Djinn – La Maudite, bienvenue en Terre (pas si) Sainte…

Informations :

  • Édition :  Outrefleuve
  • Parution : 13/04/2017
  • Nombre de pages : 288 pages (220 en numérique)
  • ISBN : 9782265098770
  • Lecture numérique

Résumé :

1130, Princée d’Antioche – au nord de l’actuelle Syrie.

Fille du roi Baudouin de Jérusalem, la princesse Alix d’Antioche s’apprête à accoucher en secret de son enfant illégitime, fruit de ses amours avec le connétable Renaud Mazoir. Personne ne doit apprendre cette naissance : sa mère a décidé que l’enfant ne survivrait pas.

Mais son père, prévenu par ses informateurs, arrive à temps pour le sauver. L’accoucheuse, elle, est sacrifiée, non sans avoir jeté sur Alix une malédiction : l’esprit malin d’un Djinn s’attache désormais à ses pas.

Mis à l’abri des velléités meurtrières de sa mère, le nouveau-né grandira au sein de la mystérieuse secte des Assassins ; son destin sera lié à celle-ci. Et la princesse maudite, poussée par son ambition dévorante, se voit emportée dans les tourments d’une terre dont l’histoire s’écrit trop souvent dans le sang…

Auteur 

« Nationalité : France 
Né(e) le : 11/07/1956
Biographie : 

Jean-Louis Fetjaine, de son vrai nom Jean-Louis Festjens, est diplômé de philosophie et d’histoire médiévale. Journaliste, nègre littéraire aux Presses de la Cité, puis éditeur depuis 1985, il a collaboré à de nombreux ouvrages d’humour, tous parus aux éditions Hors Collection. Avec le succès de ses Chroniques des elfes (le Crépuscule des elfes, la Nuit des elfes et l’Heure des elfes) il s’est imposé comme l’un des principaux représentants de la fantasy en France. » (Babelio)

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Acquisition du livre, Thanks Aelinel ! 

Suite à l’acquisition d’une liseuse Kobo par ma chère et tendre, j’ai demandé de l’aide à mes contacts et Aelinel s’est manifestée. En plus de m’avoir expliqué comment convertir des fichiers Epub, elle m’envoya quelques livres numérisés pour que je puisse m’exercer et découvrir l’utilisation de ma liseuse. Le hasard a voulu que je touche sans faire exprès ce livre en particulier. Donc, j’ai souhaité faire honneur à Aelinel (d’ailleurs, allez voir son Blog tout de suite car il est vraiment chouette !) en commençant ma bibliothèque numérique avec l’un de ses cadeaux (car oui, entre temps, il y a eu une Grosse OP où j’ai un peu craqué sur l’achat de livres numériques). Je la remercie encore une fois chaleureusement pour ceci 🙂

Titre, couverture et quatrième de couverture, la qualité de Fleuve Éditions

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J’aime bien le travail de Fleuve Éditions. Les couvertures sont toujours de qualité et les objets livres également. Pour le coup, comme il s’agit d’un numérique, je n’ai vu que la couverture et il faut avouer qu’en format broché elle doit bien donner sur une bibliothèque. Elle est relativement neutre mais les couleurs chaudes et la police utilisée pour le titre sont accrocheuses.

Le titre est à double tranchant. Sur « La Maudite », on ne peut rien redire. Pour le « Djinn », mouais. La créature proprement dite n’est pas aussi présente que l’on pourrait espérer.

Par contre, je trouve qu’on est un peu floué dans la quatrième. Vous comprendrez en lisant le récit (ou pas), mais je ne m’attendais pas du tout à cette histoire en lisant le résumé. Un mal pour un bien ? C’est ce que nous allons voir.

Mes impressions, une balade historique qui méritait mieux

au XIIème siècle, alors que Jérusalem est occupé par les Francs, nous entrons dans un contexte politique compliqué. Les premières pages sont ardues car il y a beaucoup de titres (connetable, atabeg,…), de personnages (chevaliers avec titres et lieux comme Renaud Mazoir de Margat, ou encore les noms arabes que je ne citerais pas ici), de lieux,… Bref, pas facile l’incursion en Terre Sainte.

Que dire de cette histoire sans spoiler… Bon déjà, outre la complexité de l’ancrage historique, l’on peut réellement apprécier ce pan d’Histoire que nous propose l’auteur. Même si elle est revisitée, elle nous permet d’un peu mieux connaître le contexte de l’époque dans cette région improbable qu’est la Terre Sainte. Les personnages sont pour la plupart réels et on appréciera également les intrigues politiques menées tambour battant du début à la fin (comme lorsque Alix, la princesse déchue d’Antioche se rebelle contre son père, le Roi Baudouin, pour récupérer sa princée). À qui pouvons-nous vraiment faire confiance ? Francs s’entre-tuent dans le désert tandis que les Turcomans, sultans et autres émirs espèrent tirer profit de la situation pour bouter hors de leurs terres ces infidèles. La narration est immersive et Fetjaine nous donne vraiment l’impression de nous balader dans les rues d’Antioche ou dans les montagnes des Nizarites.

