Nadejda, la Fantasy russe à la française mise au goût du jour

Informations :

  • Édition :  Editions Nestiveqnen
  • Parution : juin 2017
  • Nombre de pages : 317 pages
  • ISBN : 9782915653793

Résumé :

Russie – 1015. Ilya de Mourom, ancien membre des trente preux, vient de passer trois ans dans les geôles du grand-prince Vladimir. Après sa libération, il rencontre le jeune Erouslan, qui se prétend lui aussi chevalier. Ils comprennent que leurs destins sont liés par le nom Nadejda (l’Espérance, en russe). Pour l’un, c’est l’épée tant adorée, mais volée pendant sa détention ; pour l’autre, c’est l’unique amour, désormais disparu.
Leurs pérégrinations les mèneront d’un bout à l’autre du pays, jusqu’aux steppes du Sud. Ils rencontreront des héros mythiques et des princes ambitieux, des cavalières de la plaine et des guerriers tatars… ainsi que les derniers représentants de l’ancien monde païen : la reine de la mer Noire qui commande à sa tribu d’Amazones, le peuple aux mains palmées qui règne sur les fleuves, et Sviatogor, le géant des monts Sacrés…

Auteur, 

Nationalité : France
Né(e) à : Beauvais , le 02/10/1981
Biographie :

Comme beaucoup de geeks de sa génération, Olivier Boile s’est passionné pour la BD et les « Livres dont vous êtes le héros ».

Au tournant du siècle, le démon de l’écriture le saisit pour de bon, et ne le lâchera plus.

Actuellement, il réside à Montpellier, après avoir quitté sa Picardie natale.

Son site Personnel –> Ici !

Acquisition du livre, Thanks Babelio ! 

Suite à l’opération Masse critique qu’organise le site Babelio, j’ai eu la possibilité de découvrir le bébé d’Olivier Boile. Comme pour la Plante Verte de Guilhem, le hasard fait bien les choses car en plus d’avoir apprécié le bouquin, l’auteur n’est pas avare de conseils sur l’écriture et n’a pas hésité à discuter avec moi des différents points que j’ai soulevés lors de ma critique. Je le remercie d’ailleurs au passage pour son altruisme et son ouverture d’esprit.

Je remercie également Chrystelle Camus qui dirige la collection Fractales/Fantasy pour son petit mot lors de la remise du livre.

Titre, couverture et quatrième de couverture, un beau travail des Éditions Nestiveqnen

Il faut féliciter les éditions pour l’objet livre. Il est de bonne facture, ne s’abîme presque pas et son format, entre le poche et le broché traditionnel (un peu comme chez les Éditions Scrineo), est très agréable à prendre en main.

L’illustration de Pierre Droal est d’une belle qualité et nous fait plonger directement dans un univers où la grisaille, le mystère et la magie vont s’entremêler pour nous offrir une aventure épique.

La quatrième de couverture vous propose un voyage qui tiendra au final toutes ses promesses. Découverte de peuples et de personnages hauts en couleurs sans vraiment vous en dévoiler de trop sur les intrigues qui s’y jouent. Une belle accroche pour le lecteur curieux.

« On ne sait qu’un voyage a été bon qu’à l’instant où l’on en est enfin revenu. »

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Mes impressions, de l’historico-Fantasy russe à la française de bonne facture

Je ressors de cette lecture avec un bon sentiment. Il faut féliciter l’auteur pour son travail de recherche historique indispensable pour faire naître un roman de cet acabit et surtout, le féliciter pour le risque qu’il a pris en s’essayant dans un registre délicat.

Ayant un nom de famille russe, cette lecture possédait un côté peut-être un peu plus intime pour moi et par conséquent, j’attendais le récit au tournant. Je n’étais pas très au fait de l’Histoire de la Russie du Moyen-Âge, ce livre m’a donc offert cette possibilité de mieux connaître et de comprendre la situation de l’époque.

