Avis Lecture : Erectus (Xavier Müller)

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Informations :

  • Édition : XO ÉDITIONS
  • Parution : 8 novembre 2018
  • Nombre de pages :  440 pages
  • Prix : 19,90€ (broché), 12,99€ (Ebook)
  • ISBN : 9782845636170

Résumé :

Et soudain l’humanité se mit à régresser
À Richards Bay, en Afrique du Sud, c’est le choc.
Un homme s’est métamorphosé. Il arbore des mâchoires proéminentes, est couvert de poils, ne parle plus.
Bientôt, à New York, Paris, Genève, des Homo erectus apparaissent en meutes, déboussolés, imprévisibles, semant la panique dans la population.
De quel virus s’agit-il ?
Que se cache-t-il derrière cette terrifiante épidémie ?
Une scientifique française, Anna Meunier, se lance dans une course contre la montre pour comprendre et freiner cette régression de l’humanité.
Partout, la question se pose, vertigineuse : les erectus sont-ils encore des hommes ?
Faut-il les considérer comme des ancêtres à protéger ou des bêtes sauvages à éliminer ?

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« …sur l’arbre de l’évolution, l’homme ne constitue qu’une brindille à l’extrémité de la branche des mammifères. Un incident de parcours. Malgré son intelligence et sa cruauté, l’espèce humaine aurait pu tout aussi bien finir à quatre pattes au bout d’une laisse tenue par un chien bipède ! »

Mes impressions, un écho flippant à l’actualité

Alors que notre monde actuel, et bien réel, est acculé par un virus ayant fait des milliers de victimes et qu’on ne sait pas quand il disparaîtra, il est un livre qui, en 2018, aura réussi l’exploit de prédire ce qui allait se passer, à quelques détails près. Heureusement, le Covid-19 ne nous transforme pas en Erectus (quoi que, on ne sait pas de quoi ce virus est encore capable). L’histoire est flippante à plus d’un titre car, malheureusement, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec ce que nous vivons actuellement (notamment en termes de gestion sanitaire, prise de décision politique et réaction des médias, des militaires et de groupuscules anticonformistes).

Au-delà des similitudes  troublantes avec notre réalité, ce livre qui se veut être un thriller d’anticipation, est rempli de messages sur l’humanité, notre place sur Terre, l’évolution des espèces,… J’ai eu de quoi réfléchir durant cette lecture, et de bien flipper à certains moments clés.

Vous l’aurez compris, une histoire bien prenante. Voyons ci-dessous pourquoi.

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Le récit :

En Afrique du Sud, dans un laboratoire de haute sécurité perdu au milieu de nulle part, un incident survient lors d’expériences qui n’auraient jamais dû voir le jour. Un agent de sécurité impliqué dans du trafic d’animaux rares un peu trop curieux, un singe infecté qui mord, il n’en fallait pas plus pour démarrer un cauchemar qui touchera rapidement le monde entier.

Le virus Krüger, nommé de par le lieu où il a été découvert, modifie le corps de son porteur pour le ramener à une forme « préhistorique ». Ainsi, des singes sans queue en récupère une, des éléphants retrouvent leurs quatre défenses d’origine et les mouettes se transforment en archéoptérix voraces. La végétation subit également ces changements et la pandémie menace les cultures et pourrait amener la famine dans le monde entier.

L’OMS se charge de l’affaire. En effet, lorsque les réseaux sociaux commencent à publier des vidéos de ces animaux préhistoriques bel et bien réels, le monde entier commence à s’affoler. Les réseaux sociaux mais également la presse qui n’aide pas vraiment à juguler le vent de panique qui commence à s’installer. Quarantaine, couvre-feu, blocus, problème de rationnement, et ces mesures ne sont que le début. Lorsque le premier humain infecté se transforme en son ancêtre, l’Homo Erectus, les nations unies prennent les choses en main. Les questions d’ordre idéologique sur « qu’est-ce qu’être un humain » vont se poser et la lutte entre l’ancien monde et le nouveau sera brutal.

Steve Gordon, membre éminent de l’OMS, la paléontologue Anna Meunier, dont les recherches sur la régression des espèces prendront tous leur sens, ainsi que d’autres personnages vont faire face à ce que l’humanité pourrait connaître de pire, son extinction au profit du passé.

Voyons ensemble ce que ce roman aux relents de fin de monde a de positif et négatif.

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« Dans toutes les crises sanitaires, le public comme les politiques étaient prompts à pointer les errements des scientifiques et leur incapacité à fournir des scénarios indiscutables qui apporteraient des réponses fiables et permettraient d’anticiper l’avenir. Comme si une épidémie était une science exacte, prévisible et maîtrisable ! »