Pour ceux qui aiment l’action, il y en a relativement peu. Le livre est écrit un peu comme un scénario de film de reconstitution historique à petit ou moyen budget, le script axant principalement l’intrigue sur les relations et revirement politiques. Quant aux batailles, elles sont suggérées, l’on imagine le début, l’on rattrape le texte quand la bataille est fini et que toutes les têtes sont coupées et plantées sur des piques. Il y a une insatisfaction à ce niveau-là pour même si je comprends l’idée visuelle de Fetjaine.

Finalement, jusqu’à 85-90% du livre je me suis demandé où voulait en venir l’auteur, car je ne comprenais pas vers quoi il voulait aboutir. L’on comprend seulement dans les 10-20 dernières pages ce qui va se passer. Ou des personnages comme le chef de guerre turc Zengi, je ne comprends toujours pas ce qu’il fait dans ce bouquin. L’on aurait pu le suggérer à travail les batailles ou les mouvements de troupes, mais il n’apporte strictement rien concernant la trame principale. Je n’ai pas compris.

Je peux développer encore longtemps mais cela ne vous apporterait pas grand chose dans la mesure où les + et les – seront suffisamment explicites plus bas. Mais pour l’anecdote, ce livre m’aura rappelé au bon souvenir d’un jeu sur PC (Mount and Blade : Warband), avec ses mouvements de troupes, barons et vassaux, chevaliers, fiefs et manigances politiques, ce qui m’a grave donné envie de rejouer à ce jeu que je n’avais plus touché depuis des années.

« L’homme aime la lumière du jour, la multitude des villes, la chaleur, le bruit, le parfum, la compagne des femmes. Les djinns sont des êtres de la nuit, du froid, des solitudes désertes. L’homme se nourrit de viande, le djinn se contente des os. Mais ils sont comme nous, mon ami, livres et responsables de leurs actes devant le Miséricordieux. »

Image associée

Les personnages, beaucoup de monde mais peu de profondeur

En effet, quelques personnages sortent du lot, comme dans toute histoire qui se respecte. Renaud Mazoir, le connetable et sa maîtresse et Princesse d’Antioche tiennent la corde, tandis qu’une tripotée d’autres bonhommes suivent, chacun avec ses ambitions propres.

Le soucis c’est qu’avec 220 pages numériques, l’accent a surtout été porté sur le contexte historique et les revirements politiques. De ce fait, une grande partie de la psychologie des personnages est mise sur le côté. L’on regrettera le manque de développement de personnages importants comme le Roi Baudouin ou de Malaïka, pourtant si importante dans l’histoire, ou alors l’oubli pur et simple de personnages comme Guilhem le Roux et le fils de Renaud Mazoir, Renaud II, en plein milieu du récit. Le chef nizarite, fort sympathique, manque également de profondeur ou encore le chef de guerre turc Zengi alors qu’ils auraient pu avoir un impact beaucoup plus important vu leur rôle.

Et pour terminer, on aurait voulu une présence plus prononcée du fameux Djinn. Qui apparaît de-ci, de-là, car étant le titre principal, on aurait souhaité le voir un peu plus en action (on est très loin du film Wishmaster de Wes Craven).

« La plus puissante armée de la région avait échoué à les déloger de leurs montagnes, mais où était la victoire, quand on restait maître d’une terre brûlée ? »

Ce que j’ai aimé

  • Le contexte historique, bien que compliqué, nous permet d’avoir une vision un peu plus clair de la situation historique de l’époque.
  • Une petite mode qui commence à s’installer, de la Fantasy orientale, dans un contexte concret de notre Histoire. L’idée est plaisante et apporte ce petit côté exotique.
  • La plume de Fetjaine, belle et abordable pour toutes et tous. L’auteur n’hésite pas non plus à y incorporer des passages en arabe pour apporter un petit côté réaliste. Il y a même un vers en langue Provençale de l’époque. Un voyage à tout niveau.
  • La place importante donnée aux personnages féminins dans un contexte qui ne le permet pas beaucoup. Beau tour de force de l’auteur.
  • Le contexte politique, les jeux de pouvoir, les revirements de situation surprenants,… Ce n’est pas du niveau de Game of Thrones mais il y a malgré tout du niveau et quelques surprises sont à prévoir.
  • Première incursion dans la lecture numérique et j’ai pris un certain plaisir à trimbaler avec moi ma nouvelle liseuse. Elle ne m’apporte pas autant de kiffe que le bouquin proprement dit, mais le support est intéressant et mérite qu’on lui laisse sa chance.

