un adolescent de 17 ans, passionné par un jeu vidéo en ligne. C’est un geek solitaire qui subit les brimades répétées de sa mère. Tandis que son paladin effectue les missions à coups d’épée et s’endort à la belle étoile, lui tente d’être un héros silencieux dans les lieux publics dans lesquels il se trouve. L’avatar numérique et le jeune garçon sont-ils liés d’une quelconque façon autre que le simple jeu vidéo ? Et qui est cette vieille dame qui semble apercevoir ses actions bienfaitrices sans qu’il n’en retire aucun mérite ?

Avis : Histoire bien menée avec un mélange virtuel/réalité un peu déroutant mais intéressant. La partie réalité prend plus le pas sur le virtuel et bien que le paladin soit un chevalier accompli, on s’intéressera surtout à l’adolescent aux actions discrètes mais chevaleresques. On se prend d’affection pour ce personnage tiraillé entre son univers virtuel et le monde réel qui ne semble pas le remarquer hormis sa mère qui n’a que des mauvais mots pour lui. Un texte assez soft comparé aux précédents, qui amène un peu de modernité et touchera celles et ceux qui se reconnaîtront à travers ces lignes.

« Que représentaient quelques minutes par jour occupées à aider les autres à leur insu ? Car tout le plaisir était là : l’absence de reconnaissance. La satisfaction d’une bonne action, sans contrepartie ni remerciement. La justice anonyme. »

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  • Le roi des vermines (Brice Gouguet)

De quoi ça parle ? Waff est un enfant robuste mais très idiot et affublé d’un bec-de-lièvre. Recueilli par le roi en tant que bouffon, celui-ci, deviendra gladiateur puis chevalier du roi pour instiller la peur chez l’ennemi. Sa difformité et sa force étaient ses atouts. Mais il déçoit le roi en aimant une femme mariée que ce dernier convoitait. Elle avait su voir au-delà de sa laideur et Waff n’a pas su la tuer lorsque le roi le lui a ordonné. Pour le punir, les autres chevaliers le passent à tabac et lui greffe un masque de fer chauffé à blanc sur le visage. Waff survivra-t-il à ses blessures ? Pourquoi le roi et ses chevaliers semblent-ils autant lui en vouloir alors qu’il faisait partie des leurs ?

Avis : L’une des plus belles nouvelles de ce recueil, rien de moins. Une fin qui pourrait amener très clairement à un roman ! Nous sommes très vite plongés dans la noirceur de ce texte avec le pauvre Waff qui n’en mène pas large face à ses anciens compagnons dont il ne comprend pas l’attitude. Un texte prenant, bourré d’injustices, avec une fin épique. On aurait certainement voulu en savoir un peu plus sur le worldbuilding mais l’histoire se concentre entièrement sur les événements qui se passent dans la ville du roi Hilred. Cela reste une nouvelle et on ne peut pas tout avoir en quelques pages mais il n’empêche qu’il s’agit d’un très bon texte et qu’on imagine sans problème une suite.

« Je me disais que même avec sa force, il n’avait rien d’un chevalier. Il était gentil, mais il n’avait aucune bravoure. Il n’avait pas même de foi. Il ne faisait qu’obéir à celui qui l’avait sauvé. Il était chevalier seulement par puissance et par servitude… Moi, j’avais fait des vœux. Valder, Cecil, Otto, Philip, Keu, tous, mêmes s’ils ne sont pas des exemples de vertu, ont fait des vœux et se sont engagés à servir le roi Hildred. Waff, c’était différent. »

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  • En attendant l’Orque (Ambre Melifol)

De quoi ça parle ? Une cité elfique est assiégée par une armée d’Orques. Elle est sur le point de tomber tandis que Giladan, le chef elfe, mène une défense désespérée avec pour écuyère une humaine nommée Cho-San. À Paris, Cho fait la manche avec Gilles, son « frère de la rue » et tentent de survivre. Gilles est profondément convaincu d’être Giladan et vit perpétuellement dans un autre monde tandis que Cho pense qu’il est malade. Lorsqu’il « se bat » contre des spectres invisibles aux yeux des humains, Cho tourne ça en spectacle pour le public et espère ainsi soutirer un peu d’argent aux badauds. Mais combien de temps réussira-t-elle à maintenir ce cap ? Gilles va-t-il un jour revenir à la normale ou va-t-il définitivement sombré dans sa folie ?