Le fait que l’histoire s’inscrive dans un style historico-Fantasy n’était pas pour me déplaire, au contraire. Féru de littérature Fantasy (vous commencez à me connaître), j’avais donc des attentes supplémentaires. J’ai vraiment apprécié ce récit qui propose une vraie aventure épique, où différents points de vue se mélangent dans une fresque historique peu connue dans nos régions. Le bouquin possède néanmoins quelques défauts qui vont nuancer mes propos, mais ils n’entravent que peu le bon déroulement de la lecture.

« -…De ce que je sais des hommes, ils ont tendances à faire des individus comme toi leurs soldats et des hypocrites leurs chefs. »

Image associée
Ilya de Mouromets

Les personnages, Ilya au top ! Erouslan un flop !

Ah, Ilya, ce grand gaillard un peu sexiste qui traîne comme une misère sa gloire passée, le Héros de Tchernigov que l’on appelle à nouveau pour sauver la Sainte Russie. Ces crises de colère sont légendaires. C’est un bon personnage qui représente vraiment l’idée du héros du Moyen-âge. Une bonne gouaille, un sens du devoir et de l’honneur poussé jusqu’au bout,…

Cependant, la relation entre Ilya de Mourom et Eroulsan fils d’Erouslan m’a beaucoup gênée. Je n’y ai jamais adhéré. Des informations distribuées à des moments douteux, des prises de conscience alors qu’elles auraient pu être faites bien avant par simple déduction. Je n’ai jamais ressenti Erouslan proche d’Ilya de quelque façon que ce soit. Erouslan et son rôle furent toujours flous. Il servait dans l’armée de Sviatopolk, on ne sait pas s’il est Bogatyr ou non, puis il revient chez son maître qui l’avait emprisonné pour se mettre à son service,… Certaines de ses actions sont floues également comme avec les servantes dans son lit au réveil (je vous laisse découvrir). Je ne sais si je n’ai pas adhéré au personnage ou à son utilisation dans le récit. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il m’a gêné.

Goriaser, le polonais, fut une belle réussite, tout comme Sviatopolk et ses intrigues (je pense également au chapitre où il est seul dans sa chambre et où la folie le prend, ou son comportement avec sa sœur). Iaroslav et les princesses sont eux aussi, à leur manière, de belles réussites. Ilya reste cependant au-dessus du lot à mon goût.

« Je crois en la Sainte Russie, mais j’ai cessé de croire en la sincérité de ceux qui la gouvernent. Je suis de plus en plus enclin à penser que le pouvoir est ainsi fait que seuls les mauvais parviennent au sommet, car les bons se font impitoyablement écraser sur la voie qui y mène. »

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Les bogatyrs, chevaliers russes.

Ce que j’ai aimé

  • L’objet livre et l’illustration de Pierre Droal
  • Comme mentionné plus haut, il faut louer le travail de recherche de l’auteur qui a réussi à créer un récit sur fond historique véridique.
  • Le fait d’avoir écrit un livre historique et Fantasy dans un contexte différent est également un point fort du livre. Même si on s’emmêle parfois les pinceaux avec les noms des uns et des autres au début, il est appréciable de visiter d’autres contrées trop délaissées par les auteurs francophones et anglo-saxons, alors que les autres rivages qui entourent la vieille Europe fourmillent de millions de récits et de légendes.
  • Il y a de la fluidité dans ce texte, avec parfois une certaine poésie, permettant ainsi une lecture rapide et agréable. Certains chapitres sont même empreints d’une grande émotion, le côté magie donnant une dimension supérieure lors de la lecture (quand Ilya retrouve son père ou encore le dernier chapitre avec la libération de Nadejda).
  • Un texte visuel, avec des descriptions que l’on peut facilement se représenter. Les voyages à travers la steppe ou aux confins de la Russie imprégnèrent mon esprit de centaines d’images pour donner vie à cette course que s’impose Ilya pour retrouver Nadejda.
  • Une psychologie des personnages bien travaillée (sauf pour Erouslan), que cela soit au niveau des personnages principaux que secondaires.
  • La présence de personnages fantastiques comme le géant Sviatogor ou les sympathiques Vadianoï apportent cette part de Fantasy et de magie du monde ancien toujours présent malgré l’arrivée du christianisme