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

  • Peut-être LE soucis de ce livre c’est le titre. Un peu à l’instar du livre « Djinn :  le Royaume d’Ombrazim » du talentueux James Tollum, l’être maléfique ne fait que peu d’apparitions (quoi que dans le livre de Fetjaine, le Djinn est un peu plus présent malgré tout). Certains diront que j’exagère, mais on nous propose un monde ténébreux où goules, Djinns et autres saloperies se baladeraient la nuit pour tuer les imprudents, mais on n’en voit presque pas la couleur. Peu de Djinn, peu de monstres,… Dommage.
  • Le rôle de Martin alors que la quatrième de couverture laisse présager un grand rôle dans le livre. Ou pas. Ou à la limite c’est moyen.
  • Comme énoncé plus haut, le manque d’informations sur de nombreux personnages pourtant importants.
  • Il manque une bonne centaine de pages à ce récit pour qu’il soit plus consistant, plus complet.
  • L’intervention de certains personnages qui n’ont rien à voir avec l’intrigue principale mais sur lesquels on s’attarde comme le général Zengi.

Points neutres

  • Concernant Alix, princesse déchue et gangrenée par l’envie de régner. L’on pourrait croire que son ambition dévorante et ses intrigues sont en fait le fruit du Djinn. Mais je me pose sérieusement la question de savoir si le Djinn y est pour quelque chose. Certes il la protège et la rend un peu plus machiavélique, mais le mauvais fond de base d’Alix lui aurait permis de réaliser tout ce qu’elle a entrepris sans l’aide du Djinn (quand on veut assassiner son fils dès sa naissance, c’est qu’on ne doit pas être très bien mentalement à la base). Donc, l’intérêt de faire participer un Djinn à l’histoire est-elle justifiée ?

Conclusion

Une lecture plaisante avec quelques fausses notes à mon sens. Comme toujours, se sont mes ressentis et peut-être que vous vous allez kiffer la vibes grave tout au long de la lecture, et très honnêtement je vous le souhaite. Un contexte historique intéressant, bien que compliqué à décortiquer, avec des références réelles qui nous donnent une idée de ce qui se passait à l’époque. Intrigues politiques, personnages féminins forts et revirement de situations improbables sont la force de ce récit, le tout porté par une plume intéressante et visuelle. Cependant, le manque de consistance empêche une réelle profondeur à l’ensemble, de grands sauts dans le temps de plusieurs semaines ou mois et l’attardement sur des faits ou des personnages inutiles vis-à-vis de la trame principale en sont la cause. Livre à fort potentiel mais dont le traitement n’aura pas été optimal selon moi.

Note

7/10

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> Lutin82, Xapur, Boudicca, Lorhkan, Celindanaé, Elhyandra,…

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12 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Symphonie dit :

    Je ne connais pas ce roman, même si j’ai déjà entendu parler de cet auteur.
    En revanche… J’adorais les films wishmaster quand j’étais jeune^^

    Aimé par 1 personne

    1. John Évasion dit :

      C’est l’auteur de plus connu « Les Chroniques des Elfes », peut-être connais-tu ?
      Oui j’ai adoré le 1, une vraie tuerie (au propre comme au figuré), j’ai moins adhéré au 2, je dois encore voir le 3 (et je ne sais plus s’il y a un 4). En tout cas, dans ce roman, pas de Djinn qui exauce les souhaits (ou alors de manière indirecte ?).

      J'aime

  2. Elhyandra dit :

    Comme je n’y connaissais rien ou pas grand chose sur ce pan de l’Histoire c’était intéressant mais clairement j’attends plus du second volume

    Aimé par 1 personne

    1. John Évasion dit :

      Heureux que tu partage ce point de vue 🙂 (je ne savais même pas qu’il y aurait un tome 2. Fetjaine aurait peut-être du en rester là mais sait-on jamais).

      Aimé par 1 personne

      1. Elhyandra dit :

        Il me semble que normalement il y a un tome par sœurs du moins les 3 qui ont toutes régné à un moment donné (vive la guerre qu’elles pourraient dire LOL ça te débarrasse d’un mari assez facilement 😆)

        Aimé par 1 personne

  3. Lutin82 dit :

    Très belle critique que je partage en grande partie, car j’ai été un peu moins « sévère » que toi avec les personnages! LOL
    Merci!

    Aimé par 1 personne

    1. John Évasion dit :

      Oui j’avais lu ta critique que je trouvais globalement très positive. C’est vrai que j’ai peut-être été un chouia sévère sur les persos mais bon, avec même pas 300 pages tu peux pas t’attendre non plus à un développement psychologique énorme. Mais Alix relève clairement le niveau de l’ensemble je trouve.
      Merci en tout cas, ça fait plaisir de te revoir dans les commentaires du Blog 😀

      Aimé par 1 personne

      1. Lutin82 dit :

        j’ai été très occupé!

        Aimé par 1 personne

  4. Oh merci pour la mention et le lien!

    Aimé par 1 personne

    1. John Évasion dit :

      Bah c’est normal en fait 😀 de rien ^^

      Aimé par 1 personne

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