Avis : Autre très bon texte qui mêle, là encore, monde imaginaire et réalité. On se rend vite compte de la difficulté de Cho qui traîne Gilles un peu comme un boulet à cause de son personnage imaginaire. On en apprend plus sur leur relation, comment ils en sont arrivés là, comment Cho essaie de les aider sans le laisser derrière elle. La fin est émouvante, le tout est prenant et on ne souhaite qu’une chose, c’est que Cho s’en sorte, au point qu’on viendrait également à douter de la santé mentale de Gilles. Comme quoi, la vie peut nous réserver bien des surprises, aussi bonnes que mauvaises. Très beau texte !

« Quand elle l’observait ainsi, vaillant, resplendissant de noblesse, chevaleresque, elle ne doutait plus : Gilles était un Elfe. »

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  • Le bourreau vagabond (Emilie Milon)

De quoi ça parle ? Heiphen est un adolescent condamné à mort pour avoir tué son père qui les battaient lui et sa mère. Son co-détenu lui propose une solution pour éviter de mourir tout de suite : le bourreau vagabond. Autant dire, la mort sera au bout du chemin, car faire appel au bourreau vagabond, c’est recevoir la marque de ce dernier sur sa main et être traqué sans relâche en espérant un jour semer. Un sursis bien mince pour éviter une mort imminente. Que va faire Heiphen ? Va-t-il faire appel au bourreau ou choisira-t-il une mort directe ? Et sa mère, pourquoi n’a-t-elle rien fait pour le sortir de prison alors qu’il l’a protégé ?

Avis : Retour dans un univers bien sombre bâtit sur une légende intéressante. Il peut sembler injuste de voir Heiphen dans une telle situation, surtout quand on connaît les rouages de l’histoire, et vouloir utiliser le bourreau vagabond semble être un moindre mal, mais est-ce forcément la bonne voie à suivre ? Une histoire prenante, entre vengeance et survie. Le twist de fin est assez inattendu, et peut-être un peu facile parce qu’on n’a pas forcément d’explication sur le revirement de situation, mais les derniers paragraphes sont très satisfaisants malgré mon incompréhension. Je me pose cependant la question du lien entre cette histoire et le thème (il y en a surement un, mais il m’a clairement échappé).

« Certes, je savais encaisser les coups et subir plus de remarques blessantes que n’importe quel adolescent de l’Empire, mais ce traitement avait un terrible coût. Mon esprit était en mille morceaux. Son ultime attaque m’avait obligé à prendre des mesures radicales. Il m’avait transformé en tueur. Il m’avait condamné. »

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  • Dragon et trahison (Anthony Boulanger)

De quoi ça parle ? Michael, Alias Micky, retrouve le dragon Karosh dans une grotte. Ils trompent les populations en faisant croire que Micky est un chevalier servant pourfendeur de dragons. Mais qu’arriverait-il s’ils étaient démasqués ? Micky et Karosh ne vont-ils pas se lasser de cette supercherie ?

Avis : La nouvelle la plus courte de toutes, et probablement l’une des plus tragiques. Tragique dans le sens qu’on ne s’y attend pas mais on s’y attend quand même. Tragique parce que le titre est tellement explicite qu’on se demande qui de Micky ou de Karosh aura le mot trahison collé à la peau. Et quelle trahison ! Bon sang ! Et cette fin ! Courte, percutante, bien ficelée en très peu de pages, une vraie nouvelle qui fait tout son effet. Une façon différente aussi d’interpréter le thème du chevalier errant qui n’est pas inintéressante du tout.