Ce que j’ai aimé

  • Le thème abordé. En effet, bien que malheureusement d’actualité, ce type de récit est toujours excitant à découvrir. On s’imagine souvent les scénarios dans une espèce de fascination un peu morbide lorsque l’on transpose la fiction à la réalité. Mais l’idée apportée, en plus d’être exotique, est vraiment bien traitée.
  • Les personnages. Ils sont plutôt nombreux mais nous aurons surtout l’occasion de suivre l’agent de l’OMS, Steve Gordon, ainsi que la paléontologue Anna Meunier. Certains chapitres nous mèneront vers d’autres personnages secondaires mais dont chaque intervention nous mènera à la compréhension d’un événement ou du climax dans lequel le monde évolue. Cette façon de procéder est intelligente et nous maintient sous pression.
  • L’histoire propose deux parties bien distinctes. La première avec l’apparition des « préhistoriques » (plantes, animaux) et la deuxième avec l’émergence des Homo Erectus. Faire revivre des animaux dont l’existence se situait entre notre faune moderne et les dinosaures est très sympa car peu connus du grand public et sous exploités (on aurait presque regretté qu’un chat ne se transforme pas en smilodon).
  • Même si l’écriture semble relativement neutre, elle est suffisamment fluide et explicite pour nous faire imaginer sans trop de soucis ce qui se passe dans le récit. Le scientifique est abordable et les émotions sont suffisamment bien retranscrites pour que nous partagions leurs sentiments.
  • Un rythme soutenu, maîtrisé, qui nous laisse rarement le temps de respirer entre découvertes, décisions politiques, tensions face à l’inconnu,… On s’ennui rarement.
  • Les nombreux thèmes abordés dans le livre ne laissent pas indifférent. Entre questionnement sur ce qu’est être « Humain », la place des médias et leurs dérivés, comment faire face à l’inconnu, sommes-nous prêts face à un tel désastre sanitaire,… Avec le Covid-19, nous possédons quelques éléments de réponse (heureusement ou malheureusement), mais il est évident qu’un virus qui nous fait trépasser au stade d’Erectus n’est pas gérable en l’état actuel des choses. De plus, l’auteur dit s’appuyer sur des théories véridiques, ce qui n’est pas sans m’inquiéter.

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

  • La fin me laisse…sur ma faim. Parce qu’un seul élément fut déduit de manière miraculeuse alors tout est bien qui finit bien, ce que j’ai trouvé assez facile, pour ne pas dire bâclé car l’envergure du récit méritait une fin un peu plus appropriée. Du coup, on connaît le sort réservé à Erectus à la fin du livre, mais qu’en était-il des animaux (principaux vecteurs de la maladie) ? On n’a pas pu mettre tous les animaux en cage (fonds marins, oiseaux, plantes,…). Je trouve que c’est LE gros problème de cette fin, c’est que l’auteur ne nous a pas proposé de solution pour la faune et la flore et uniquement pour Erectus. 
  • On a beaucoup parlé de rats, de chiens, d’éléphants, d’oiseaux, mais où sont passés les chats ? Puis dans les zoos ? Quelques chapitres en plus avec ces éléments auraient pu être tellement énormes ! Vraiment dommage… 
  • Le danger d’avoir utilisé l’ancêtre de l’Homme dans ce type d’histoire était que cela vire à une parodie de la Planète des singes. On en est pas là, heureusement, mais certains passages me faisaient clairement penser à ça. Bon, ça m’a gêné moi mais cela passera au-dessus de la tête à beaucoup de monde j’en suis sûr. 
  • Le résumé de l’éditeur n’est pas adéquat. Facile à critiquer j’en conviens. Mais mettre Anna Meunier et Erectus comme uniques stars de ce livre c’est le desservir, à mon sens, et cracher sur tout le reste.
  • Bien que les personnages soient forts et bien marqués, Anna Meunier m’a soulé avec des remords qu’elle traîne jusqu’à la fin du livre. Et le traitement des russes comme les grands méchants de l’ONU était tellement caricatural… Les occidentaux sont « presque » gentils mais de l’autre côté du mur de Berlin se sont des vilains ! Nah ! 

Conclusion

Je n’avais pas d’attente particulière à cette lecture et force est de constater que j’ai vraiment été pris dans le tourbillon des événements que relate ce livre. Pandémie du Covid-19 aidant, il a été facile d’imaginer l’évolution et les décisions prisent lors du récit. Un virus s’échappe d’un labo top secret au milieu de nulle part, un garde qui trafique des animaux illégalement se fait mordre, vous imaginez la suite.
Un livre prenant donc avec beaucoup de forces comme son thème, ses personnages, une approche de la gestion sanitaire très clairvoyante, beaucoup de questionnements sur la race humaine ou sur les médias. Vraiment, on est à fond dedans et la pression est rarement relâchée, on se demande sans cesse comment tout ceci va se terminer.
Quelques points noirs (gros comme moins gros) viennent noircir un tableau pourtant enthousiaste. Une fin facile où le cas Erectus est vite traité et où on ne nous donne pas d’explication sur la gestion de la faune et de la flore toujours infectée. Une gestion un peu caricaturale de la politique internationale et une héroïne (sorte de Lara Croft mais sans les guns) qui traîne un spleen jusqu’à la fin du livre.
D’autres points ont égratignés ma lecture mais il faut admettre qu’on se laisse tellement prendre au jeu qu’au final, les points mineurs passent à la trappe. Le plaisir ressentit à la lecture doit primer !
Un livre que je recommande, malgré ses quelques défauts, qui pourrait nous faire relativiser sur la situation sanitaire que le monde vit actuellement, ou peut-être vous fera-t-il encore plus flipper si vous êtes de nature anxieuse. Un livre qui peut aussi bien vous donner de l’espoir, comme il peut vous faire perdre totalement foi en l’espèce humaine, si ce n’est déjà fait…

Note

8/10

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> Millina, Mélie et les livres, Les livres d’Eve, Au Chapitre,…

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2 réflexions au sujet de « Avis Lecture : Erectus (Xavier Müller) »

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