Ce que j’aurai aimé, ce qui m’a dérangé

  • Comme cité plus haut, l’usage un peu flou et déstabilisant du rôle d’Erouslan dans le récit.
  • J’aurai également apprécié de petits chapitres relatant les grandes victoires ou les combats d’Ilya contre les démons ou les tatars. Mais comme il s’agit ici d’un one-shot, l’auteur n’a pas le loisir de pouvoir tout inclure dans ce seul ouvrage.
  • La grande bataille de fin, même si elle est plutôt bien écrite, est trop courte à mon goût. L’auteur aurait largement pu rendre cela plus épique. C’est comme s’il voulait éviter les scènes de combat, comme un malaise avec l’exercice (malaise avoué par l’auteur qui précise être très perfectible dans la rédaction de ce genre de scènes). La fin du chapitre de la bataille était bâclée à mon sens et ne rendait pas hommage au héros de Tchernigov.
  • Je pense que le récit aurait pu bénéficier d’une centaine de pages en plus pour étoffer le très bon travail déjà présent, ne serait-ce que pour combler certains passages un peu trop bâclés.

Conclusion

Une ballade épique à dos de cheval en quête de Nadejda (une épée ? un amour ? l’Espoir ?) avec des héros d’un autre temps, dans des contrées peu connues et le tout teinté de magie et d’intrigues politiques. La recette a de quoi plaire aux amateurs d’Histoire et de Heroic Fantasy. Même si j’ai émis certaines réserves et doutes sur des moments bien particuliers, je recommande ce livre pour les mordus d’aventures en quête d’autres horizons, hors des sentiers battus. Le texte se lit vite, la plume est belle et l’on en apprend davantage sur une épopée d’un pays où les légendes nous sont presque inconnues. Je lirai volontiers d’autres ouvrages de l’auteur à l’avenir.

Note

7,5/10

Si vous avez apprécié cette critique (ou pas), n’hésitez pas à commenter. Si vous l’avez déjà lu ou si vous avez des questions spécifiques au récit, laissez une trace de votre passage 🙂

D’autres avis d’experts, c’est par ici –> Apophis,…

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10 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Symphonie dit :

    Tiens, je ne crois pas avoir déjà lu de Fantasy se situant dans ce contexte, intéressant 🙂

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    1. John Évasion dit :

      N’est-ce pas ? ^^ Je ne peux que t’encourager à franchir le pas 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Symphonie dit :

        De mon côté, je te conseillerai L’homme qui savait la langue des serpents, qui se déroule en Estonie, au moment où le Christianisme commence à supplanter les « anciennes croyances ».

        Aimé par 1 personne

      2. John Évasion dit :

        J’en avais déjà entendu parler et je devais me pencher sur la question un de ces jours. Merci pour le conseil je vais voir ça et décider s’il fera partie de la Wishlist (mais à mon avis, ce sera un oui 😀 ).

        Aimé par 1 personne

      3. Symphonie dit :

        Si jamais ça t’intéresse, je l’avais chroniqué :p

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  2. OmbreBones dit :

    Chronique très intéressante (as usual) pour un livre qui parait sortir du lot ! Cela me donne envie 🙂

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    1. John Évasion dit :

      (Thanks 😉 ) Oui il sort du lot de par son contexte géographique et historique. La plume est belle et mérite qu’on s’y attarde. Les bémols cités sont subjectifs et peut-être que tu n’y trouveras pas d’inconvénients. Mais pour ma part, le 2ème « héros » Erouslan possède un rôle vraiment étrange et la bataille finale est juste pas suffisante. Si jamais tu te le procures, je guetterai ta chronique 😉

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      1. OmbreBones dit :

        Je l’ai noté dans ma WL en tout cas 🙂 Après pour le temps que je vais mettre à me le procurer vu la taille de ma PAL au retour des Imaginales, c’est une autre histoire xD

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  3. Elhyandra dit :

    Un livre repéré chez Apophis et qui me tente bien à l’occaz

    Aimé par 1 personne

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