« – OK, je veux bien, mais il ne faudra pas oublier de donner un peu de spectacle aux péquenots du patelin, j’ai une réputation à construire tout de même.
– Oui je sais, je n’oublie pas : le combat, l’extermination de Dragons, Michaël le Pourfendeur ! Prends garde qu’un jour je ne me lasse et ne me décide à te croquer pour de bon ! »

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http://50ccetdragons.free.fr/dragoncafereveil.html
  • Code chevalier (J. A. Reeves)

De quoi ça parle ? Prem est un vaisseau doté d’une conscience. Elle attend, se recharge et s’entretien grâce à ses deux robots. Depuis que son amie Eliane n’est plus, elle cherche à continuer ce pourquoi elle a été conçue, secourir ceux qui en ont besoin. Elle écoute les ondes, dans l’espoir d’intercepter un appel à l’aide. Chose faite lorsqu’elle entend une prise d’otage près d’Altaïr. Elle accourt. Que va-t-elle découvrir ? Fera-t-elle le poids dans cette mission risquée ? Quelle sera la réaction des otages face à un vaisseau doté de conscience qui vient pour les sauver ?

Avis : Texte de science-fiction sauce spleen robotique, un peu déprimant mais qui montre que la chevalerie n’est pas que l’apanage du genre humain. Un vaisseau doué de conscience et du sens de la justice est une très bonne idée, le combat spatial est sympa mais j’ai eu un peu de mal avec les termes techniques. La fin amène à une révélation mais je n’ai pas été transporté, peut-être parce que mon affinité avec le genre n’est pas aussi marqué que la Fantasy. Un texte qui aura le mérite de proposer un héros original, la chevalerie transposée dans un vaisseau et dans l’espace, et qui saura trouver son public, à n’en point douter.

« – Bonjour, je suis Prem et je suis un code d’honneur tiré des souvenirs de mon symbiote. Ainsi, je me considère comme une chevalière, prête à aider les nécessiteux, se présenta-t-telle. S’il vous plaît, ne prenez pas peur. »

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  • Lame éternelle (Laurence Vigne)

De quoi ça parle ? Le guerrier Jinael, appelé par certains le « Chevalier des Âmes », est à la recherche de quelqu’un de digne pour le suivre. Il découvre un village où deux enfants, appelés par les badauds les « enfants-sorciers », sont amenés sur la place public pour décider de leur sort. Qui sont ces enfants ? Seraient-ils ceux que Jinael recherche depuis tout ce temps ? Arrivera-t-il à convaincre la foule de ne pas exercer leur courroux ?

Avis : L’idée n’a rien de très originale en soi, mais elle est bien amenée et les enfants ont des particularités intéressantes et on se prend très vite d’affection pour eux face à l’injustice dont ils font les frais. La suite de l’histoire, à nouveau, ne sort pas vraiment des sentiers battus mais la fin est superbe, pleine d’émotion et la mythologie autour de l’épée du chevalier est forte. Il ne serait pas inintéressant d’avoir une suite à cette nouvelle qui laisse le champ libre à toutes les aventures possibles. C’est bien écrit, ça se lit tout seul et la conclusion est prenante, contrat rempli !

« – Oui, poursuivit Jinael, je suis le Chevalier des Âmes, le guerrier aux mille victoires, et je ne sais quels autres titres vous me donnez ici. J’ai quitté le service de l’Empereur il y a des années de cela – mais croyez-moi, je ne suis pas inactif. »

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  • Le chant du cygne (Mélanie Naël Legrand)

De quoi ça parle ? Eryth marche aux côtés de son cheval boiteux. Elle se remémore l’époque où ils avaient démarré à trois aventuriers, 30 ans auparavant. Elle était la jeune femme déguisée en homme pour éviter un mariage arrangé, il y avait un garçon de ferme et un preux chevalier tout juste adoubé. Elle est maintenant seule, ses compagnons ayant choisi des routes bien différentes. Dans un monde changeant, les héros et aventuriers n’ont plus vraiment leur place et cela devient difficile de continuer pour elle. Jusqu’au jour où un vieux rôdeur lui propose une carte au trésor douteuse pour retrouver neuf fragments d’une amulette ancienne. La quête vaut-elle la chandelle ? Cette aventure va-t-elle se révélée être un fabuleux périple ou, au contraire, marquer la fin de sa vie d’aventurière ?

Avis : L’un (si pas le plus) long texte de ce recueil. Trop, à mon sens. Après, quand on lit l’ensemble, c’est bien décrit, on vit vraiment la quête d’Eryth pour bien comprendre que l’aventure, ce n’est pas que combat et gloire, mais beaucoup de voyage et d’ennui. Le tout est saucé d’une lassitude (Eryth est totalement blasée) qui se ressent même au travers des épreuves qu’elle endure pour récupérer chaque fragment. Les touches d’humour sont le bienvenu et l’aventurière n’est pas inintéressante dans sa conception. Par contre, je n’ai pas compris la fin, le sens m’a totalement échappé. Une belle et longue aventure, une belle écriture, mais qui manquait un peu de punch et dont la fin m’a laissé perplexe.

« Je pense que vous avez raison, il n’y a guère plus de gloire et d’honneur dans tout ça…Mais il nous reste le panache. »

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  • SinOjos (Stéphane Lavenère)

De quoi ça parle ? Nous sommes plongés à Mexico DF, ville ultra-futuriste où les humains n’ont presque plus d’organes d’origine, où les sexes ne semblent plus exister, où le crime semble avoir pris une autre dimension. SinOjos est un ni-ni (ni homme, ni femme) et traque ses proies pour leur prendre leurs yeux (d’où son nom). Mais son but ultime, c’est d’éliminer Taliina, sa jumelle qui travaille pour les forces de l’ordre, et lui dérober ses yeux. Va-t-il réussir ? Et comment ?

Avis : Perdu. J’étais vraiment perdu dans ce texte cyberpunk. Ah ! de l’original en veux-tu en voilà même si on peut se raccrocher à des concepts que nous connaissons déjà pour ne pas se noyer dans le flot d’informations. Mais la narration, tous les termes comme NRACAE, les castes (chasseur, ni-ni,…),… je ne savais plus où donner de la tête. Du coup, j’ai rarement été dans le texte et surtout, je n’ai vraiment pas compris le lien avec le thème du recueil. Un texte où je suis passé tout simplement à côté alors qu’il possède vraiment des atouts pour sortir du lot et trouver un public bien spécifique. Ai-je lu cette nouvelle à un moment où je n’étais pas mentalement prêt à intégrer l’univers proposé par l’auteur ? Peut-être. L’aventure proposée vaut-elle la peine de s’y intéresser ? Certainement ! Mais voilà, même les meilleurs lecteurs passent parfois à côté d’un texte et encore une fois, je n’ai vraiment pas compris le lien avec le thème de chevalerie (ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, je ne l’ai juste pas vu et cela ne concerne que moi bien sûr).

« Cette peau est un parchemin qui raconte mon histoire. Les surfaces de tissu cicatriciel traduisent les mots de ma vie. »

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  • Voyage avec Auryne (Kaliom Geefker)

De quoi ça parle ? Le narrateur (dont on ne sait jamais le nom finalement, ou alors je l’ai loupé) nous raconte son histoire. À l’époque, il a 14 ans, et est le serviteur d’un marchand immoral qui se prétend mage parce qu’il vend des élixirs douteux. Un jour, son empoté de maître requiert les services d’une escorte. Il s’agit d’une chevalière nommée Auryne avec son écuyer Tallion. Le narrateur est ébahi par la beauté d’Auryne et envie l’écuyer qui doit vivre de fabuleuses aventures à ses côtés. À mi-chemin vers leur destination, la chevalière et son écuyer doivent « nettoyer » une mine infestée par des monstres, mais tout ne se déroule pas comme prévu. Que leur est-il arrivé ? Qu’adviendra-t-il de lui si la femme chevalier venait à disparaître ?

Avis : Histoire typique de chevalier et écuyer. J’ai bien aimé la narration et surtout le worldbuilding derrière la guerrière qui est originaire de la cité de Tardoff où hommes et femmes sont égos dans la chevalerie. Cependant, l’histoire est relativement prévisible (disons qu’à aucun moment je me suis dit « Ouah ! Je ne m’y attendais vraiment pas ! ») et je n’ai jamais ressenti d’attachement entre la guerrière et le narrateur (ce dernier lui voue toute son admiration, mais ça ne semble pas vraiment réciproque, mais on peut expliquer cela de par sa condition de chevalier errant sans attache). On a l’impression de vivre l’histoire un peu en surface et l’émotion de la fin n’a pas su m’atteindre. Mais attention, comme je le disais, c’est bien écrit, le worldbuilding autour d’Auryne et de ses origines est très sympa et le combat final vaut le détour. Le texte aura son public et répond clairement au concept de chevalier errant. Un texte qui fait le job.

« Une quête ne mettant pas à rude épreuve les croyances était un voyage sans valeur et sans apprentissage. »

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  • Retour à Perpétuel-Automne (Olivier Boile)

De quoi ça parle ? Dans l’antique cité de Suzhou, Bao vient rendre visite à sa mère, Yang, entre deux pérégrinations. Yang est veuve et a repris les affaires de son défunt mari pour s’imposer comme l’une des meilleures négociantes de la ville.  Bao est quant à elle une guerrière qui a choisi la voie des arts martiaux à l’âge de 17 ans. Aussi appelée Tigresse-au-dos-écarlate, elle faisait partie des Quatre Tornades du pays de Wu, guerriers qui combattaient le Mal partout en Chine. Bao et sa mère sont comme des étrangères l’une pour l’autre et Yang souhaite que sa fille reprenne les affaires familiales et lui donne un jour un petit-fils. Quelle sera la décision de Bao ? Va-t-elle renoncer à sa vie d’errance pour reprendre les affaires et vivre dans le luxe plutôt que dans l’insécurité de l’extérieur ?

Avis : Je commence à bien connaître Olivier Boile dont j’ai déjà lu certains textes (« Les vases de Soisson » dans le recueil « Malédiction » et son roman « Nadejda »). Il aime explorer des voies exotiques et ce texte ne déroge pas à la règle. Une histoire de chevaliers errants dans une Chine antique, la belle idée. Comme à son habitude, Olivier sait bien décrire l’environnement ainsi que les émotions des personnages. Peu d’action (que j’affectionne tant) sauf une partie où maître et élève s’affrontent en duel, mais là aussi le manque de BAGUARRE !!! …ahem… fait partie de la patte de l’auteur (un petit combat contre le Mal ou des bestioles n’aurait pas été de refus). Le worldbuilding est très bon et on se plaît à errer avec Bao dans la Chine sauvage. Par contre, la fin est prévisible sur l’identité d’une personne que Bao rencontre, mais il n’empêche que la révélation porte son petit sac d’émotions. Bon texte, très dépaysant, qui conclue ce recueil de belle manière.

« Bien sûr, grimaça la veuve Yang. L’honneur, l’héroïsme, l’accomplissement de nobles tâches au service du bien, voilà ce qui aiguillonne les esprits idéalistes dans ton genre ! Lutter contre les injustices de ce monde, traquer des bandits, chasser des monstres et des démons, poursuivre des chimères… »

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Conclusion

Sans grande surprise, le thème de chevalier errant a surtout inspiré des textes Fantasy dans un cadre moyenâgeux. Heureusement, pas que, car la sauce aurait pu vite être indigeste sur 15 textes. L’exercice était cependant plus périlleux que le thème précédent, « Malédiction », qui permettait un panel incomparable de possibilités, et sortir des sentiers battus pour le « Chevalier errant » demandait, à mon sens, plus de créativité encore pour ne pas tomber dans les clichés qui collent à l’armure de nos aventuriers.

J’ai connu, malheureusement, plus de déceptions dans ce recueil que dans le précédent, car je n’avais pas su entrer dans le récit ou parce que je ne comprenais pas certains concepts et j’en suis le premier désolé, mais je préfère surtout retenir le positif qui est de loin supérieur au reste. De plus, je connaissais la qualité du précédent recueil, ce qui fait que j’avais certaines attentes également. Ainsi, certains titres comme « le roi des vermines », « en attendant l’Orque » ou encore « Dragon et trahison », pour ne citer qu’eux, auront su m’enthousiasmer pour diverses raisons. Aventure, écuyer, injustice, honneur, duel, épée, autant de mots qui reviennent régulièrement dans les textes et qui sont les vrais marqueurs de ce thème. Attention cependant, les aventuriers, les chasseurs de prime et autres âmes en quête de vengeance peuvent-ils faire partie intégrante de la description d’un chevalier errant ? Deux textes n’ont pas vraiment leur place dans ce recueil si l’on se réfère aux définitions dont Jean Bury et moi-même faisons allusions en préface. Mais s’ils se retrouvent dedans, je fais suffisamment confiance aux éditions et à leur jugement pour les avoir inclus dedans.

Du cyberpunk, de la SF, dde la Fantasy dans des époques et des univers variés, Mots&Légendes éditions aura encore une fois fait mouche dans son choix de thème et dans sa découverte de talents littéraires et fait écho à l’actualité, la diversité ! Si vous recherchez un livre dont le thème est celui précité, ce recueil devra désormais faire partie intégrante de votre bibliothèque. Évasion (imaginaire ❤ ) garantie !

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Note

8/10

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> Le Monde de Zordar,…

10 réflexions au sujet de « Avis Lecture : Chevaliers errants (Mots&Légendes Éditions) »

      1. Je guetterai ton avis sur le roman, ce qu’il écrit me rend particulièrement curieuse.
        J’ai demandé mon premier SP sur la plateforme le mois dernier et l’auteur en question m’a bien rassuré sur les délais donc oui effectivement. 🙂

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    1. Hello, j’en profite pour vous remercier pour votre avis sur Favori qui m’a fait très plaisir 🙂

      @John Evasion : merci pour cet avis très détaillé, c’est vraiment un gros travail ! je suis content que Josette et ses camarades t’aient plu 🙂

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      1. Hey Kévin merci pour ton commentaire. Oui, gros taf comme pour l’anthologie précédente mais c’est toujours un plaisir de découvrir autant de nouvelles plumes d’un coup, mais l’exercice n’est pas évident ^^

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  1. Super critique, très détaillée, qui me permet de me remémorer chacun des textes de cette très bonne anthologie, lue pour ma part l’an dernier.

    Au bout du compte, je crois que nous avons eu grosso modo la même appréciation sur la plupart des nouvelles… hormis peut-être sur « Perpétuel-Automne » : je la trouve très bien ainsi, sans BAGUARRE !

    (Et en plus, il paraît que l’auteur n’aime pas écrire les scènes de combat, mieux vaut donc qu’il n’y en ait pas plutôt qu’elles soient ratées)

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    1. Oui, paraît que cet auteur a vraiment du mal dès qu’il y a un peu de violence dans le texte 😀 haha ! Mais c’est sûr que le texte est très bien comme ça mais je me disais que c’était peut-être la porte ouverte rêvée pour introduire l’une ou l’autre bestiole démoniaque issue du folklore chinois, mais après en format nouvelle on ne peut pas tout écrire non plus.

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  2. Un petit commentaire pour vous remercier sincèrement pour cette revue si détaillée de l’anthologie 🙂 J’ai été extrêmement touché de voir que ma nouvelle a pu plaire ainsi, en sachant que j’ai eu très peu de retours sur celle-ci.
    Petit détail, c’est Brice Gouguet avec un « u » 😉
    Également, je suis très occupé en ce moment mais j’ai bel et bien prévu de travailler sur un version plus complète du Roi des vermines qui marquerait davantage une préquelle. 🙂

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    1. Bonsoir Brice,
      Merci pour votre commentaire ! Dommage que vous n’ayez pas plus de retours, pour ma part j’ai partagé un maximum mon article pour que l’anthologie soit connue du plus grand nombre, j’espère que les prochains retours de votre texte iront dans le même sens.
      Une bonne nouvelle que vous m’annoncez là, mais ceux qui vous ont (auront) lu vous attendrons au tournant du coup 😀 je vous souhaite le meilleur dans la création de votre histoire 🙂
      Oups, faute rectifiée 😉

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